Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Des montures ou autre chose. Qutayba (que Dieu lui accorde la victoire) avança donc à la tête de ses armées, et Khârazm Shâh lui remit ce sur quoi ils s’étaient accordés. Puis Qutayba envoya une troupe vers les territoires du frère de Khârazm Shâh : ils tuèrent nombre de leurs habitants, capturèrent son frère ainsi que quatre mille prisonniers parmi leurs notables. Qutayba lui rendit alors son frère, mais il ordonna que l’on tranchât la tête des prisonniers en sa présence. Devant lui, mille d’entre eux furent exécutés, mille à sa droite, mille à sa gauche et mille derrière lui, afin d’intimider les ennemis, qu’ils fussent Turcs ou autres.

[Conquête de Samarcande]

Lorsqu’il eut achevé tout cela et qu’il se prépara à retourner dans ses provinces, l’un des émirs (1) lui dit : « Les habitants du Sughd (2) t’ont fait confiance pour cette année. Si tu penses qu’il vaille mieux te diriger rapidement vers eux sans les en prévenir, fais-le. Lorsque tu voudras les prendre un jour, tu pourras les surprendre. » Qutayba demanda alors à cet émir : « En as-tu parlé à quelqu’un ? » Il répondit : « Non. » Qutayba reprit : « Si jamais quelqu’un t’entend dire cela, je te trancherai la tête. »

Ensuite, Qutayba dépêcha son frère, ‘Abd al-Rahmân ibn Muslim, en avant avec vingt mille hommes, qui précédèrent son arrivée à Samarcande. Qutayba suivit avec le reste de l’armée. Quand les Turcs apprirent leur venue, ils rassemblèrent parmi eux tous les guerriers puissants issus de leurs rois et de leurs princes, et leur ordonnèrent de partir de nuit pour attaquer le camp des musulmans. La nouvelle parvint à Qutayba, qui envoya aussitôt son frère Sâlih à la tête de six cents cavaliers d’élite, que l’on ne pouvait affronter, en déclarant : « Bloquez-leur la route ! » Ils partirent donc et, au milieu du chemin, se séparèrent en trois groupes, embusqués en hauteur. Lorsque les Turcs passèrent sans se douter de leur présence, ils surgirent au milieu de la nuit et les combattirent. Seul un petit nombre de Turcs purent fuir, et les musulmans leur tranchèrent la tête, s’emparant de leurs armes, ornées d’or (3), et de leur équipement. Certains des captifs turcs leur dirent : « Sachez que vous n’avez tué ici que des fils de rois ou des champions qui, à eux seuls, valent cent ou mille cavaliers ! » Qutayba laissa alors à ses hommes tout le butin saisi, qu’il s’agisse d’or ou d’armes.

Puis Qutayba s’approcha de la grande ville du Sughd — Samarcande — et y dressa des mangonneaux, poursuivant le combat sans relâche. Les habitants de Boukhara et de Khârazm qui se trouvaient avec lui le soutinrent loyalement, et ils combattirent les gens du Sughd avec acharnement. Gourak (4), roi du Sughd, envoya un message à Qutayba : « Tu ne m’attaques qu’avec mes frères et les membres de ma famille. Sors me combattre avec tes Arabes ! » Qutayba s’en irrita et sépara alors les Arabes des non-Arabes (5). Il mit en avant les valeureux guerriers arabes et leur donna les meilleures armes, qu’il retira des mains des combattants moins braves. Puis il lança ses champions contre la ville et la pilonna de ses mangonneaux. Une brèche fut ouverte dans la muraille, que les Turcs comblèrent au moyen de sacs de millet. Un homme parmi eux se leva

