Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

En cette année, Mûsâ ibn Nusair, gouverneur des provinces du Maghreb, releva son affranchi Târiq de ses fonctions en al-Andalus. Târiq avait été envoyé dans la cité de Tolède, qu’il conquit et où il trouva la Table de Sulaymân ibn Dâwûd (que la paix soit sur lui), laquelle renfermait une immense quantité d’or et de pierres précieuses. Ils l’envoyèrent alors à al-Walîd ibn ‘Abd al-Malik, mais elle ne lui parvint pas avant sa mort, et ce fut son frère Sulaymân ibn ‘Abd al-Malik qui en hérita, comme on l’expliquera en son lieu (1). [Cette Table recélait des merveilles qui laissaient les esprits stupéfaits, et l’on n’avait jamais vu rien de plus beau. Mûsâ ibn Nusair nomma à la place de son affranchi son propre fils, ‘Abd al-‘Azîz ibn Mûsâ ibn Nusair.

Cette même année, Mûsâ ibn Nusair envoya les armées dans diverses contrées du Maghreb, les dispersant çà et là au sein de la péninsule d’al-Andalus. Elles conquirent de nombreuses villes, dont Cordoue et Tolède (2). Puis Mûsâ marcha lui-même vers l’ouest de l’Andalousie, y conquit la cité de Bâjah et la Ville Blanche, ainsi que d’autres grandes cités et provinces. Il s’empara également de nombreux villages et domaines. Jamais il ne quittait une ville avant de l’avoir conquise ou avant que ses habitants n’acceptent son autorité. Il dépêcha aussi des troupes et des détachements vers l’ouest, l’est et le nord, afin qu’ils soumettent, une à une, les régions du Maghreb, s’emparent des biens et capturent femmes et enfants. Mûsâ ibn Nusair revint avec un butin, des richesses et des présents innombrables (3).

En cette même année, les habitants d’Ifriqiya (Afrique du Nord) souffrirent d’une grande sécheresse et d’une terrible famine. Mûsâ ibn Nusair sortit avec eux pour faire la prière de la pluie, ne cessant d’invoquer Dieu jusqu’à la mi-journée. Lorsqu’il voulut redescendre du minbar, on lui dit : « Ne vas-tu pas prier en faveur du commandeur des croyants ? » Il répondit : « Ce n’est pas ici le lieu pour cela. » Alors Dieu leur accorda une pluie abondante (4).

C’est également en cette année qu‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz infligea à Khubayb ibn ‘Abd Allâh ibn az-Zubayr cinquante coups de fouet, sur ordre d’al-Walîd, et versa sur sa tête une outre d’eau glacée par un jour d’hiver rigoureux, puis le laissa debout à la porte de la mosquée toute la journée. Khubayb mourut (qu’Allah lui fasse miséricorde).

[Après la mort de Khubayb, ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz fut constamment en proie à la crainte et ne se sentait plus en sécurité. Lorsqu’on lui annonçait quelque bonne nouvelle au sujet de l’au-delà, il disait : « Et comment sera-ce, alors que Khubayb m’attend sur la route ? » Selon une autre tradition, il disait : « Cela, si Khubayb ne m’attend pas sur la route. » Puis…]

