Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsqu’il effectuait ses ablutions, son teint pâlissait ; puis, lorsqu’il se levait pour accomplir la prière, il tremblait de peur. On l’interrogea à ce sujet, et il répondit : « Ne savez-vous pas devant qui je me tiens et à qui je m’adresse ? (1) »

Lorsqu’il se rendit en pèlerinage, il voulut prononcer la talbiya mais fut saisi de tremblements et déclara : « Je crains de dire : “Me voici, ô Seigneur, me voici” (labbayka Allāhumma labbayk), et que l’on me rétorque : “Tu n’es pas exaucé”. » Ses compagnons l’encouragèrent à prononcer la talbiya, et dès qu’il la formula, il perdit connaissance et tomba de sa monture. Il priait mille rak‘a (cycles de prière) chaque jour et chaque nuit (2).

Tawoos raconte : « Je l’ai entendu, alors qu’il était en prosternation près de la Pierre (du Ka‘ba), dire : “Ton serviteur est à Ta porte, Ton solliciteur est à Ta porte, Ton indigent est à Ta porte.” » Puis Tawoos ajouta : « Par Dieu, je n’ai jamais invoqué cette prière dans une situation difficile sans en être aussitôt délivré (3). »

On rapporte également qu’il distribuait beaucoup d’aumônes durant la nuit. Il disait : « L’aumône de nuit éteint la colère du Seigneur, éclaire le cœur et la tombe, et dissipe les ténèbres du Jour de la Résurrection (4). » Il partagea sa fortune avec Dieu, exalté soit-Il, à deux reprises (5).

Muhammad ibn Ishaq a dit : « Il y avait des gens à Médine qui ne savaient pas de quoi ils vivaient ni qui leur faisait des dons. Quand ‘Alî ibn al-Husayn mourut, ces aides disparurent ; ils comprirent alors que c’était lui qui venait leur apporter ces biens la nuit (6). » À sa mort, on trouva sur son dos la trace des sacs de provisions qu’il transportait clandestinement vers les maisons des veuves et des pauvres. On rapporte encore qu’il subvenait aux besoins de cent familles à Médine, sans qu’ils ne sachent qu’il en était le bienfaiteur, jusqu’au jour de son décès.

‘Alî ibn al-Husayn rendit visite à Muhammad ibn Usâma ibn Zayd, qui était malade, et le trouva en pleurs. Il lui demanda : « Qu’est-ce qui te fait pleurer ? » Il répondit : « J’ai une dette. » ‘Alî demanda : « À combien s’élève-t-elle ? » Il répondit : « Quinze mille dinars » (selon une autre version, dix-sept mille). Alors ‘Alî déclara : « Elle est désormais à ma charge (7). »

‘Alî ibn al-Husayn a dit : « Abou Bakr et ‘Umar occupaient auprès du Messager de Dieu (ﷺ) de son vivant la place qu’ils eurent après sa mort. »

Un homme l’injuria un jour et il feignit de ne pas l’entendre. L’homme lui dit : « C’est à toi que je m’adresse. » Il lui répondit : « Et c’est de toi que je détourne le regard. »

Un autre jour, alors qu’il sortait de la mosquée, un homme se mit à l’insulter. Les gens voulurent s’en prendre à lui, mais ‘Alî leur dit : « Laissez-le. » Puis il s’adressa à l’homme en lui disant : « Ce qui est resté caché à ton sujet, à notre propos, est bien plus grand. As-tu besoin de quelque chose que nous pourrions t’apporter ? » L’individu, saisi de honte, ôta sa propre khamîsa (mante) et l’offrit à ‘Alî.

