Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Au cours de cette année, Mûsâ ibn Nuṣayr fit campagne dans les contrées du Maghreb et conquit de nombreuses villes. [Il pénétra dans ces régions et avança jusqu’à atteindre des territoires reculés et lointains, où se dressaient des vestiges de palais et d’habitations sans aucun occupant. Il y découvrit les traces de la prospérité dont avaient jadis joui les habitants de ces lieux, lesquelles révélaient qu’ils possédaient d’abondantes richesses et une aisance considérable. Mais ils périrent tous, sans qu’il ne reste personne pour en parler.] (1)

Au cours de la même année, Qutayba ibn Muslim remit en ordre les terres des Turcs, lesquels avaient rompu l’accord de réconciliation qu’ils avaient antérieurement conclu. [C’était à la suite de combats acharnés et d’une guerre si violente qu’elle aurait fait blanchir les cheveux d’un nouveau-né. En effet, leurs rois s’étaient donné rendez-vous l’année précédente, dès le début du printemps, afin de se rassembler et de combattre Qutayba, résolus à ne pas reculer tant qu’ils n’auraient pas expulsé les Arabes de leurs territoires. Ils se réunirent donc en un nombre si considérable qu’ils ne s’étaient jamais rassemblés de la sorte. Pourtant, Qutayba les vainquit,] en tua un grand nombre, dispersa leurs armées et rétablit la situation précédente. On raconte même qu’il crucifia, parmi les prisonniers capturés, deux longues rangées (samaṭayn) sur près de quatre farsakhs de part et d’autre, chaque homme étant crucifié à côté d’un autre. Ce fut une action d’ampleur remarquable, et il infligea aux mécréants un massacre considérable.

Ensuite, il ne cessa de traquer Nîzak Khân, le grand roi des Turcs, de province en province, de région en région, de district en district. Il l’assiégea finalement dans une forteresse (2) durant deux mois consécutifs, si bien que les vivres de Nîzak Khân vinrent à s’épuiser et que lui-même, ainsi que ses hommes, frôlèrent l’anéantissement. Qutayba envoya alors quelqu’un pour lui accorder son sauf-conduit [dans l’opprobre et l’abandon], puis le jeta en prison avant d’écrire à Al-Hajjâj afin de décider de son sort. Quarante jours plus tard, la réponse l’invitant à l’exécuter parvint. Qutayba convoqua les émirs et les consulta à ce sujet : certains disaient qu’il fallait le tuer, d’autres non. L’un d’eux déclara : « Tu as fait un serment à Dieu de le tuer si tu parvenais à le capturer, et voilà que Dieu te l’a livré. » Qutayba répondit : « Par Dieu, même s’il ne me restait de ma vie que de quoi prononcer trois mots, je le ferais exécuter. » Puis il s’exclama : « Tuez-le, tuez-le, tuez-le ! » Il fut donc mis à mort, de même que sept cents de ses compagnons, en une seule matinée. (3)

Al-Wâqidî et d’autres (4) rapportent également que, cette année-là, le commandeur des croyants Al-Walîd ibn ‘Abd Al-Malik accomplit lui-même le pèlerinage. À son approche, il ordonna à ‘Umar ibn ‘Abd Al-‘Azîz de dépêcher les notables de Médine afin de l’accueillir. Il les reçut chaleureusement et les combla de ses faveurs. Il entra ensuite dans la Mosquée du Prophète et la fit vider de ses occupants, de sorte qu’il n’y demeura plus personne à l’exception de Sa‘îd ibn Al-Musayyib, car nul n’osa le faire sortir. Pourtant, il ne portait que des vêtements dont la valeur n’excédait pas cinq dirhams. On lui dit : « Ô vieil homme, écarte-toi de la mosquée, voici venir le commandeur des croyants ! »

