Le Commandeur des croyants, ‘Abd al-Malik ibn Marwān (1), père des califes, se nomme ‘Abd al-Malik ibn Marwān ibn al-Ḥakam ibn Abī al-‘Āṣ ibn Umayya, Abū al-Walīd al-Umayyade, Commandeur des croyants. Sa mère est ‘Ā’isha bint Mu‘āwiya ibn al-Mughīra ibn Abī al-‘Āṣ ibn Umayya.
Il fréquenta ‘Uthmān ibn ‘Affān et fut témoin de ce qui se déroula dans la maison, en compagnie de son père, alors qu’il avait dix ans. Il fut le premier à faire marcher les gens vers les territoires romains en l’an quarante-deux. À seize ans, il devint gouverneur des habitants de Médine, charge que lui confia Mu‘āwiya (2). Il se mêlait aux juristes, aux savants, aux hommes pieux et aux dévots.
Il rapporta (des hadiths) de son père, de Jābir, d’Abū Sa‘īd al-Khudrī, d’Abū Hurayra, d’Ibn ‘Umar, de Mu‘āwiya, d’Umm Salama et de Barīra, l’affranchie de ‘Ā’isha. Un groupe transmit également de lui, parmi lesquels Khālid ibn Ma‘dān, ‘Urwa, al-Zuhrī, ‘Amr ibn al-Ḥārith, Rajā’ ibn Ḥaywa et Ḥarīz ibn ‘Uthmān.
Il est rapporté de Muḥammad ibn Sīrīn que son père l’avait nommé al-Qāsim et qu’il portait le surnom Abū al-Qāsim. Lorsqu’il apprit l’interdiction de se faire appeler Abū al-Qāsim, il changea son nom pour ‘Abd al-Malik. Ibn Abī Khaythama et Muṣ‘ab al-Zubayrī rapportèrent qu’il fut le premier à porter le nom ‘Abd al-Malik dans l’islam, tout comme le premier à porter le nom Aḥmad fut le père de Khalīl ibn Aḥmad al-‘Arūḍī. On lui prêta serment d’allégeance (bay‘a) pour le califat en l’an soixante-cinq, du vivant de son père, pendant le califat d’Ibn al-Zubayr. Il exerça pleinement le califat sur l’ensemble des pays et des provinces après que fut tué Ibn al-Zubayr, en l’an soixante-treize, et cela se poursuivit jusqu’à l’année mentionnée.
Lui et Yazīd ibn Mu‘āwiya naquirent tous deux en l’an vingt-six. Avant de devenir calife, ‘Abd al-Malik faisait partie des adorateurs ascètes, grands connaisseurs du fiqh, assidus à la mosquée et fervents lecteurs du Coran (3). Il était de taille moyenne, légèrement plus proche de la petite stature, et ses dents étaient reliées par de l’or. Il avait la bouche large et parfois, lorsqu’il n’y prêtait pas attention, elle s’ouvrait de sorte que les mouches y entraient ; c’est pourquoi on l’appelait Abū al-Dhubāb (4). Il avait la peau blanche, de stature moyenne, ni maigre ni corpulent, avec des sourcils joints, des yeux clairs et grands, un nez proéminent, le visage fin, la tête et la barbe blancs, et un beau visage. On rapporte qu’il ne se teignit pas les cheveux, puis qu’il le fit plus tard.
Nāfi‘ a dit : « J’ai vu Médine et il n’y avait pas un seul jeune homme plus zélé, plus versé dans la jurisprudence ni plus assidu dans la récitation du Livre de Dieu que ‘Abd al-Malik ibn Marwān. »