(1) Ṭabaqāt Ibn Saʿd (v. 5, p. 216), Ḥilyat al-Awliyāʾ (v. 3, p. 33) et Sīr Aʿlām al-Nubalāʾ (v. 4, p. 392). (2) Tārīkh Dimashq (v. 41, p. 378) et Sīr Aʿlām al-Nubalāʾ (v. 4, p. 392). (3) Tārīkh Dimashq (v. 41, p. 380) en version plus étendue que celle-ci, et Sīr Aʿlām al-Nubalāʾ (v. 4, p. 393). (4) Tārīkh Dimashq (v. 41, p. 383) et Sīr Aʿlām al-Nubalāʾ (v. 4, p. 393). (5) Ṭabaqāt Ibn Saʿd (v. 5, p. 219), Ḥilyat al-Awliyāʾ (v. 3, p. 140) et Sīr Aʿlām al-Nubalāʾ (v. 4, p. 393). (6) Ṭabaqāt (v. 5, p. 222), Ḥilyat al-Awliyāʾ (v. 3, pp. 135-136), Tārīkh Dimashq (v. 41, p. 383) et Tārīkh al-Islām (événements de l'an 81 - 100, p. 433). (7) Ḥilyat al-Awliyāʾ (v. 3, p. 141), Tārīkh Dimashq (v. 41, p. 385), Ṣifat al-Ṣafwah (v. 2, p. 101) et Tārīkh al-Islām (v. 6, p. 432).
وكان إذا توضأ يصفرُّ لونه، فإذا قام إلى الصلاة ارتعد من الفرق، فقيل له في ذلك فقال: ألا تدرون بين يدي من أقوم ولمن أناجي (١) ؟ ولما حجّ أراد أن يلبي فارتعد وقال: أخشى أن أقول لبيك اللهم لبيك، فيقال لي: لا لبيك، فشجعوه على التلبية، فلما لبى غشي عليه حتى سقط عن الراحلة. وكان يصلّي في كلّ يوم وليلة ألف ركعه (٢) . وقال طاووس: سمعته وهو ساجد عند الحِجر يقول: عَبدك بفنائك. سائلك بفنائك. فقيرك بفنائك، قال طاووس: فوالله ما دعوت بها في كرب قط إلا كشف عني (٣) . وذكروا أنه كان كثير الصَّدقة باللّيل، وكان يقول صَدَقة اللّيل تطفئ غضب الربّ، وتنوَّر القلب والقبر، وتكشف عن العبد ظلمة يوم القيامة (٤) ، وقاسم الله تعالى ماله مرتين (٥) . وقال محمد بن إسحاق: كان ناس بالمدينة يعيشون لا يدرون من أين يعيشون ومن يعطيهم، فلما مات علي بن الحسين فقدوا ذلك فعرفوا أنه هو الذي كان ياتيهم في الليل بما يأتيهم به (٦) . ولما مات وجدوا في ظهره أثر حمله الجُرُب إلى بيوت الأرامل والمساكين في اللّيل. وقيل إنه كان يعول مئة أهل بيت بالمدينة ولا يدرون بذلك حتى مات. ودخل علي بن الحسين على محمد بن أسامة بن زيد يعوده فبكى ابن أسامة فقال له ما يبكيك؟ قال: عليّ دين، قال: وكم هو؟ قال خمسة عشر ألف دينار - وفي رواية سبعة عشر ألف دينار - فقال: هي على (٧) . وقال علي بن الحسين: كان أبو بكر وعمر من رسول الله ﷺ في حياته بمنزلتهما منه بعد وفاته. ونال منه رجل يومًا فجعل يتغافل عنه - يريه أنه لم يسمعه - فقال له الرجل: إياك أعني، فقال له علي: وعنك أغضي. وخرج يومًا من المسجد فسبّه رجل فابتدر الناس إليه، فقال: دعوه، ثم أقبل عليه فقال: الذي سُترعنك من أمرنا أكثر، ألك حاجة نعينك عليها؟ فاستحيا الرجل فألقى إليه خميصة كانت عليه،
(١) طبقات ابن سعد (٥/ ٢١٦) وحلية الأولياء (٣/ ٣٣) وسير أعلام النبلاء (٤/ ٣٩٢). (٢) تاريخ دمشق (٤١/ ٣٧٨) وسير أعلام النبلاء (٤/ ٣٩٢). (٣) تاريخ دمشق (٤١/ ٣٨٠) بأطول مما هنا، وسير أعلام النبلاء (٤/ ٣٩٣). (٤) تاريخ دمشق (٤١/ ٣٨٣) وسير أعلام النبلاء (٤/ ٣٩٣). (٥) طبقات ابن سعد (٥/ ٢١٩) وحلية الأولياء (٣/ ١٤٠) وسير أعلام النبلاء (٤/ ٣٩٣). (٦) الطبقات (٥/ ٢٢٢) وحلية الأولياء (٣/ ١٣٥ - ١٣٦) وتاريخ دمشق (٤١/ ٣٨٣) وتاريخ الإسلام (حوادث سنة ٨١ - ١٠٠/ ص ٤٣٣). (٧) حلية الأولياء (٣/ ١٤١) وتاريخ دمشق (٤١/ ٣٨٥) وصفة الصفوة (٢/ ١٠١) وتاريخ الإسلام (٦/ ٤٣٢).

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