(1) Entre parenthèses crochues, une addition en T., et dans al-Tabarî (6/454) : c’est là que Mûsâ b. Nuṣayr a envahi al-Andalus, conquérant également villes et forteresses par ses mains. (2) Al-Dhahabî l’a appelée « Baghlân », Yâqût dit : Baghlân - avec une ouverture du premier radical et un sakn sur le second - une ville dans les environs de Balkh, et je pense qu’elle est en Tokharistân, qui comprend la supérieure et l’inférieure, toutes deux parmi les terres les plus pures de Dieu, comme je t’ai dit, en raison de l’abondance des rivières et de la concentration des arbres. (Muʿjam al-Buldān, 1/468). (3) Le récit détaillé de Nîzak et de son assassinat dans al-Tabarî (6/454-458) et Ibn al-ʿAthîr (4/549-552), avec une addition en T. qui consiste en la poursuite de Qutayba de Lîzak, contenant des répétitions inutiles, qui ne concorde pas avec Abû et Bî, et dont le résumé tiré des sources est extrêmement déficient ; nous avons donc passé outre. (4) Târîkh al-Tabarî (6/465).
وفيها غزا موسى بن نصير بلاد المغرب ففتح مدنًا كثيرة [ودخل في تلك البلاد وولج فيها حتى دخل أراضي غابرة قاصية فيها آثار قصور وبيوت ليس بها ساكن، ووجد هناك من آثار نعمة أهل تلك البلاد ما يلوح على سماتها أن أهلها كانوا أصحاب أموال ونعمة دارّة سائغة، فبادوا جميعًا فلا مخبر بها] (١) . وفيها مهد قتيبة بن مسلم بلاد الترك الذين كانوا قد نقضوا ما كانوا عاهدوه عليه من المصالحة [وذلك بعد قتال شديد وحرب يشيب لها الوليد، وذلك أن ملوكهم كانوا قد اتعدو في العام الماضي في أول الربيع أن يجتمعوا ويقاتلوا قتيبة، وأن لا يولوا عن القتال حتى يخرجوا العرب من بلادهم، فاجتمعوا اجتماعًا هائلًا لم يجتمعوا مثله في موقف، فكسرهم قتيبة] وقتل منهم أممًا كثيرة، وكسر جيوشهم، ورد الأمور إلى ما كانت عليه، حتى ذكر أنه صلب منهم في بعض الأماكن من جملة من أخذه من الأسارى سماطين طولها أربعة فراسخ من هاهنا وهاهنا، عن يمينه وشماله، صلب الرجل منهم بجنب الرجل، وهذا شيء كثير، وقتل في الكفار قتلًا ذريعًا، ثم لا يزال يتتبع نيزك خان ملك الترك الأعظم من إقليم، إلى إقليم، ومن كورة إلى كورة، ومن رستاق إلى رستاق، ولم يزل ذلك دأبه ودأبه حتى حصره في قلعة هنالك (٢) شهرين متتابعين، حتى نفد ما عند نيزك خان من الأطعمة، وأشرف هو ومن معه على الهلاك، فبعث إليه قتيبة من جاء به مستأمنًا [مذمومًا مخذولًا] فسجنه عنده ثم كتب إلى الحجاج في أمره فجاء الكتاب بعد أربعين يومًا بقتله، فجمع قتيبة الأمراء فاستشارهم فيه فاختلفوا عليه، فقائل يقول: اقتله. وقائل يقول لا تقتله، فقال له بعض الأمراء: إنك أعطيت اللّه عهدًا لئن ظفرت به لتقتلنه، وقد أمكنك اللّه منه، فقال قتيبة: واللّه إن لم يبق من عمري إلا ما يسع ثلاث كلمات لقتلته، ثم قال: اقتلوه اقتلوه اقتلوه، فقتل هو وسبعمئة من أصحابه في غداة واحدة (٣) . قال الواقدي وغيره (٤) : وحج بالناس في هذه السنة أمير المؤمنين الوليد بن عبد الملك، فلما اقترب قدومه إلى المدينة أمر عمر بن عبد العزيز أشراف المدينة فتلقوه فرحب بهم وأحسن إليهم، ودخل المدينة النبوية فأخلي له المسجد النبوي، فلم يبق به أحد سوى سعيد بن المسيب لم يتجاسر أحد أن يخرجه، وإنما عليه ثياب لا تساوي خمسة دراهم، فقالوا له: تنحَّ عن المسجد أيها الشيخ، فإن أمير المؤمنين
(١) ما بين معكوفين زيادة من ط، وفي الطبري (٦/ ٤٥٤): وفيها غزا موسى بن نصير الأندلس، ففتح على يديه أيضًا مدائن وحصون. (٢) سماها الذهبي: بغلان، قال ياقوت: بغلان - بفتح أوله وسكون ثانيه -، بلدة بنواحي بلخ، وظني أنها من طخارستان وهي العليا والسفلى، وهما من أنزه بلاد اللّه على ما قل لكثرة الأنهار والتفاف الأشجار. معجم البلدان (١/ ٤٦٨). (٣) تفصيل خبر نيزك وقتله في الطبري (٦/ ٤٥٤ - ٤٥٨) وابن الأثير (٤/ ٥٤٩ - ٥٥٢) وفي ط زيادة مفادها سرد لملاحقة قتيبة ليزك وفيها من التكرار ما لا فائدة منه، وهي لا توافق أ، ب واختصارها من المصادر فيه خلل كبير؛ فأعرضنا صفحًا عنها. (٤) تاريخ الطبري (٦/ ٤٦٥).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies