Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’idée principale est que Pharaon chercha par tous les moyens à empêcher l’existence de Moïse. Il alla jusqu’à dépêcher des hommes et des sages-femmes auprès des femmes enceintes, les chargeant de noter la date à laquelle elles devaient accoucher, de sorte que, dès qu’une femme mettait au monde un garçon, ces exécuteurs le tuaient immédiatement.

Selon les Gens du Livre, il aurait ordonné de tuer les garçons pour affaiblir la force des Enfants d’Israël, afin que ceux-ci ne puissent pas leur résister s’ils les affrontaient ou les combattaient. Cette explication est toutefois sujette à caution, voire erronée, car elle concerne plutôt l’ordre de tuer les garçons après la mission de Moïse, ainsi que l’indique la parole du Très-Haut : « Puis, lorsqu’il leur vint avec la Vérité de Notre part, ils dirent : “Tuez les fils de ceux qui ont cru avec lui et laissez en vie leurs femmes” » (Ghafir, 25). C’est pourquoi les Enfants d’Israël dirent à Moïse : « Nous avons souffert avant que tu ne viennes à nous et après que tu sois venu » (al-A‘râf, 129). La vérité est donc que Pharaon ordonna d’abord de tuer les garçons par crainte de voir naître Moïse, comme nous l’avons rappelé.

Mais voici ce que dit le Destin : « Ô toi, roi tyrannique, fier de la multitude de tes soldats, de ta force redoutable et de l’immensité de ton pouvoir ! Sache que l’Infiniment Grand, Celui dont nul ne peut vaincre la Décision ni s’opposer aux Décrets, a décidé que cet enfant que tu redoutes, et pour lequel tu as fait un nombre incalculable de victimes, ne serait élevé que dans ton propre palais, sur ton propre lit. Il ne se nourrira que de ta nourriture, de tes breuvages, et il grandira chez toi, sous ton toit. C’est toi qui l’adopteras et l’élèveras sans jamais t’apercevoir de sa véritable nature. Pourtant, ta ruine, ici-bas et dans l’au-delà, surviendra par sa main, pour avoir rejeté ce qu’il t’apportait de la vérité évidente, et pour avoir démenti la révélation qui lui fut accordée. Ainsi sauras-tu, comme tous les hommes, que le Seigneur des cieux et de la terre est Celui qui agit comme Il le veut, qu’Il est le Puissant, le Fort, Celui dont la force et la volonté ne peuvent être mises en échec. »

Plusieurs exégètes rapportent que les Égyptiens (Coptes) se plaignirent auprès de Pharaon de la diminution des Enfants d’Israël, du fait qu’on tuait leurs fils. Ils craignaient que, lorsqu’il ne resterait plus de personnes âgées pour accomplir les tâches, ils ne soient eux-mêmes contraints de les assumer. C’est pourquoi Pharaon ordonna de tuer les garçons une année et de les épargner l’année suivante. D’après ces récits, Aaron (que la paix soit sur lui) naquit l’année où l’on épargnait les garçons, tandis que Moïse (que la paix soit sur lui) naquit l’année où on les tuait. La mère de Moïse en fut extrêmement inquiète et cacha sa grossesse depuis le début, tant et si bien que les signes d’une maternité imminente ne se voyaient pas sur elle. Lorsqu’elle accoucha, elle reçut l’inspiration de lui confectionner un coffret, qu’elle attacha à une corde dans sa maison, contiguë au Nil. Elle l’allaitait discrètement ; si elle craignait d’être découverte, elle mettait l’enfant dans le coffret, le confiait aux flots tout en retenant la corde, puis le ramenait aussitôt le danger écarté.

Le Très-Haut dit : « Et Nous inspirâmes à la mère de Moïse : “Allaite-le ; si tu redoutes pour lui, jette-le alors dans le fleuve et ne crains rien, ni ne t’afflige, car Nous te le rendrons et ferons de lui l’un de Nos messagers. Puis la famille de Pharaon le recueillit, pour qu’il leur devînt source d’ennui et de chagrin. Pharaon et Hâmân…” » (al-Qasas, 7-8).

