Il arriva alors et déclara : « Par Dieu, je ne sortirai pas d’ici. » Al-Walid entra donc dans la mosquée et se mit à tourner en son sein, priant ici et invoquant là. ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz raconta : « Je m’efforçais de l’écarter de l’endroit où se tenait Saʿīd, de peur qu’il ne le voie. » Il détourna ensuite le regard et dit : « Qui est-ce ? Serait-ce Saʿīd ibn al-Musayyib ? » Je lui répondis : « Oui, ô commandeur des croyants. S’il avait su que tu arrivais, il se serait levé pour t’accueillir et te saluer. » Il dit : « Je connais sa situation. » Il continua de circuler dans la mosquée, admirant son architecture et m’interrogeant au sujet de Saʿīd ibn al-Musayyib. Je repris : « Il est ainsi et ainsi », cherchant ainsi à m’accorder à sa vision, et il se mit à faire son éloge. Je dis alors : « Ô commandeur des croyants, il a une vue affaiblie » — je ne le précisai que pour m’excuser à sa place —. Il répondit : « C’est plutôt à nous d’aller vers lui. » Il s’en approcha, se tint près de lui et le salua, mais Saʿīd ne se leva pas devant lui.
Alors al-Walid demanda : « Comment va le shaykh ? » et Saʿīd répondit : « Je vais bien, louange à Dieu. Et le commandeur des croyants, comment se porte-t-il ? » Al-Walid répliqua : « Je vais bien, louange à Dieu seul. » Puis il se retira en disant à ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz : « C’est le dernier (véritable) représentant de ce peuple. » ʿUmar répondit : « En effet, ô commandeur des croyants. »
On raconte ensuite qu’al-Walid prononça un prêche depuis la chaire du Messager de Dieu (ﷺ). Il s’assit durant la première partie du sermon et se tint debout pendant la seconde, déclarant : « C’est ainsi qu’ʿUthmān faisait son prêche. » Une fois terminé, il distribua aux gens de Médine beaucoup d’or et d’argent. Il recouvrit ensuite la Mosquée du Prophète d’une étoffe faisant partie de la parure de la Kaʿba qu’il avait apportée avec lui, faite d’un brocart épais.
En cette même année passa de vie à trépas as-Sāʾib ibn Yazīd (1) ibn Saʿīd ibn Thamāma, que son père avait emmené en pèlerinage avec le Messager de Dieu (ﷺ) alors qu’il avait sept ans, ce qu’al-Bukhārī (2) rapporte. C’est pourquoi al-Wāqidī affirma qu’il était né en l’an trois de l’Hégire et mort en l’an quatre-vingt-onze. D’autres disent qu’il mourut en quatre-vingt-huit ou en quatre-vingt-dix, et Dieu sait mieux.
Quant à Sahl ibn Saʿd as-Sāʿidī (3), c’était un noble Compagnon médinois. Le Messager de Dieu (ﷺ) rendit l’âme alors qu’il avait quinze ans. Il fut parmi ceux qu’al-Ḥajjāj fit marquer d’un sceau autour du cou — lui, Anas ibn Mālik, ainsi que Jābir ibn ʿAbd Allāh, sur la main de ce dernier — pour les humilier, afin que les gens ne prêtent pas l’oreille à leurs avis. Al-Wāqidī déclara qu’il mourut en l’an quatre-vingt-onze à l’âge de cent ans. Il fut le dernier à décéder à Médine parmi