Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Un jour, on se présenta devant ‘Abd al-Malik ibn Marwān en présence d’al-Ḥakam ibn Abī al-‘Āṣ pour se plaindre du fait que son fils al-Walīd traitait avec mépris son frère ‘Abd Allāh ibn Yazīd. Alors ‘Abd al-Malik cita : « En vérité, lorsque les rois s’emparent d’une cité, ils la corrompent et font des plus puissants de ses habitants les plus humbles. » (an-Naml, 27:34). Khalid répliqua : « Et lorsque Nous voulons détruire une cité, Nous ordonnons à ses riches de s’y livrer au libertinage. Alors la Parole prononcée contre elle se réalise et Nous la détruisons totalement. (16) » (al-Isrā’, 17:16).

‘Abd al-Malik reprit : « Par Dieu, ton frère ‘Abd Allāh est venu me trouver et il ne sait pas éviter les fautes de langue. » Khalid rétorqua : « Al-Walīd non plus ne sait pas éviter les fautes. » ‘Abd al-Malik d’ajouter : « Mais son frère Sulaymān ne commet pas d’erreurs. » Khalid déclara alors : « Et moi, le frère de ‘Abd Allāh, je ne commets pas d’erreurs. » À ce moment, al-Walīd – qui était présent – s’adressa à Khalid ibn Yazīd en disant : « Tais-toi donc, car par Dieu tu ne comptes ni parmi ceux de la caravane (al-‘ayr) ni parmi ceux de l’armée (an-nafīr). » Khalid répliqua : « Écoute, Commandeur des Croyants ! » puis, se tournant vers al-Walīd : « Malheur à toi ! Qu’est-ce donc que “la caravane et l’armée” sinon mon grand-père Abū Sufyān, propriétaire de la caravane, et mon grand-père ‘Utbah ibn Rabī‘ah, chef de l’armée ? Mais si tu avais parlé de “quelques brebis, de petits enclos et de aṭ-Ṭā’if”, et avais dit “Dieu fasse miséricorde à ‘Uthmān”, nous aurions alors reconnu la justesse de tes propos. » (Il voulait dire par là que al-Ḥakam fut autrefois exilé à aṭ-Ṭā’if, gardant des brebis et se réfugiant dans une humble bâtisse jusqu’à ce que ‘Uthmān ibn ‘Affān lui offre asile lorsqu’il prit le pouvoir.) Al-Walīd et son père se turent, incapables de répondre. Dieu – qu’Il soit glorifié – est plus savant.

[Ensuite arriva l’an 86 (de l’Hégire).] Cette année-là, Qutayba ibn Muslim, gouverneur d’al-Ḥajjāj sur Marw et le Khurāsān, entreprit une campagne contre de nombreuses régions des terres turques et d’autres contrées de mécréants. Il y fit des prisonniers, s’empara de butin, conquit et reçut la remise de forteresses, de citadelles et de royaumes, avant de rentrer à sa base, précédant le gros de l’armée. Al-Ḥajjāj lui écrivit alors pour le blâmer de s’être ainsi avancé devant ses troupes au retour, en précisant : « Lorsque tu te rends en territoire ennemi, sois à la tête de l’armée. Mais lorsque tu rentres, sois à l’arrière- garde pour protéger tes hommes contre toute attaque de l’ennemi ou d’autres adversaires. » C’était là un avis judicieux, conforme à la Sunnah.

Au nombre des captifs figurait une femme de la lignée des Barmak (ancêtres de Khalid ibn Barmak). Qutayba l’offrit à son frère ‘Abd Allāh ibn Muslim, qui s’unit à elle et la rendit enceinte. Puis Qutayba accorda la grâce aux captifs et rendit cette femme à son époux, Barmak, alors qu’elle portait l’enfant de ‘Abd Allāh ibn Muslim. L’enfant demeura auprès d’eux jusqu’à leur conversion à l’islam ; ils se présentèrent ensuite à l’époque des Banū al-‘Abbās, comme il sera relaté.

Lorsque Qutayba revint au Khurāsān, le roi de aṣ-Ṣaghāniyān vint à sa rencontre en lui offrant de somptueux présents, dont une clef en or. Cela se produisit aussi cette même année.

