Et c’est lui qui a dit :
« En vérité, je veille sur l’hôte, même si je suis épuisé,
lorsque l’avare qui partage le repas baisse son rideau (1).
Il a appelé, de nombreux chiens lui ont répondu,
confiants dans le fait que j’agirais comme promis.
Et rien de mon héritage ancien que mon âme possède
ne reste hors de portée de mon invité,
si ce n’est que l’on préserve la dignité des épouses. » (2)
Mouṭarrif ibn ʿAbd Allāh ibn ash-Shakhkhīr (3) était l’un des grands Tâbiʿīn. Il était compagnon de ʿImrān ibn Ḥuṣayn et sa prière était exaucée. Il disait : « Personne n’a reçu un don plus précieux que la raison » (4), et l’intelligence des gens est proportionnelle à leur époque. Il disait aussi : « Lorsque le for intérieur du serviteur est en harmonie avec ce qu’il montre extérieurement, Dieu déclare : “Voilà vraiment Mon serviteur.” » Il recommandait en outre : « Si vous rendez visite à un malade et que vous le puissiez, demandez-lui de prier pour vous. En effet, il a été “réveillé” — c’est-à-dire qu’il a été tiré de son insouciance grâce à sa maladie — et sa prière est exaucée grâce à l’humilité et à la sensibilité de son cœur. » Il disait enfin : « Il n’est rien de plus répréhensible que de rechercher les biens de ce monde par l’œuvre de l’au-delà » (5).
[Le califat d’al-Walīd ibn ʿAbd al-Malik, bâtisseur de la Grande Mosquée de Damas]
Lorsqu’il revint de l’enterrement de son père, en dehors de la porte de al-Jābiyah aṣ-Ṣaghīr — c’était un jeudi, quoique certains disent vendredi, à la mi-shawwāl de cette année-là — il n’entra pas chez lui avant d’être monté sur la chaire de la grande mosquée de Damas. Il s’adressa alors au peuple, et voici une partie de ce qu’il leur déclara : « En vérité, nous appartenons à Dieu et c’est vers Lui que nous retournons. Nous demandons l’assistance de Dieu pour nous aider dans l’épreuve que représente la mort du Commandeur des Croyants, et nous Le louons pour la grâce qu’Il nous a accordée en nous donnant le califat. Levez-vous donc et prêtez serment d’allégeance. »
Le premier qui se leva vers lui fut ʿAbd Allāh ibn Hammām as-Salūlī, qui s’écria :
« Dieu t’a accordé le plus haut rang,
tandis que les impies voulaient t’en priver.
Mais Dieu ne fait que le conduire jusqu’à toi ;
et voilà qu’ils t’en ont passé le collier autour du cou. » (6)