(1) Al-Tabari (vol. 6, p. 472) et Ibn al-Athir (vol. 4, p. 571) l'appellent : al-Mujashsharī, Muzāhim al-Sulamī. (2) Dans al-Bukhārī : al-Saghd et de même chez al-Tabari ; sans distinction. (3) Chez al-Tabari, d'après le narrateur du hadith : "Nous avons pris de l'élite des armes, des biens précieux, des zones aurifères et des montures de Farḥa." (4) Chez al-Tabari (vol. 6, p. 474) : Ghūzak. (5) Chez al-Tabari - et du récit qui en est tiré - il n'est pas dit que Qutayba a distingué les Arabes des non-Arabes ; il a plutôt dit : il a distingué les personnes vaillantes, les a rassemblées puis s'est assis pour les examiner lui-même... Qutayba a appelé les lâches répugnants, a pris leurs chevaux et leurs meilleures armes qu'il a données aux courageux et aux expertes, en leur laissant les armes délabrées, puis il a marché avec eux...
دواب أو غيره، فأقبل قتيبة - نصره - الله - في الجيوش فسلَّم إليه خوارزم شاه ما صالحه عليه، وبعث قتيبة إلى بلاد أخي خوارزم شاه جيشًا فقتلوا منهم خلقًا كثيرًا وأسروا أخاه ومعه أربعة آلاف أسير من كبارهم، فدفع أخاه إليه، وأمر قتيبة بالأسارى فضربت أعناقهم بحضرته، قتل ألفًا بين يديه وألفًا عن يمينه وألفًا عن شماله وألفًا من وراء ظهره، ليرهب بذلك الأعداء من الترك وغيرهم. [فتح سمرقند] ولما فرغ من هذا كله وعزم على الرجوع إلى بلاده، قال له بعض الأمراء (١) : إن أهل الصغد (٢) قد أمَّنوك عامك هذا، فإن رأيت أن تعدل إليهم وهم لا يشعرون، فإنك متى فعلت ذلك أخذتها إن كنت تريدها يومًا من الدهر فقال قتيبة لذلك الأمير: هل قلت هذا لأحد؟ قال: لا! قال فلأن يسمعه منك أحد أضرب عنقك. ثم بعث قتيبة أخاه عبد الرحمن بن مسلم بين يديه في عشرين ألفًا فسبقه إلى سمرقند، ولحقه قتيبة في بقية الجيش، فلما سمعت الأتراك بقدومهم إليهم انتخبوا من بينهم كل شديد السَّطوة من أبناء الملوك والأمراء، وأمروهم أن يسيروا إليهم في الليل فيكبسوا جيش المسلمين، وجاءت الأخبار إلى قتيبة بذلك فجرّد أخاه صالحًا في ستمئة فارس من الأبطال الذين لا يطاقون، وقال: خذوا عليهم الطريق، فساروا فوقفوا لهم في أثناء الطريق وتفرّقوا ثلاث فوق، فلما اجتازوا بهم باللّيل - وهم لا يشعرون بهم - ثاروا عليهم فاقتتلوا هم وإياهم، فلم يفلت من أولئك الأتراك إلا النفر اليسير واحتزوا رؤوسهم وغنموا ما كان معهم من الأسلحة المحلّاة بالذهب (٣) ، والأمتعة، وقال لهم بعض أولئك: تعلمون أنكم لم تقتلوا في مقامكم هذا إلا ابن ملك أو بطل من الأبطال المعدودين بمئة فارس أو بألف فارس، فنفَّلهم قتيبة جميع ما غنموه منهم من ذهب وسلاح، واقترب قتيبة من المدينة العظيمة التي بالصغد - وهي سمرقند - فنصب عليها المجانيق - وهو مع ذلك يقاتلهم لا يقلع عنهم، وناصحه من معه عليها من أهل بخارى وخوارزم، فقاتلوا أهل الصغد قتالًا شديدًا، فأرسل إليه غورك (٤) ملك الصغد: إنما تقاتلني بإخوتي وأهل بيتي، فاخرج إليّ في العرب. فغضب عند ذلك قتيبة وميز العرب من العجم (٥) ، وقدّم الشجعان من العرب وأعطاهم جيّد السلاح، وانتزعه من أيدي الجبناء، وزحف بالأبطال على المدينة ورماها بالمجانيق، فثلم فيها ثلمة فسدها الترك بغرائر الدُّخن، وقام رجل منهم
(١) سماه الطبري (٦/ ٤٧٢) وابن الأثير (٤/ ٥٧١): المجشّرى مزاحم السُّلَمي. (٢) في ب: السغد وكذلك في الطبري؛ ولا فرق. (٣) في الطبري عن راوي الخبر: وسلبنا من جيد السلاح، وكريم المتاع، ومناطق الذَّهب ودوابَّ فرَّهة. (٤) في الطبري (٦/ ٤٧٤): غوزك. (٥) ليس في الطبري - والخبر منه - أن قتيبة ميز العرب من العجم، إنما قال: ميز أهل البأس، فجمعهم ثم جلس يعرضهم بنفسه .. فسمى قتيبةً الجبناء الأنتان، وأخذ خيلهم، وجيّد سلاحهم فأعطاه الشجعان والمختصرين، وترك لهم رثَّ السلاح، ثم زحف بهم ..

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