Il jouissait des mets les plus exquis et revêtait les plus beaux habits (1), sous Mon regard. Tout cela s’accomplissait grâce à Ma garde et à Ma protection dans tout ce que J’ai entrepris pour toi et en ta faveur, et dont la réalisation n’appartient qu’à Moi : « Lorsque ta sœur marchait, en disant : “Voulez-vous que je vous indique quelqu’un qui puisse s’en charger ?” Nous te ramenâmes alors à ta mère afin que son œil se réjouisse et qu’elle ne fût point affligée. Puis tu as tué un homme ; Nous t’avons délivré de l’angoisse et Nous t’avons éprouvé de bien des manières » (Tâhâ, 40). Nous citerons plus loin le hadith sur l’épreuve (al-fitûn) à l’endroit qui lui est consacré, si Dieu le veut ; c’est en Lui que nous avons confiance, et à Lui que nous nous en remettons.
« Et lorsqu’il eut atteint sa plénitude et atteint sa maturité, Nous lui conférâmes la sagesse et la connaissance ; et c’est ainsi que Nous récompensons ceux qui font le bien. (14) Il entra dans la ville à un moment d’inattention de ses habitants et y trouva deux hommes qui se battaient, l’un étant de son parti et l’autre de ses ennemis. Celui qui était de son parti l’appela à l’aide contre celui qui était de ses ennemis. Alors Moïse lui porta un coup de poing qui l’acheva. Il dit : “Ceci est l’œuvre du Diable, c’est en vérité un ennemi qui égare, de façon évidente. (15) Seigneur, dit-il, je me suis fait du tort, pardonne-moi !” Et Il lui pardonna ; car c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux. (16) Et il dit : “Ô mon Seigneur ! En considération de Ta grâce envers moi, jamais je ne serai le soutien des criminels.” » (Al-Qasas, 14-17).
Après que le Très-Haut eut mentionné le bienfait fait à sa mère en lui rendant son enfant (3), et l’honneur qu’Il lui accorda ainsi, Il se mit à décrire comment, lorsqu’il « eut atteint sa plénitude et sa maturité » (4) — c’est-à-dire, selon la plupart, l’âge de quarante ans, âge d’achèvement du corps et du caractère — Dieu lui accorda la sagesse et la connaissance, en l’occurrence la prophétie et le message. C’est ce dont il avait été fait promesse à sa mère dans ces paroles divines : « Nous te le rendrons et ferons de lui l’un des Envoyés » (Al-Qasas, 7). Puis Il aborda la raison de la sortie de Moïse hors d’Égypte vers la contrée de Madyan, où il demeura jusqu’à ce que s’accomplisse le terme (5). Après quoi se produisit ce qui est rapporté au sujet de la Parole de Dieu à Moïse, et de l’honneur dont Il le combla, comme cela sera exposé plus loin.
Le Très-Haut dit : « Il entra dans la ville à un moment d’inattention de ses habitants. » Ibn ‘Abbâs, Sa‘îd ibn Jubayr, ‘Ikrima, Qatâda et as-Suddî (6) disent qu’il s’agissait de la mi-journée. Une autre version, venant également d’Ibn ‘Abbâs, rapporte que cela se situait entre les deux tombées de la nuit. « Il y trouva deux hommes qui se battaient » : ils se disputaient et en venaient aux coups. « L’un était de son parti » : c’était un Israélite ; « l’autre de ses ennemis » : un Copte, selon l’avis d’Ibn ‘Abbâs, Qatâda, as-Suddî et Muhammad ibn Isḥâq. « Celui qui était de son parti l’appela à l’aide contre celui qui était de ses ennemis. » En effet, Moïse — que la paix soit sur lui — bénéficiait d’une certaine influence en Égypte, compte tenu de son adoption par Pharaon et de son éducation dans son palais. Quant aux Fils d’Israël, ils avaient repris confiance et relevé la tête, puisqu’ils l’avaient nourri et en étaient devenus les oncles par allaitement. Ainsi, lorsque cet Israélite appela Moïse — que la paix soit sur lui — à l’aide contre le Copte, il accourut et « lui porta un coup » (fa-wakazahu).