Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibrâhîm (que la paix soit sur lui) savait qu’il naîtrait de sa descendance un garçon qui causerait la perte du roi d’Égypte. Et cela eut lieu—Dieu sait mieux—après ce qui arriva à Sâra, l’épouse du Bien-aimé (d’Allah), lorsque le roi d’Égypte voulut la contraindre au mal, mais qu’Allah la préserva. Cette annonce fut connue parmi les Enfants d’Israël, si bien que les Coptes en parlèrent entre eux, et la nouvelle parvint jusqu’à Pharaon. L’un de ses princes et de ses dignitaires (2) la lui rapporta alors qu’ils s’entretenaient ensemble. C’est ainsi qu’il ordonna de tuer les fils des Enfants d’Israël par crainte de voir apparaître ce garçon (car aucune précaution ne peut prévenir le destin) (3).

As-Suddî (4) rapporte, d’après Abou Sâlih et Abou Mâlik, d’après Ibn ‘Abbâs, ainsi que d’après Murra, Ibn Mas‘oud et plusieurs Compagnons, que Pharaon vit en songe comme si un feu était arrivé depuis la direction de Bayt al-Maqdis, embrasant les demeures d’Égypte et celles de tous les Coptes, sans nuire aux Enfants d’Israël. À son réveil, il fut effrayé et convoqua les devins, les augures (5) et les sorciers, pour les interroger sur ce songe. Ils lui dirent : « Un garçon naîtra parmi ces gens et causera la ruine du peuple d’Égypte. » C’est la raison pour laquelle il ordonna de tuer les garçons et d’épargner les filles.

C’est également ce dont parle Allah, Exalté soit-Il, lorsqu’Il dit : « Et Nous voulions accorder Notre bienfait à ceux qui étaient affaiblis sur la terre » (à savoir les Enfants d’Israël), « et Nous voulions en faire des chefs et faire d’eux les héritiers », c’est-à-dire ceux à qui reviendrait la royauté d’Égypte et de ses contrées ; « et Nous voulions les établir sur la terre, et faire voir à Pharaon, à Hâmân et à leurs armées ce qu’ils redoutaient ». Autrement dit, Nous ferons du faible un fort, de l’opprimé un dominateur et de l’humilié un être puissant.

Or, tout cela arriva effectivement aux Enfants d’Israël, comme Allah (Exalté soit-Il) l’indique : « Et Nous fîmes hériter aux gens qui avaient été opprimés les contrées orientales et occidentales de la terre que Nous avons bénies. Et la belle promesse de ton Seigneur s’accomplit pour les Enfants d’Israël, à cause de l’endurance dont ils firent preuve… » (Al-A‘râf, 137). Il dit aussi : « Nous les fîmes sortir de jardins et de sources (57), de trésors et d’une demeure noble (58). Ainsi en fut-il, et Nous fîmes qu’ils en héritèrent au profit des Enfants d’Israël » (Ach-Cho‘arâ’, 57-59). Le détail de cette histoire sera exposé en son lieu, si Dieu le veut.

