Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il se mit à crier comme une femme qui a perdu son enfant. Lorsque quelqu’un faisait son éloge, il disait : « Khubaïb ? Et qu’est-ce que Khubaïb ? Si j’en sors indemne, je me porterai bien. » Il ne cessa de se trouver dans la ville jusqu’à ce qu’il frappât Khubaïb, lequel mourut. Alors il démissionna, et la tristesse ainsi que la crainte s’emparèrent de lui à partir de cet instant. Il s’investit alors dans l’adoration et les pleurs. Ce fut là une bévue et un faux pas de sa part, mais il en retira beaucoup de bien : davantage d’adoration, de larmes, tristesse, crainte, bienfaisance, justice, aumône, piété, affranchissements, et ainsi de suite (1).

Cette même année, Muhammad ibn al-Qâsim – cousin d’al-Hajjâj ibn Yûsuf – conquit la ville d’ad-Daybul et d’autres régions de l’Inde. Al-Hajjâj l’avait nommé à la tête de l’expédition en Inde alors qu’il n’avait que dix-sept ans. Il marcha à la tête des troupes, qui rencontrèrent le roi Dâhir – souverain de l’Inde – à la tête d’une armée imposante avec vingt-sept éléphants soigneusement choisis. Ils s’affrontèrent, et Dieu leur accorda la victoire : le roi Dâhir prit la fuite. Quand la nuit tomba, il revint avec un très grand nombre d’hommes, et ils combattirent violemment ; le roi Dâhir et la plupart de ses soldats trouvèrent la mort. Les musulmans traquèrent ceux des Indiens qui s’étaient enfuis et les tuèrent. Par la suite, Muhammad ibn al-Qâsim s’avança et conquit la ville d’al-Kabradj et ses environs, puis revint avec d’innombrables butins et richesses : des pierres précieuses, de l’or et bien d’autres choses (2).

Ainsi, sous les Omeyyades, le jihad prospérait : ils ne se livraient qu’à cela, si bien que la parole de l’Islam s’éleva en Orient et en Occident, sur les terres comme sur les mers. Ils avilissaient la mécréance et ses partisans, et la frayeur emplissait le cœur des polythéistes à leur égard : il n’était pas une contrée vers laquelle se dirigeaient les musulmans sans qu’ils ne la prennent. Dans leurs armées se trouvaient des hommes pieux, des saints et des savants parmi les grands Tâbi’ûn ; chacune de leurs armées comptait une grande troupe de ces hommes par lesquels Dieu soutenait Sa religion.

Quant à Qutayba ibn Muslim, il poursuivait ses conquêtes dans les terres turques, tuant, capturant et s’emparant de butin, jusqu’à atteindre les confins de la Chine. Il dépêcha un messager auprès du roi de ce pays pour l’appeler (à l’Islam). Effrayé, ce dernier lui envoya des présents, des cadeaux précieux et de grandes richesses, le suppliant, malgré son importante armée ; à tel point que tous les rois de ces contrées lui payaient tribut par crainte. Si al-Hajjâj avait vécu plus longtemps, il n’aurait pas renoncé à la Chine, et il ne restait qu’à affronter son roi. Mais lorsque al-Hajjâj mourut, l’armée battit en retraite, comme il a été rapporté. Qutayba fut ensuite tué par certains musulmans.

Par ailleurs, Maslama ibn ‘Abd al-Malik ibn Marwân, ainsi que le fils du commandeur des croyants Al-Walîd et un autre de ses frères, menaient des expéditions dans les terres byzantines à la tête des armées de Syrie, atteignant Constantinople. Maslama y construisit une mosquée pour l’adoration de Dieu, et la terreur gagna le cœur des Francs. De son côté, Muhammad ibn al-Qâsim, neveu d’al-Hajjâj, menait le combat en Inde et en conquit plusieurs villes avec un contingent de l’armée d’Irak, entre autres. Et Mûsâ ibn Nusayr combattait au Maghreb, y conquérant villes et provinces à la tête des troupes d’Égypte et d’ailleurs. Tous ces territoires embrassèrent alors l’Islam et abandonnèrent l’adoration des idoles.

Avant cela, à l’époque de ‘Umar et ‘Uthmân, les Compagnons avaient déjà conquis la majeure partie de ces contrées et pénétré dans leurs cités, après ces vastes provinces que sont la Syrie (ach-Châm), l’Égypte, l’Irak, le Yémen et bien d’autres régions, jusqu’aux premières avancées

