Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abou al-Toufayl a dit : « On prépara un lieu à ‘Abd al-Malik, où il fut intronisé (1). On y avait déjà construit une coupole avant cela. Lorsque ‘Abd al-Malik y pénétra, il déclara : “C’est un acte qu’Ibn Ḥantama (2) al-Aḥwazī — autrement dit ‘Oumar ibn al-Khaṭṭâb — considérait comme interdit.” On rapporte également que lorsqu’il posa le Coran (muṣḥaf) sur ses genoux, il dit : “C’est là notre dernier contact.” »

[‘Abd al-Malik ne reculait pas devant l’effusion de sang. Il était ferme, avisé et perspicace dans la gestion des affaires de ce monde, et n’en laissait la responsabilité à personne d’autre. Sa mère était ‘Â’isha bint Mu‘âwiya ibn al-Mughîra ibn Abî al-‘Âṣ. Quant à son grand-père, Mu‘âwiya, c’est lui qui mutila le nez de Ḥamza, oncle du Prophète ﷺ, lors de la bataille d’Uḥud] (3).

Sa‘îd ibn ‘Abd al-‘Azîz a rapporté : « Lorsque ‘Abd al-Malik partit en Irak pour combattre Muṣ‘ab ibn al-Zubayr, il était accompagné de Yazîd ibn al-Aswad al-Jarashî. Quand ils se retrouvèrent face à l’armée adverse, il pria en disant : “Ô Dieu, sépare ces deux montagnes et accorde le pouvoir à celui que Tu aimes le plus.” Nous avons déjà évoqué comment il tua Muṣ‘ab, comment il entra à Koufa et déposa la tête de Muṣ‘ab devant lui, alors même que ce dernier faisait partie de ceux qui lui étaient les plus chers et les plus aimés. »

Sa‘îd ibn ‘Abd al-‘Azîz a également rapporté : « Quand ‘Abd al-Malik fut reconnu calife, ‘Abd Allâh ibn ‘Oumar ibn al-Khaṭṭâb lui écrivit : “Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De la part de ‘Abd Allâh ibn ‘Oumar, à ‘Abd al-Malik, commandeur des croyants. Que la paix soit sur toi. Je loue Dieu auprès de toi, Lui en dehors de qui nul n’est digne d’adoration. Ensuite, sache que tu es un berger et que tout berger est responsable de son troupeau : ‘Dieu ! Il n’y a de divinité que Lui. Il vous réunira au Jour de la Résurrection — nul doute à ce sujet. Et qui est plus véridique que Dieu en parole ?’ (87) [Coran 4 : 87]. Nul n’est plus véridique que Lui. Paix.” Puis il l’envoya avec un messager du nom de Salâm. Les gens de la cour furent contrariés de voir que ‘Abd Allâh ibn ‘Oumar avait fait précéder son propre nom à celui du commandeur des croyants, mais en consultant d’anciennes lettres qu’il avait écrites à Mu‘âwiya, ils constatèrent qu’il procédait déjà ainsi ; ils le tolérèrent donc (4). »

Al-Wâqidî a dit : « Ibn Abî Sabra (5) m’a rapporté, d’après Abû Mûsâ al-Ḥannâṭ, d’après Ibn Ka‘b, qu’il avait entendu ‘Abd al-Malik ibn Marwân déclarer : “Ô gens de Médine, je suis celui qui a la meilleure légitimité pour m’en tenir à la première situation (l’ordre ancien). Des récits nous sont parvenus depuis l’Orient, que nous ne connaissons pas ; de tout cela, nous ne reconnaissons que la récitation du Coran. Conformez-vous donc à ce qui se trouve dans votre exemplaire du Coran, celui auquel vous a unifiés l’imâm opprimé (6). Tenez-vous-en aux obligations auxquelles vous a rassemblés votre imâm opprimé (– qu'Allah lui fasse miséricorde –), car il avait consulté Zayd ibn Thâbit — et quel excellent conseiller pour l’islam (– qu'Allah lui fasse miséricorde –) ! —, et ils ont tous deux confirmé ce qui devait l’être et écarté ce qui n’entrait pas dans leurs critères (7).” »

Ibn Jurayj a rapporté d’après son père : « ‘Abd al-Malik vint accomplir le pèlerinage chez nous en l’an 75 de l’Hégire, soit deux ans après le meurtre d’Ibn al-Zubayr. »

