Muhammad ibn Saʿd déclara : « Il a vu le Messager d’Allah (ﷺ), mais il n’a rien retenu de lui. » Ibn Maʿīn, al-Bukhârî et Abû Hâtim ont contesté cela et ont dit : « On ne peut pas affirmer qu’il fût Compagnon, et Allah est plus savant. » Il mourut cette année-là, ou selon d’autres l’année précédente. Allah est le plus savant.
Tuways le chanteur (1), de son vrai nom ʿIsâ ibn ʿAbd Allâh, Abû ʿAbd al-Munʿim al-Madanî, affranchi des Banû Makhzûm, excellait dans son art. Il était grand, de stature instable et louchait. On le considérait comme malchanceux car il naquit le jour où le Messager d’Allah (ﷺ) mourut, fut sevré le jour où as-Siddîq (Abû Bakr) décéda, atteignit la puberté lorsqu’on tua ʿUmar, se maria le jour où ʿUthmân fut tué, et eut un enfant le jour où al-Husayn ibn ʿAlî fut tué — certains disent plutôt que ce fut le jour où ʿAlî fut tué. C’est ce qu’ont rapporté Ibn Khallikân et d’autres. Il mourut cette année, à l’âge de quatre-vingt-deux ans, à as-Suwaydâʾ (2), qui se trouve à deux étapes de Médine.
Al-Akhtal (3) était un poète accompli, surpassant ses semblables en poésie.
[Puis débuta l’année quatre-vingt-treize]
Au cours de celle-ci, Maslama ibn ʿAbd al-Malik conquit de nombreuses forteresses byzantines, parmi lesquelles les forteresses d’al-Ḥadîd, Ghazâla, Mâsa, et bien d’autres. Cette année-là, al-ʿAbbâs ibn al-Walîd lança une expédition et s’empara de Samsaṭiyya. De son côté, Marwân ibn al-Walîd combattit les Byzantins jusqu’à atteindre Ḥanjarah (4).
Cette année également, Khwârazm Shâh écrivit à Qutayba pour l’inciter à conclure la paix, lui proposant de lui céder plusieurs cités de ses terres, ainsi que de lui fournir de riches biens et de nombreux esclaves, à condition qu’il combatte son frère (5) et le lui livre. En effet, ce frère avait semé la corruption dans le pays, brimé les gens et abusé de son autorité. Chaque fois qu’il entendait parler d’une chose de valeur chez quelqu’un, il envoyait quelqu’un pour la lui prendre, que ce fût des biens, des femmes ou des enfants, ou