(1) Entre parenthèses, ajout du manuscrit, et le début du récit dans « Tārīkh al-ʾIslām (al-Ḥawādith sanawat 81-100) », p. 346, est une biographie de Khabīb ibn ʿAbd Allāh. (2) À partir de la phrase « Et là débuta Muḥammad ibn al-Qāsim... » jusqu'ici, il s'agit d'un ajout du manuscrit, et le récit correspond à ce qui se trouve dans « Tārīkh al-ʾIslām (al-Ḥawādith sanawat 81-100) », pp. 257-258. Quant à al-Ṭabarī et Ibn al-ʿAthīr, ils ont mentionné les conquêtes de Muḥammad ibn al-Qāsim en l'an 95 de l'Hégire. Ce qui suit est également un ajout du manuscrit et n'a pas de lien avec les événements de l'an 93; en raison de son intérêt, nous avons préféré le conserver.
يصيح صياح المرأة الثَّكلى، وكان إذا أثنى عليه يقول: خبيب وما خبيب إن نجوت منه فأنا بخير. وما زال على المدينة إلى أن ضرب خبيبًا فمات فاستقال وركبه الحزن والخوف من حينئذ، وأخذ في الاجتهاد في العبادة والبكاء، وكانت تلك هفوة منه وزلَّة، ولكن حصل له بسببها خير كثير، من عبادة وبكاء وحزن وخوف وإحسان وعدل وصدقة وبر وعتق وغير ذلك (١) . وفيها افتتح محمد بن القاسم - وهو ابن عم الحجاج بن يوسف - مدينة الديبُل وغيرها من بلاد الهند وكان قد ولاه الحجاج غزو الهند وعمره سبع عشرة سنة، فسار في الجيوش فلقوا الملك داهر - وهو ملك الهند - في جمع عظيم ومعه سبع وعشرون فيلًا منتخبة، فاقتتلوا فهزمهم الله وهرب الملك داهر، فلما كان الليل أقبل الملك ومعه خلق كثير جدًّا فاقتتلوا قتالًا شديدًا فقتل الملك داهر وغالب من معه، وتبع المسلمون من انهزم من الهنود فقتلوه. ثم سار محمد بن القاسم فافتتح مدينة الكبرج وبرها ورجع بغنائم كثيرة وأموال لا تحصى كثرة، من الجواهر والذهب وغير ذلك (٢) . فكانت سوق الجهاد قائمة في بني أمية ليس لهم شغل إلا ذلك، قد علت كلمة الإسلام في مشارق الأرض ومغاربها، وبرها وبحرها، وقد أذلوا الكفر وأهله، وامتلأت قلوب المشركين من المسلمين رعبًا، لا يتوجه المسلمون إلى قطر من الأقطار إلا أخذوه، وكان في عساكرهم وجيوشهم في الغزو الصالحون والأولياء والعلماء من كبار التابعين -، في كل جيش منهم شرذمة عظيمة ينصر الله بهم دينه. فقتيبة بن مسلم يفتح في بلاد الترك، يقتل ويسبي ويغنم، حتى وصل إلى تخوم الصين، وأرسل إلى ملكه يدعوه، فخاف منه وأرسل له هدايا وتحفًا وأموالًا كثيرة هدية، وبعث يستعطفه مع قوته وكثرة جنده، بحيث إن ملوك تلك النواحي كلها تؤدي إليه الخراج خوفًا منه. ولو عاش الحجاج لما أقلع عن بلاد الصين، ولم يبق إلا أن يلتقي مع ملكها، فلما مات الحجاج رجع الجيش كما مر. ثم إن قتيبة قُتل بعد ذلك، قتله بعض المسلمين. ومسلمة بن عبد الملك بن مروان وابن أمير المؤمنين الوليد وأخوه الآخر يفتحون في بلاد الروم ويجاهدون بعساكر الشام حتى وصلوا إلى القسطنطينية، وبنى بها مسلمة جامعًا يعبد الله فيه، وامتلأت قلوب الفرنج منهم رعبًا. ومحمد بن القاسم ابن أخي الحجاج يجاهد في بلاد الهند ويفتح مدنها في طائفة. من جيش العراق وغيرهم. وموسى بن نصير يجاهد في بلاد المغرب ويفتح مدنها وأقاليمها في جيوش الديار المصرية وغيرهم. وكل هذه النواحي إنما دخل أهلها في الإسلام وتركوا عبادة الأوثان. وقبل ذلك قد كان الصحابة في زمن عمر وعثمان فتحوا غالب هذه النواحي ودخلوا في مبانيها، بعد هذه الأقاليم الكبار، مثل الشام ومصر والعراق واليمن وأوائل
(١) ما بين معكوفين زيادة من ط، وأول الخبر في تاريخ الإسلام (حوادث سنة ٨١ - ١٠٠/ ص ٣٤٦) ترجمة خبيب بن عبد الله. (٢) من قوله: وفيها افتتح محمد بن القاسم .. إلى هنا زيادة من ط، والخبر مطابق لما في تاريخ الإسلام (حوادث سنة ٨١ - ١٠٠/ ص ٢٥٧ - ٢٥٨) أما الطبري وابن الأثير فذكر فتوح محمد بن القاسم سنة خمس وتسعين هجرية، وما بعد الخير زيادة من ط أيضًا ولا علاقة لها بأحداث سنة ثلاث وتسعين؛ ولفائدتها آثرنا إبقائها.

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