(1) Dans l’édition : « Il s’y est étendu », et ce que nous avons établi dans le Muwaṭṭaʾ et dans l’Histoire de Damas (37/130). (2) Ḥantamah - Umm ʿUmar, fille de Hāshim ibn al-Mughīrah ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUmar ibn Mukhzūm. (3) Entre parenthèses, ajout dans l’édition. (4) Histoire de Damas (37/132) ; dans al-Adab al-Mufrad n° (1119) avec une chaîne de transmission authentique qu’il commença au nom d’Abd al-Malik, ainsi que le n° (1124) avec une chaîne authentique indiquant qu’il commença au nom de Muʿāwiya. Dans Ṣaḥīḥ al-Bukhārī (7205) dans les jugements (al-Aḥkām), il est écrit que l’on lui adressa : « À ʿAbd Allāh ʿAbd al-Malik, Commandeur des croyants », sans qu’il ne mentionne son nom dans le document, l’interprétation étant : « De la part du fils d’ʿUmar à ʿAbd al-Malik ». (5) Dans l’édition : « Maysarah » ; une altération. (6) Dans l’édition : « Ḥamalakum », ce que nous avons confirmé dans le Muwaṭṭaʾ, concordant avec ce qui figure dans al-Ṭabaqāt al-Kubrá et l’Histoire de Damas. (7) Le récit dans son texte dans al-Ṭabaqāt al-Kubrá (5/233) et l’Histoire de Damas (37/135).
وقال أبو الطفيل: صنع لعبد الملك مجلس بويع في (١) ، وقد كان بني له فيه قبة قبل ذلك، فدخله وقال: لقد كان ابن حَنْتَمة (٢) الأحوزي - يعني عمر بن الخطاب - يرى أن هذا عليه حرام، وقيل إنه لما وضع المصحف من حجره قال: هذا آخر العهد منك. [وكان عبد الملك له إقدام على سفك الدماء، وكان حازمًا فهما فطنًا سائسًا لأمور الدنيا، لا يكل أمر دنياه إلى غيره، وأمه عائشة بنت معاوية بن المغيرة بن أبي العاص، وأبوها معاوية هو الذي جدع أنف حمزة عم النبي ﷺ يوم أُحد] (٣) . وقال سعيد بن عبد العزيز: لما خرج عبد الملك إلى العراق لقتال مصعب بن الزبير خرج معه يزيد بن الأسود الجرشي، فلما التقوا قال: اللهم احجز بين هذين الجبلين وولِّ الأمر أحبهما إليك. وقد ذكرنا كيفية قتله مصعبًا ودخوله الكوفة، ووضعه رأس مصعب بين يديه، وقد كان من أعز الناس عليه وأحبهم إليه. وقال سعيد بن عبد العزيز: لما بويع لعبد الملك بالخلافة كتب إليه عبد اللّه بن عمر بن الخطاب: بسم اللّه الرحمن الرحيم، من عبد اللّه بن عمر إلى عبد الملك أمير المؤمنين! سلام عليك فإني أحمد إليك اللّه الذي لا إله إلا هو، أما بعد فإنك راع وكل راع مسؤول عن رعيته ﴿اللَّهُ لَا إِلَهَ إِلَّا هُوَ لَيَجْمَعَنَّكُمْ إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ لَا رَيْبَ فِيهِ وَمَنْ أَصْدَقُ مِنَ اللَّهِ حَدِيثًا (٨٧) ﴾ [النساء: ٨٧] لا أحد، والسلام. وبعث به مع سلام، فوجدوا عليه إذ قدَّم اسمه على اسم أمير المؤمنين، ثم نظروا في كتبه إلى معاوية فوجدوها كذلك، فاحتملوا ذلك منه (٤) . وقال الواقدي: حدثني ابن أبي سَبْرَة (٥) ، عن أبي موسى الحنّاط، عن ابن كعب قال: سمعت عبد الملك بن مروان يقول: يا أهل المدينة أنا أحق الناس أن يلزم الأمر الأول، وقد سالت علينا أحاديث من قِبَل هذا المشرق ولا نعرفها ولا نعرف منها إلا قراءة القرآن، فالزموا ما في مصحفكم الذي جمعكم (٦) عليه الإمام المظلوم، وعليكم بالفرائض التي جمعكم عليها إمامكم المظلوم (رحمه الله) ، فإنه قد استشار في ذلك زيد بن ثابت ونعم المشير كان للإسلام (رحمه الله) ، فأحكما ما أحكما وأسقطا ما شذ عنهما (٧) . وقال ابن جريج عن أبيه: حجَّ علينا عبد الملك سنة خمس وسبعين بعد مقتل ابن الزبير بعامين،
(١) في ط: "توسع فيه"، وما أثبتناه من م وتاريخ دمشق (٣٧/ ١٣٠). (٢) حنتمة - أم عمر ﵁ وهي بنت هاشم بن المغيرة بن عبد اللّه بن عمر بن مخزوم. (٣) ما بين معكوفين زيادة من ط. (٤) تاريخ دمشق (٣٧/ ١٣٢) وفي الأدب المفرد رقم (١١١٩) بإسناد صحيح أنه بدأ باسم عبد الملك وكذلك رقم (١١٢٤) بإسناد صحيح أنه بدأ باسم معاوية. وجاء في صحيح البخاري (٧٢٠٥) في الأحكام أنه كتب إليه: "إلى عبد اللّه عبد الملك أمير المؤمنين، ولم يسم نفسه في الكتاب، فيكون تقديره: "من ابن عمر إلى عبد الملك". (٥) في ط: ميسرة؛ تحريف. (٦) في ط: "حملكم"، وما أثبتناه من م وهو الموافق لما في الطبقات الكبرى وتاريخ دمشق. (٧) الخبر بنصه في الطبقات الكبرى (٥/ ٢٣٣) وتاريخ دمشق (٣٧/ ١٣٥).

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