(1) De son propos : « et auprès des gens du Livre » … jusqu’ici, c’est un ajout des manuscrits B et Ṭ. Quant à son propos : « comme nous l’avons précédemment mentionné », il n’est pas dans Ṭ. (2) C’est-à-dire qu’il le dépasse pour atteindre un autre et tue cet autre tout en étant empêché d’atteindre le premier. Ibn Manẓūr a dit : « at-taʿaddī » (la transgression) signifie dépasser quelque chose pour en atteindre un autre. Al-Lisān (adā). (3) C’est ainsi dans B, et dans A et Ṭ : « et il craignait ». (4) Makhāyīl al-Ḥibl : ses signes et ses indications. (5) Dans B : « je l’ai extrait ».
والمقصودُ أن فرعون احترز كُلَّ الاحتراز أن لا يوجدَ موسى، حتى جعل رجالًا وقوابلَ يدورون على الحبالى، ويَعلمون ميقات وضعهن، فلا تلد امرأةٌ ذكرًا إلا ذبحه أولئك الذبَّاحون من ساعته. وعند أهل الكتاب: أنَّه إنَّما كان يأمر بقتل الغلمان ليُضعف شوكةَ بني إسرائيلَ فلا يقاومونهم إذا غالبوهم أو قاتلوهم. وهذا فيه نظرٌ، بل هو باطلٌ، وإنّما هذا في الأمر بقتل الولدان بعد بعثة موسى، كما قال تعالى: ﴿فَلَمَّا جَاءَهُمْ بِالْحَقِّ مِنْ عِنْدِنَا قَالُوا اقْتُلُوا أَبْنَاءَ الَّذِينَ آمَنُوا مَعَهُ وَاسْتَحْيُوا نِسَاءَهُمْ﴾ [غافر: ٢٥] ولهذا قالت بنو إسرائيل لموسى: ﴿أُوذِينَا مِنْ قَبْلِ أَنْ تَأْتِيَنَا وَمِنْ بَعْدِ مَا جِئْتَنَا﴾ [الأعراف: ١٢٩] ، فالصّحيح أن فرعون إنّما أمر بقتل الغلمان أولًا حذرًا من وجود موسى -كما قدمناه- (١) . هذا والقدر يقول: يا أيّها ذا الملكُ الجبّار المغرور بكثرة جنوده، وسلطة بأسه، واتِّساع سلطانه، قد حكم العظيم الذي لا يغالَب، ولا يمانَع، ولا تخالَف أقدارُه، أنّ هذا المولود الذي تحترز منه، وقد قتلت بسببه من النفوس ما لا يُعَدُّ ولا يُحْصى، لا يكون مرباه إلا في دارك وعلى فراشك، ولا يغذّى إلّا بطعامك، وشرابك في منزلك، وأنت الذي تتبنّاه، وتربيه، وتتعداه (٢) ، ولا تطَّلع على سرِّ معناه، ثم يكون هلاكُك في دنياك وأخراك على يديه، لمخالفتك ما جاءك به من الحقِّ المبين، وتكذيبك ما أُوحيَ إليه لتعلم أنت وسائر الخلق أن ربَّ السماوات والأرض هو الفعَّال لما يريدُ، وأنّه هو القويُّ الشديد، ذو البأس العظيم، والحول، والقوّة، والمشيئة التي لا مردّ لها. وقد ذكر غيرُ واحدٍ من المفسّرين أن القِبْط شكوا إلى فرعون قِلّة بني إسرائيل بسبب قتل ولدانهم الذكور، وخشوا (٣) أن تتفانى الكبار مع قتل الصِّغار، فيصيرون هم الذين يلُون ما كان بنو إسرائيل يعالجون، فأمر فرعونُ بقتل الأبناء عامًا وأن يُتركوا عامًا، فذكروا أن هارون (عليه السلام) ولد في عام المسامحة عن قتل الأبناء، وأن موسى (عليه السلام) ولد في عام قتلِهم، فضاقت أمُّه به ذَرْعًا، واحترزت من أوّل ما حَبِلت، ولم يكن يظهر عليها مخاييل الحبل (٤) ، فلما وضعت أُلهمت أنِ اتخذتْ له تابوتًا، فربطته في حبلٍ، وكانت دارها متاخمة للنيل، فكانت ترضعه؛ فإذا خشيت من أحدٍ وضعته في ذلك التابوت، وأرسلته في البحر، وأمسكت طرف الحبل عندها، فإذا ذهبوا استرجعته (٥) إليها به. قال الله تعالى: ﴿وَأَوْحَيْنَا إِلَى أُمِّ مُوسَى أَنْ أَرْضِعِيهِ فَإِذَا خِفْتِ عَلَيْهِ فَأَلْقِيهِ فِي الْيَمِّ وَلَا تَخَافِي وَلَا تَحْزَنِي إِنَّا رَادُّوهُ إِلَيْكِ وَجَاعِلُوهُ مِنَ الْمُرْسَلِينَ (٧) فَالْتَقَطَهُ آلُ فِرْعَوْنَ لِيَكُونَ لَهُمْ عَدُوًّا وَحَزَنًا إِنَّ فِرْعَوْنَ وَهَامَانَ
(١) من قوله: وعند أهل الكتاب … إلى هنا زيادة من ب وط، وقوله: كما قدمناه. ليس في ط. (٢) أي تتجاوزه إلى غيره فتقتل غيره وتُمنع منه. قال ابن منظور: التَّعدِّي مجاوزة الشيء إلى غيره. اللسان (عدا). (٣) كذا في ب، وفي أ وط: وخشي. (٤) مخاييل الحبَل: علاماته ودلائله. (٥) في ب: استخرجته.

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