= (7/244) Il a dit : Et il a composé des vers dont le début est : Ô Qutayba, qu’Allah n’ait pas voulu qu’il soit assisté Et il n’a pas mentionné d’autre [personne]. (1) Ceci est l’un des deux avis mentionnés par Ibn al-ʿ Athīr (4/566). (2) Dans l’édition de Tánger, une erreur ; la correction provient de l’at-Ṭabarī (6/481). (3) Ce qui est entre parenthèses est un ajout dans l’édition ; le récit se trouve dans l’Histoire de l’Islam (événements des années 81-100 / p. 258), cité d’après l’Histoire de Khalīfa (305), et fait partie des événements relatés par Ibn al-ʿ Athīr pour l’année 92. (4) Dans l’édition, ce passage est : « Lorsque cette parole fut dite, Allah envoya sur eux la pluie, une pluie abondante et bienfaisante, qui fertilisa leurs terres » ; le récit est dans at-Ṭabarī (6/481).
وفي هذه السنة عزل موسى بن نصير نائب بلاد المغرب مولاه طارقًا عن الأندلس، وكان قد بعثه إلى مدينة طليطلة ففتحها فوجد فيها مائدة سليمان بن داود (رحمه الله) ، وفيها من الذهب والجواهر شيء كثير جدًّا، فبعثوا بها إلى الوليد بن عبد الملك، فما وصلت إليه حتى مات وتولى أخوه سليمان بن عبد الملك، فقدم بها على سليمان على ما سيأتي بيانه في موضعه (١) [وكان فيها ما يبهر العقول، لم ير منظر أحسن منها. واستعمل موسى بن نصير مكان مولاه ولده عبد العزيز بن موسى بن نصير. وفيها بعث موسى بن نصير العساكر وبثها في بلاد المغرب، فافتتحوا مدنًا كثيرة من جزيرة الأندلس منها قرطبة وطليطلة (٢) ، ثم سار موسى بنفسه إلى غرب الأندلس فافتتح مدينة باجة والمدينة البيضاء وغيرهما من المدن الكبار والأقاليم، ومن القرى والرساتيق شيء كثير، وكان لا يأتي مدينةً فيبرح عنها حتى يفتحها أو ينزلوا على حكمه، وجهز البعوث والسرايا غربًا وشرقًا وشمالًا، فجعلوا يفتتحون المغرب بلدًا بلدًا، وإقليمًا إقليمًا، ويغنمون الأموال ويسبون الذراري والنساء، ورجع موسى بن نصير بغنائم وأموال وتحف لا تحصى ولا تعد كثرة] (٣) . وفيها قحط أهل إفريقية وأجدبوا جدبًا شديدًا، فخرج بهم موسى بن نصير فاستسقى بهم، فما زال يدعو حتى انتصف النهار، فلما أراد أن ينزل عن المنبر قيل له: ألا تدعو لأمير المؤمنين؟ قال: ليس هذا الموضع موضع ذاك، فسقاهم الله مطرًا غزيرا (٤) . وفيها ضرب عمر بن عبد العزيز خُبيب بن عبد الله بن الزبير خمسين سوطًا بأمر الوليد له في ذلك، وصب فوق رأسه قربة من ماءٍ بارد، في يوم شتاءٍ بارد، وأقامه على باب المسجد يومه ذلك فمات (رحمه الله) . [وكان عمر بن عبد العزيز بعد موت خبيب شديد الخوف لا يأمن، وكان إذا بُشِّر بشيء من أمر الآخرة يقول: وكيف وخبيب لي بالطريق؟ وفي رواية يقول: هذا إذا لم يكن خبيب في الطريق، ثم
= (٧/ ٢٤٤) قال: وقال أبياتًا مطلعها: ألا أيهًا قتيبة غيبة … أبى الله إلا أن يكون مؤيدا ولم يذكر غيره. (١) وهذا أحد القولين اللذين ذكرهما ابن الأثير (٤/ ٥٦٦). (٢) في ط: وطنجة؛ خطأ والتصحيح من الطبري (٦/ ٤٨١). (٣) ما بين معكوفين زيادة من ط، والخبر في تاريخ الإسلام (حوادث سنة ٨١ - ١٠٠/ ص ٢٥٨) نقلًا عن تاريخ خليفة (٣٠٥)، وهي من الأخبار التي أوردها ابن الأثير ضمن أحداث سنة اثنتين وتسعين. (٤) مكانها في ط: فلما قال هذه المقالة أرسل الله عليهم الغيث فأمطرًا مطرًا غزيرًا وحسن حالهم، وأخصبت بلادهم، والخبر في الطبري (٦/ ٤٨١).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies