Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il exerça son autorité sur Médine. C’est lui qui avait frappé Saʿīd ibn al-Musayyib, comme cela a déjà été rapporté. Puis il se rendit à Damas et y mourut. Il fut le premier à instaurer l’étude du Coran dans la Grande Mosquée de Damas selon la lecture en sept (as-sabʿ).

ʿUmayr ibn Ḥakīm (1), dit al-ʿAnsī ash-Shāmī, transmit des récits. Personne en Syrie n’osait critiquer al-Ḥajjāj publiquement, à l’exception de lui et d’Ibn Muḥayriz Abū al-Abyaḍ. Il fut tué lors de l’expédition de Ṭuwāna, en terre byzantine, cette année-là (2).

[Puis commença l’année quatre-vingt-neuf]. Maslama ibn ʿAbd al-Malik et son neveu al-ʿAbbās y menèrent une campagne contre les Byzantins. Ils tuèrent un grand nombre de leurs adversaires et conquirent de nombreuses forteresses, notamment celle de Syrie, ʿAmūriyya, Herqala et Qamūdiyya (3). Ils amassèrent un riche butin et firent de nombreux prisonniers.

Cette même année, Qutayba ibn Muslim partit à la conquête des territoires de Ṣughd, de Nasaf et de Kish. Il y rencontra une grande armée de Turcs, qu’il vainquit et massacra. Il s’avança ensuite jusqu’à Boukhara, où une troupe nombreuse de Turcs vint à sa rencontre avant la ville. Le combat dura deux jours et deux nuits près d’un lieu appelé Kharrqān (4), et il triompha d’eux. À ce propos, Nahār ibn Tawsʿa déclara :
« Ils passèrent une nuit avec nous à Kharrqān, mais notre nuit à Kharrqān fut encore plus longue (5). »

Puis, Qutayba marcha contre Wardān Khudhāh, le roi de Boukhara, qui lui opposa une vive résistance, si bien que Qutayba ne le vainquit pas. Il se replia alors sur Marw. Al-Ḥajjāj lui envoya ensuite une lettre dans laquelle il le réprimandait pour sa retraite et l’ordonnait d’expédier une représentation (image) de cette ville. Qutayba s’exécuta. Après quoi, al-Ḥajjāj lui enjoignit de revenir sur ses pas, de se repentir devant Dieu de sa faute et de se rendre par tel itinéraire pour de nouveau affronter Wardān Khudhāh, lui recommandant d’éviter toute pusillanimité et de lui laisser la gestion des « détails du chemin » (6).

Au cours de cette même année, al-Walīd ibn ʿAbd al-Malik nomma Khālid ibn ʿAbd Allāh al-Qasrī gouverneur de La Mecque. Par ordre d’al-Walīd, celui-ci y fit creuser un puits près du col de Ṭuway et de celui d’al-Ḥajūn, dont l’eau, douce et agréable, servit aux habitants.

Al-Wāqidī rapporta : « ʿUmar ibn Ṣāliḥ m’informa, d’après Nāfiʿ, affranchi des Banū Makhzūm, qu’il avait entendu Khālid ibn ʿAbd Allāh al-Qasrī déclarer, tandis qu’il prêchait depuis la tribune de La Mecque : “Ô gens ! Lequel vous paraît plus grand : que l’on confie à un homme le soin de diriger sa propre famille, ou bien qu’on dépêche auprès d’eux un simple messager ? Par Dieu, si vous ne mesuriez l’importance du calife qu’à travers l’exemple d’Ibrāhīm, l’ami du Miséricordieux, lorsqu’il lui demanda de l’eau et qu’il ne reçut qu’une eau saumâtre et salée, et lorsqu’il demanda…””

