Il fut ainsi permis que ces fonds fussent distribués aux soldats, de sorte qu’ils purent acquérir des biens et se renforcer pour combattre leurs ennemis. Chacun se retrouva détenteur d’une grande fortune. Ils se procurèrent également des armes, de l’équipement et de nombreux chevaux, ce qui leur conféra une puissance considérable, louange et gratitude à Dieu pour cette grâce.
Cette même année, le pèlerinage fut accompli sous la direction de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz, gouverneur (naʾib) de Médine. Son juge (qâdî) dans cette ville était Abû Bakr ibn Muḥammad ibn ʿAmr ibn Ḥazm. Sur l’Irak et l’Orient tout entier régnait al-Ḥajjâj ibn Yûsuf al-Thaqafî. Son adjoint à Baṣra était al-Jarrâḥ ibn ʿAbd Allâh al-Ḥakamî, et son juge dans cette cité se nommait ʿAbd Allâh ibn Adhîna. Celui qui dirigeait le volet militaire à Kûfa était Ziyâd ibn Jarîr ibn ʿAbd Allâh al-Bajalî, et son juge là-bas Abû Bakr ibn Abî Mûsâ al-Ashʿarî. Quant au gouverneur du Khurâsân et de ses provinces, il s’agissait de Qutayba ibn Muslim.
Au cours de cette même année, s’éteignit ʿUtba ibn ʿAbd al-Sulamî (1), un éminent Compagnon qui s’était établi à Ḥimṣ (Homs). On rapporte qu’il participa à l’épisode des Banû Qurayẓa. Selon al-ʿIrbâḍ, il disait : « Il est meilleur que moi, il s’est converti un an avant moi. » Al-Wâqidî et d’autres affirmèrent qu’il mourut cette année-là, tandis que certains situent son décès après l’an quatre-vingt-dix, et Dieu sait mieux.
Abû Saʿîd ibn al-Aʿrâbî a dit : « ʿUtba ibn ʿAbd al-Sulamî était l’un des Ahl al-Ṣuffa (les Gens du banc). » Baqiyya rapporta, d’après Bujayr ibn Saʿd, d’après Khâlid ibn Maʿdân, d’après ʿUtba ibn ʿAbd al-Sulamî, que le Prophète (que Dieu lui accorde bénédiction et paix) a dit : « Si un homme était traîné sur son visage, du jour de sa naissance jusqu’à ce qu’il meure dans sa vieillesse, pour la satisfaction de Dieu, il considérerait encore que cela est bien minime au Jour de la Résurrection » (2). Ismâʿîl ibn ʿAyâsh transmit, d’après ʿUqayl ibn Mudrik, d’après Luqmân ibn ʿÂmir, que ʿUtba ibn ʿAbd al-Sulamî dit : « Je me suis plaint de ma nudité au Messager de Dieu (que Dieu lui accorde bénédiction et paix), et il me vêtit de deux pièces d’étoffe grossière. Puis je me vis devenir le Compagnon le mieux vêtu (3). »
Al-Miqdâm ibn Maʿdî Karib (4), un autre éminent Compagnon, s’établit lui aussi à Ḥimṣ. Il a transmis plusieurs hadiths, dont nombre de Successeurs (tâbiʿîn) ont été les rapporteurs.