(1) Dans B : la folie. (2) Sa gouvernance : le singulier est "Aswār", avec une prononciation à la fois en damma et kasra sur la hamza ; il désigne le chef, ou l'équivalent du prince chez les Arabes. La couronne. (3) Un passage d'un hadith qui est devenu proverbial, rapporté par Ahmad dans le Musnad (5/234) d'après Muʿādh ibn Jabal , formulé ainsi : « La prudence ne sert pas face au destin », cité avec cette expression par al-Haythamī dans Majmaʿ al-Zawāʾid (10/146) d'après Muʿādh. Il a dit : rapporté par Ahmad et al-Ṭabarānī, et Shuhar ibn Ḥawshab ne l'a pas entendu directement de Muʿādh ; la narration d'Ismāʿīl ibn ʿIyāsh d'après les gens du Ḥijāz est faible. Il a présenté une autre version de ce hadith d'après ʿĀʾisha , présente chez al-Bazzār avec une chaîne de transmission très faible, de même (7/209) d'après Abū Hurayra  ; elle se trouve aussi dans Kashf al-Astārs ʿan Zawāʾid al-Bazzār d'al-Haythamī (4/37), mentionnée par al-Sakhāwī dans al-Maqāṣid al-Ḥasanah p. 340, avec une chaîne de transmission très faible comprenant ʾIbrāhīm ibn Khuthaym, considéré comme abandoné (mauvais). Elle figure dans al-Amthāl d'Abū ʿUbayd p. 327, et Majmaʿ al-Amthāl d'al-Maydānī (2/237), où la formulation est : « La prudence ne sert pas face au destin ». (4) Il s’agit d’Ismāʿīl ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn Abī Karīmah al-Ḥijāzī puis al-Kūfī al-ʿAʿwar al-Suddī, Abū Muḥammad, l’un des mawālī de Quraysh, et l’un des grands imams exégètes. Il est mort en 127 de l’Hégire. Sa biographie se trouve dans Ṭabaqāt al-Mufassirīn d’ad-Dāwūdī (1/109). Son tafsīr est manuscrit et n’a pas encore été imprimé. La transmission rapportée par Ibn Kathīr est donnée de façon similaire par al-Ṭabarī dans son tafsīr (20/19) et dans son histoire (1/388). (5) Al-Ḥazzāʾah : pluriel de ḥazzāʾ, désignant celui qui observe les astres et leurs règles à partir de ses conjectures et estimations, parfois avec justesse. Dans al-Nihāyah : (ḥazzāʾ).
إبراهيم (عليه السلام) من أنّه سيخرج من ذريته غلام يكون هلاكُ ملك مِصْرَ على يديه، وذلك والله أعلم حين كان جرى على سارَة امرأة الخليل من ملك مصر من إرادتِهِ إيّاها على السوء (١) ، وعصمةِ الله لها. وكانت هذه البِشارة مشهورة في بني إسرائيل فتحدَّث بها القبط فيما بينهم، ووصلت إلى فرعون، فذكرها له بعض أُمرائه وأَساورته (٢) وهم يسمُرون عنده؛ فأمر عند ذلك بقتل أبناء بني إسرائيل حذرًا من وجود هذا الغلام، (ولَنْ يُغْني حَذَرٌ مِنْ قَدَر) (٣) . وذكر السُّدِّي (٤) ، عن أبي صالح وأبي مالك، عن ابن عَبَّاس، وعن مُرَّة، عن ابن مسعود، وعن أناس من الصحابة أن فرعون رأى في منامه كأنّ نارًا قد أقبلت من نحو بيت المَقْدس فأحرقت دور مصر وجميعَ القبط، ولم تضرَّ بني إسرائيل، فلما استيقظ هالَه ذلك، فجمع الكهنةَ والحَزَأَة (٥) والسَّحرة، وسألهم عن ذلك فقالوا: هذا غلامٌ يولد من هؤلاء يكون سببُ هلاكِ أهل مِصْرَ على يديه، فلهذا أمر بقتل الغلمان وترك النسوان، ولهذا قال الله تعالى: ﴿وَنُرِيدُ أَنْ نَمُنَّ عَلَى الَّذِينَ اسْتُضْعِفُوا فِي الْأَرْضِ﴾ وهم بنو إسرائيل، ﴿وَنَجْعَلَهُمْ أَئِمَّةً وَنَجْعَلَهُمُ الْوَارِثِينَ﴾ أي الذين يؤول ملك مِصْرَ وبلادها إليهم ﴿وَنُمَكِّنَ لَهُمْ فِي الْأَرْضِ وَنُرِيَ فِرْعَوْنَ وَهَامَانَ وَجُنُودَهُمَا مِنْهُمْ مَا كَانُوا يَحْذَرُونَ﴾ أي: سنجعل الضعيفَ قويًا، والمقهورَ قاهرًا، والذليلَ عزيزًا، وقد جرى هذا كلّه لبني إسرائيل كما قال تعالى: ﴿وَأَوْرَثْنَا الْقَوْمَ الَّذِينَ كَانُوا يُسْتَضْعَفُونَ مَشَارِقَ الْأَرْضِ وَمَغَارِبَهَا الَّتِي بَارَكْنَا فِيهَا وَتَمَّتْ كَلِمَتُ رَبِّكَ الْحُسْنَى عَلَى بَنِي إِسْرَائِيلَ بِمَا صَبَرُوا. . .﴾ [الأعراف: ١٣٧] . وقال تعالى: ﴿فَأَخْرَجْنَاهُمْ مِنْ جَنَّاتٍ وَعُيُونٍ (٥٧) وَكُنُوزٍ وَمَقَامٍ كَرِيمٍ (٥٨) كَذَلِكَ وَأَوْرَثْنَاهَا بَنِي إِسْرَائِيلَ﴾ [الشعراء: ٥٧ - ٥٩] ، وسيأتي تفصيل ذلك في موضعه إن شاء الله.
(١) في ب: السفه. (٢) أساورته: مفردها أسوار، بضم الهمزة وكسرها، وهو القائد، أو بمنزلة الأمير عند العرب. التاج. (٣) قطعة من حديث جرى مجرى المثل، رواه اْحمد في المسند (٥/ ٢٣٤) من حديث معاذ بن جبل ﵁ بلفظ: "لن ينفع حذر من قدر" وذكره بهذا اللفظ الهيثمي في مجمع الزوائد (١٠/ ١٤٦) من حديث معاذ وقال: رواه أحمد والطبراني، وشهر بن حوشب لم يسمع من معاذ، ورواية إسماعيل بن عيَّاش عن أهل الحجاز ضعيفة. وساق رواية أخرى له من حديث عائشة (عليه السلام) وهو عند البزار وإسناده ضعيف جدًا، وهو عنده بنحوه (٧/ ٢٠٩) من حديث أبي هريرة ﵁ ، وهو في كشف الأستار عن زوائد البزار للهيثمي (٤/ ٣٧)، وذكره السخاوي في المقاصد الحسنة ص (٣٤٠)، وإسناده ضعيف جدًا فيه إبراهيم بن خثيم متروك. وهو في الأمثال لأبي عبيد ص (٣٢٧)، ومجمع الأمثال للميداني (٢/ ٢٣٧) ولفظه فيهما: لا ينفع حذر من قدر. (٤) هو إسماعيل بن عبد الرحمن بن أبي كريمة الحجازي ثم الكوفي الأعور السُّدِّي، أبو محمد، أحد موالي قريش، وأحد الأئمة المفسرين الكبار، مات سنة (١٢٧) هـ. ترجمته في طبقات المفسرين للداوودي (١/ ١٠٩). وتفسيره مخطوط لم يطبع بعد، والنقل الذي أورده ابن كثير ساقه بنحوه الطبري في تفسيره (٢٠/ ١٩) وفي تاريخه (١/ ٣٨٨). (٥) الحزأة: جمع حَزَّاء، وهو الذي ينظر النُّجوم وأحكامها بظنِّه وتقديره فربما أصاب. النهاية: (حزأ).

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