(1) Je n’ai pas trouvé de traduction à son sujet dans les sources dont je dispose. (2) Entre les parenthèses, une addition d'un ṭ. (3) Dans A : قرمولية (Qarmūliyya) ; c’est une erreur, et la nouvelle se trouve chez al-Ṭabarī (6/439) et Ibn al-Athīr (4/535). (4) Chez al-Ṭabarī et Ibn al-Athīr : خرقة السفلى (Kharqānah al-Suflā). Kharqān (avec un fatha sur la première lettre, et tashdīd suivi d’un fatha sur la seconde, terminé par un qāf puis un nūn) : une ville près de Tabriz en Azerbaïdjan. Voir Muʿjam al-Buldān (2/360). (5) Le vers chez al-Ṭabarī (6/439). (6) Le texte du livre d’al-Ḥajjāj chez al-Ṭabarī (6/440) et Ibn al-Athīr (4/535-536).
على المدينة، وهو الذي ضرب سعيد بن المسيِّب كما تقدم، ثم قدم دمشق فمات بها، وهو أول من أحدث دراسة القرآن بجامع دمشق في السَّبْع. عمير بن حكيم (١) ، العنسي الشامي، له رواية، ولم يكن أحد في الشام يستطيع أن يعيب الحجَّاج علانية إلا هو وابن مُحيريز أبو الأبيض، قتل في غزوة طوانة من بلاد الروم في هذه السنة] (٢) . [ثم دخلت سنة تسع وثمانين] فيها غزا مسلمة بن عبد الملك وابن أخيه العباس بلاد الروم فقتلا خلقًا كثيرًا وفتحا حصونًا كثيرة، منها حصن سورية وعمورية وهرقلة وقمودية (٣) . وغنما شيئًا كثيرًا وأسرا جمًا غفيرًا. وفيها غزا قتيبة بن مسلم بلاد الصغد ونَسَف وكِشْ، وقد لقيه هنالك خلق من الأتراك فظفر بهم فقتلهم، وسار إلى بخارى فلقيه دونها خلق كثير من الترك فقاتلهم يومين وليلتين عند مكان يقال له خَرَّقان (٤) ، وظهر بهم فقال في ذلك نهار بن توسعة: وباتتْ لهم منّا بِخَرقانَ لَيْلةٌ … ولَيَلتُنا كانتْ بِخَرقانَ أطْولا (٥) ثم قصد قتيبة وردان خُذاه ملك بخارى فقاتله وردان قتالًا شديدًا فلم يظفر به قتيبة، فرجع عنه إلى مرو، فجاءه كتاب الحجاج يعنفه على الفرار والنكول عن العدو، وكتب إليه أن يبعث بصورة هذا البلد فبعث إليه بصورتها فكتب إليه أن ارجع إليها وتب إلى اللّه من ذنبك وائتها من مكان كذا وكذا، ورِدْ وردان خذاه، وإياك والتحويط، ودعني وبُنيَّات الطريق (٦) . وفي هذه السنة ولى الوليد بن عبد الملك إمرة مكة لخالد بن عبد اللّه القَسْري، فحفر بئرًا بأمر الوليد عند ثنيّة. طُوى وثنيّة الحجون، فجاءت عذبة طيبة ماؤها، وكان يستقي منها الناس. وروى الواقدي: حدثني عمر بن صالح، عن نافع مولى بني مخزوم. قال: سمعت خالد بن عبد اللّه القسري يقول على منبر مكة وهو يخطب الناس: أيها الناس! أيهما أعظم عندكم خليفة الرجل على أهله أم رسوله إليهم؟ واللّه لو لم تعلموا فضل الخليفة إلا أن إبراهيم خليل الرحمن استسقاه فسقاه ملحًا أجاجًا، واستسقى
(١) لم أجد له ترجمة فيما لدي من مصادر. (٢) ما بين معكوفين زيادة من ط. (٣) في أ: قمولية؛ خطأ، والخبر في الطبري (٦/ ٤٣٩) وابن الأثير (٤/ ٥٣٥). (٤) في الطبري وابن الأثير: خرقانة السفلى. وخرقان: بفتح أوله، وتشديد ثانيه وفتحه، وقاف في آخره نون: مدينة قرب تبريز بأذربيجان. معجم البلدان (٢/ ٣٦٠). (٥) البيت في الطبري (٦/ ٤٣٩). (٦) نص كتاب الحجاج في الطبري (٦/ ٤٤٠) وابن الأثير (٤/ ٥٣٥ - ٥٣٦).

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