(1) Hubayla - avec un ḍamma - : la vigne. Le dictionnaire (habl). (2) Barmak : il est l’ancêtre des Barmakides qui prirent le contrôle des affaires sous le calife Haroun al-Rachid abbasside, puis furent renversés. Il était le grand gardien de la maison du feu - le Noubahar - à Balkh, que les mages vénéraient. (3) Dans la version (ṭ) : Duhâqīn des Bulgares, ce qui est une erreur. La correction provient de al-Ṭabarī (6/424-425) ; le récit y est plus détaillé qu’ici, ainsi que d’Ibn al-Athīr (4/523) et de Tārīkh al-Islām (événements de l’année 81 - 100/ p. 25). (4) « Ma bayna maʿkūfayn » est un ajout propre à la version (ṭ).
دخل يومًا على عبد الملك بن مروان بحضرة الحكم بن أبي العاص، فشكا إليه أن ابنه الوليد يحتقر أخاه عبد اللّه بن يزيد، فقال عبد الملك: ﴿إِنَّ الْمُلُوكَ إِذَا دَخَلُوا قَرْيَةً أَفْسَدُوهَا وَجَعَلُوا أَعِزَّةَ أَهْلِهَا أَذِلَّةً﴾ [النمل: ٣٤] فقال له خالد: ﴿وَإِذَا أَرَدْنَا أَنْ نُهْلِكَ قَرْيَةً أَمَرْنَا مُتْرَفِيهَا فَفَسَقُوا فِيهَا فَحَقَّ عَلَيْهَا الْقَوْلُ فَدَمَّرْنَاهَا تَدْمِيرًا (١٦) ﴾ [الإسراء: ١٦] فقال عبد الملك: واللّه لقد دخل عليّ أخوك عبد اللّه فإذا هو لا يقيم اللَّحن، فقال خالد: والوليد لا يقيم اللَّحن، فقال عبد الملك: إن أخاه سليمان لا يلحن، فقال خالد: وأنا أخو عبد اللّه لا ألحن، فقال الوليد - وكان حاضرًا - لخالد بن يزيد: اسكت، فواللّه ما تُعدُّ في العير ولا في النفير، فقال خالد: اسمع يا أمير المؤمنين! ثم أقبل خالد على الوليد فقال: ويحك وما هو العير والنفير غير جدي أبي سفيان صاحب العير، وجدي عتبة بن ربيعة صاحب النفير، ولكن لو قلت غُنيمات وحُبيلات والطائف، ورحم اللّه عثمان، لقلنا صدقت - يعني أن الحكم كان منفيًا بالطائف يرعى غنمًا ويأوي إلى حُبيلة (١) الكرم حتى آواه عثمان بن عفان حين ولي - فسكت الوليد وأبوه ولم يحيرا جوابًا، واللّه سبحانه أعلم. [ثم دخلت سنة ست وثمانين] ففيها غزا قتيبة بن مسلم نائب الحجاج على مرو وخراسان، بلادًا كثيرة من أرض الترك وغيرهم من الكفار، وسبى وغنم وسلم وتسلَّم قلاعًا وحُصونًا وممالك، ثم قَفل فسبق الجيش، فكتب إليه الحجاج يلومه على ذلك ويقول له: إذا كنت قاصدًا بلاد العدو فكن في مقدمة الجيش، وإذا قفلت راجعًا فكن في ساقة جيشك - يعني لتكون ردءًا لهم من أن ينالهم أحد من العدو وغيرهم بكيد - وهذا رأي حسن وعليه جاءت السنة، وكان في جملة السبي امرأة برمك (٢) - والد خالد بن برمك - فأعطاها أخاه عبد اللّه بن مسلم فوطئها فحملت منه، ثم إن قتيبة منَّ على السبي وردت تلك المرأة على زوجها برمك وهي حبلى من عبد اللّه بن مسلم، وكان ولدها عندهم حتى أسلموا فقدموا معهم أيام بني العباس كما سيأتي. [ولما رجع قتيبة إلى خراسان تلقاه ملك الصغانيان (٣) بهدايا عظيمة، ومفتاح من ذهب] (٤) . وفيها كان
(١) حُبيلة - بالضم -: الكرمة. القاموس (حبل) (٢) برمك: هو جد البرامكة الذين استحوذوا على الأمور في عهد الخليفة هارون الرشيد العباسي، ثم نكب بهم، وكان هو كبير سدنة بيت النار - النوبهار - في بلخ، والذي تقدسه المجوس. (٣) في ط: دهاقين بلغار، وهذا خطأ، والتصحيح من الطبري (٦/ ٤٢٤ - ٤٢٥) والخبر فيه أوسع مما هنا، وابن الأثير (٤/ ٥٢٣) وتاريخ الإسلام (حوادث سنة ٨١ - ١٠٠/ ص ٢٥). (٤) ما بين معكوفين زيادة من ط.

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