Les Compagnons.
Muhammad ibn Saʿd a déclaré : « Et il n’y a pas de divergence à ce sujet. Al-Bukhārī et d’autres encore ont dit : il est décédé l’an quatre-vingt-huit, et Dieu est plus savant (1). »
[Ensuite arriva l’an quatre-vingt-douze] : cette année-là, Maslama et son neveu ʿUmar ibn al-Walīd partirent en expédition contre les terres byzantines. Ils conquirent de nombreuses forteresses, s’emparèrent d’un butin considérable et les Byzantins fuirent jusqu’aux confins de leur territoire (2).
Au cours de la même année, Tāriq ibn Ziyād, affranchi de Mūsā ibn Nuṣayr, envahit al-Andalus à la tête de douze mille hommes. Le roi de ce pays, Adrīnūq (3), s’avança contre lui à la tête d’une immense armée, couronné et accompagné de son trône royal. Tāriq l’affronta, le vainquit et s’empara de tout ce que contenait son camp, dont le trône. Il conquit ainsi l’intégralité du territoire d’al-Andalus.
[Al-Dhahabī (4) rapporte :] « Tāriq ibn Ziyād était gouverneur de Tanger, située à l’extrémité du Maghreb, et il était la main-droite de son maître, Mūsā ibn Nuṣayr. Le gouverneur de l’île Verte (5) lui écrivit pour lui demander de l’aide contre son ennemi. Tāriq traversa alors le détroit de Ceuta (Sabta) pour rejoindre al-Andalus, profitant des querelles internes entre les Francs. Il pénétra profondément dans al-Andalus, conquit Cordoue et tua son roi, Adrīnūq (6). Il écrivit alors à Mūsā ibn Nuṣayr pour lui annoncer cette victoire. Pris de jalousie, Mūsā revendiqua ce succès : il écrivit au calife al-Walīd pour l’informer de la conquête et s’en attribuer tout le mérite. Il menaça également Tāriq, car celui-ci était entré en campagne sans son autorisation, et lui ordonna de rester là où il se trouvait jusqu’à son arrivée. Mūsā se mit donc en route à la hâte, conduisant ses armées vers al-Andalus en compagnie de Ḥabīb ibn Abī ʿUbayda al-Fihrī. Il y demeura plusieurs années (7), poursuivant ses conquêtes en al-Andalus, s’emparant des villes et des richesses (8), tuant les hommes et faisant prisonnières femmes et enfants. Il s’empara d’un butin impossible à dénombrer ou à décrire. »