Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’influence dans l’islam lui revient, ainsi qu’à son père et aux siens. Je te l’ai envoyé ; si tu envisages de rompre mes liens, de trahir l’engagement qui me lie à toi, et de pousser à l’extrême la peine que tu m’infliges, tu en as le pouvoir si tu le décides. Je me place toutefois sous la protection de Dieu contre le fait que tu rompnes mes liens, que tu portes atteinte à mon inviolabilité, que tu cesses de me témoigner ta bienveillance et de répondre à ma demande, et ainsi que tu brises le lien qui nous unit. Par Dieu, ô Commandeur des Croyants, ni toi ni moi ne savons combien de temps nous vivrons, ni à quel moment la mort nous séparera. Si le Commandeur des Croyants – que Dieu perpétue sa joie – peut faire en sorte que l’échéance de la mort n’arrive qu’alors qu’il a préservé sa relation avec moi, qu’il a respecté mon droit et s’est abstenu de me nuire, qu’il le fasse. Par Dieu, ô Commandeur des Croyants, après ma piété envers Dieu, rien ici-bas ne me réjouit davantage que ton agrément et ton bonheur, qui me sont plus chers que les miens. C’est là l’un des moyens par lesquels je recherche l’agrément divin en maintenant le lien qui nous unit. Si, un jour, ô Commandeur des Croyants, tu souhaites me témoigner ta considération, me faire honneur et reconnaître mon droit, alors accorde-moi un pardon au sujet de Yazīd : tout ce qui lui est réclamé, j’en assumerai la responsabilité.

Lorsque al-Walīd lut la lettre, il déclara : « Nous avons effectivement causé bien du tourment à Sulaymān. » Il convoqua alors son neveu et le rapprocha de lui. Yazīd ibn al-Muhallab loua Dieu, pria sur Son Messager, puis dit : « Ô Commandeur des Croyants, votre bienfait à notre égard est le meilleur des bienfaits. Celui qui l’oublierait, nous ne l’oublierons pas, et celui qui le renierait, nous ne le renierons pas. Nous, Gens de la Maison, vous avons servi en vous obéissant et en frappant vos ennemis dans les grands affrontements, à l’est comme à l’ouest, de sorte que la reconnaissance que nous vous devons est immense. »

« Assieds-toi », répondit-il. Yazīd s’exécuta, et al-Walīd lui accorda sa protection, retira toute menace à son encontre et le renvoya auprès de Sulaymān. Yazīd se tenait alors auprès de celui-ci, lui enseignant la bienséance, lui décrivant divers mets exquis. Il bénéficiait d’une large faveur de Sulaymān : il ne recevait jamais de présent sans en envoyer la moitié à Yazīd. Ce dernier se rapprocha encore de Sulaymān en lui offrant des dons variés, des cadeaux précieux et d’importantes offrandes. Al-Walīd écrivit ensuite à al-Ḥajjāj : « Je n’ai pu approcher Yazīd ibn al-Muhallab ni sa famille, puisqu’ils étaient auprès de mon frère Sulaymān. Épargne-les, et ne m’écris plus à leur sujet. » Al-Ḥajjāj cessa donc de réclamer aux Banū al-Muhallab les sommes qu’il leur imputait, allant même jusqu’à laisser à Abū ʿUyayna ibn al-Muhallab un million de dirhams. Yazīd ibn al-Muhallab demeura auprès de Sulaymān ibn ʿAbd al-Malik jusqu’à la mort d’al-Ḥajjāj, survenue en l’an 95 (comme il sera rapporté), et fut ensuite nommé gouverneur de l’Irak à sa suite.

Cette même année, mourut parmi les notables Tiyādhūq le médecin, praticien expérimenté et auteur de traités dans son domaine. Il bénéficiait d’une grande considération auprès d’al-Ḥajjāj. Il s’éteignit à Wāsiṭ aux alentours de l’an 90.

La même année, mourut également ʿAbd al-Raḥmān ibn al-Maswar ibn Makh rama.

