Et Abou Yaʿlâ (1) a dit : « ʿUbayd (2) Allâh ibn Muʿâdh al-ʿAnbarî nous a rapporté (mon père nous a rapporté, ʿImrân nous a rapporté) d’après (3) Ayyûb, qui a dit : “Anas faiblit au point de ne plus pouvoir jeûner, alors il prépara un grand plat de tharîd et invita trente nécessiteux, et il les nourrit.” Al-Bukhârî l’a mentionné sous forme de hadith muʿallaq (4). »
Shuʿbah a rapporté, d’après Mûsâ as-Sunbulânî : « J’ai dit à Anas : “Es-tu le dernier qui reste parmi les Compagnons du Messager de Dieu (ﷺ) ?” Il répondit : “Il reste quelques individus parmi les Bédouins ; mais quant à ses Compagnons, je suis le dernier d’entre eux (5).” »
On lui dit alors qu’il était atteint par la maladie : « Ne devrions-nous pas appeler un médecin pour toi ? » Il répondit : « C’est le Médecin qui m’a rendu malade. » Puis il se mit à dire : « Faites-moi répéter “Lâ ilâha illâ Allâh” », tandis qu’il était mourant. Il ne cessa de la prononcer jusqu’à rendre l’âme. Il avait auprès de lui une petite canne que lui avait donnée le Messager de Dieu (ﷺ), et il la fit enterrer avec lui (6).
ʿUmar ibn Shabba et d’autres ont rapporté : « Il mourut à l’âge de cent sept ans (7). »
L’imam Ahmad a déclaré dans son « Musnad » : « Muʿtamir ibn Sulaymân nous a rapporté, d’après Humayd, qu’Anas vécut cent ans moins une année. » Al-Wâqidî (8) a dit : « Il fut le dernier des Compagnons à mourir à Bassora. » ʿAlî ibn al-Madînî, al-Fallâs et plusieurs autres l’ont également affirmé. Les historiens divergent quant à l’année de sa mort : certains disent l’an 90, d’autres 91, 92 ou 93. Et c’est cette dernière date qui est la plus renommée et adoptée par la majorité. Dieu est plus savant.
[Et l’imam Ahmad a dit : « Abû Nuʿaym m’a rapporté qu’Anas ibn Mâlik et Jâbir ibn Zayd sont morts la même semaine, en l’an 93. »]
Qatâda a dit : « Quand Anas mourut, al-Murrâq al-ʿIjlî déclara : “Aujourd’hui, la moitié du savoir vient de disparaître.” On lui demanda : “Comment cela, ô Abû al-Muʿtamir ?” Il répondit : “Si quelqu’un parmi les gens des passions nous contredisait au sujet d’un hadith que nous tenions du Messager de Dieu (ﷺ), nous lui disions : ‘Venez donc trouver celui qui l’a entendu de sa propre bouche’ (9).” »