(1) Al-Iḥtirād : de ḥard, signifiant l’intention. Voir al-Qāmūs (ḥard). (2) Il existe quelques divergences textuelles dans nos sources, que nous ne mentionnons pas en raison de l’accord des sens. (3) Dans la version imprimée : « yataḏawwaq », une erreur de lecture. (4) La traduction de « yataḏawwaq » dans les « Akhbār al-Ḥukamāʾ » d’al-Qaffāṭī (p. 105), les « Ṭabaqāt al-ʾAṭibbāʾ » d’Ibn Abī Uṣaybiʿa (1/121), le « Tārīkh al-Islām » (événements des années 81-100 / p. 47) et le « al-Wāfī bi-l-Wafayāt » (10/449-450). (5) La traduction de « ʿAbd al-Raḥmān ibn al-Masūr » dans les « Ṭabaqāt » d’Ibn Saʿd (6/114), le « Tārīkh Khalīfa » (303) et ses « Ṭabaqāt » (243) ainsi que dans « al-Maʿrifa »...
والأثر في الإسلام هو وأبوه وأهل بيته، وقد بعثت به إليك فإن كنت إنما تعد قطيعتي وإخفار ذمتي والإبلاغ في مساءتي فقد قدرت إن أنت فعلت، وأنا أعيذك باللّه من احتراد (١) قطيعتي وانتهاك حرمتي، وترك بِرّي [وإجابتي إلى ما سألتك] ووصلتي، فواللّه يا أمير المؤمنين ما تدري ما بقائي وبقاؤك، ولا متى يفرِّق الموت بيني وبينك، فإن استطاع أمير المؤمنين أدام اللّه سروره أن لا يأتي أجل الوفاة علينا إلا وهو لي واصل ولحقي مؤدٍّ، وعن مساءتي نازع فليفعل، وواللّه يا أمير المؤمنين ما أصبحت بشيء من أمر الدنيا بعد تقوى اللّه بأسرَّ مني برضاك وسرورك، وإن رضاك وسرورك أحب إليّ من رضائي وسروري، ومما ألتمس به رضوان اللّه – Exalté soit-Il – لصلتي ما بيني وبينك، وإن كنت يا أمير المؤمنين يومًا من الدهر تريد صلتي وكرامتي وإعظام حقي فتجاوز لي عن يزيد، وكل ما طلبته به فهو عليّ. فلما قرأ الوليد كتابه قال: لقد شققنا على سليمان، ثم دعا ابن أخيه فأدناه منه، وتكلّم يزيد بن المهلّب فحمد اللّه وأثنى عليه وصلّى على رسوله ثم قال: يا أمير المؤمنين إن بلاءكم عندنا أحسن البلاء، فمن ينس ذلك فلسنا ناسيه، ومن يكفره فلسنا بكافريه، وقد كان من بلائنا أهل البيت في طاعتكم والطعن في أعين أعدائكم في المواطن العظام في المشارق والمغارب، ما إن المنة فيه علينا عظيمة. فقال له: اجلس؛ فجلس، فأمنه وكف عنه وردَّه إلى سليمان، وكان عنده يعلِّمه الهيئة، ويصف له ألوان الأطعمة الطيبة، وكان حظيًّا عنده لا يُهدى إليه بهدية إلا أرسل له بنصفها، وتقرب يزيد بن المهلب إلى سليمان بأنواع الهدايا والتحف والتقادم، وكتب الوليد إلى الحجاج إني لم أصل إلى يزيد بن المهلب وأهل بيته مع أخي سليمان، فاكفف عنهم واله عن الكتاب إليّ فيهم. فكفّ الحجاج عن آل المهلب وترك ما كان يطالبهم به من الأموال، حتى ترك لأبي عيينة بن المهلّب ألف ألف درهم، ولم يزل يزيد بن المهلّب عند سليمان بن عبد الملك حتى هلك الحجاج في سنة خمس وتسعين، كما سيأتي، وولي يزيد بلاد العراق بعد الحجاج (٢) . [وفيها توفي من الأعيان] تياذوق (٣) الطبيب (٤) الحاذق، له مصنفات في فنه، وكان حظيًّا عند الحجّاج، مات في حدود سنة تسعين بواسط. [وفيها توفي: عبد الرحمن بن المسور بن مخرمة (٥) .
(١) الاحتراد: من الحرد وهو القصد. القاموس (حرد). (٢) ثمة بعض الخلافات اللفظية في أ آثرنا عدم الإشارة إليها لتوافق المعنى. (٣) في ط: "يتاذوق"، محرف. (٤) ترجمة - يتاذوق - في أخبار الحكماء للقفطي (١٠٥) طبقات الأطباء لابن أبي أصيبعة (١/ ١٢١) تاريخ الإسلام (حوادث سنة ٨١ - ١٠٠/ ص ٤٧) والوافي بالوفيات (١٠/ ٤٤٩ - ٤٥٠). (٥) ترجمة - عبد الرحمن بن المسور - في طبقات ابن سعد (٦/ ١١٤) وتاريخ خليفة (٣٠٣) وطبقاته (٢٤٣) والمعرفة =

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