Un jour, Hisham ibn Ismaʿil, alors gouverneur de Médine, ordonna qu’on inflige soixante coups de fouet à cet homme, qu’on le revête d’habits de poil (1), qu’on le fasse monter sur un chameau et qu’on le promène dans la ville. Il donna ensuite l’ordre de le conduire à Thaniyyat Dhabbâb – le col où l’on avait coutume de crucifier et de mettre à mort (2). Lorsque le convoi y parvint, on le ramena finalement à Médine et on l’emprisonna. L’homme déclara alors : « Par Dieu, si j’avais su que vous ne me tueriez pas, je n’aurais jamais revêtu ces habits. »
Hisham ibn Ismaʿil al-Makhzûmî écrivit ensuite à ʿAbd al-Malik pour l’informer de l’opposition de Saʿîd ibn al-Musayyib en cette affaire. ʿAbd al-Malik lui répondit en l’admonestant et en lui ordonnant de libérer Saʿîd, ajoutant : « En vérité, Saʿîd eût été plus en droit que toi de préserver les liens de parenté, contrairement au tort que tu lui as fait, et nous savons qu’il n’est ni séditieux ni rebelle. » On rapporte également qu’il lui dit : « Il doit prêter allégeance. S’il refuse, tu lui trancheras le cou ou tu le relâcheras. »
Al-Wâqidî mentionne que lorsque parvint à Médine (3) la nouvelle de l’allégeance à Ibn al-Zubayr, Saʿîd refusa de prêter serment. Le gouverneur de l’époque, Jâbir ibn al-Aswad ibn ʿAwf, le fit alors frapper également de soixante coups de fouet et l’emprisonna. Dieu sait mieux (4).
Abû Mikhnaf, Abû Maʿshar et Al-Wâqidî (5) rapportent que cette même année, Hisham ibn Ismaʿil al-Makhzûmî, gouverneur de Médine, dirigea le pèlerinage, tandis que le pouvoir sur l’Irak et tout l’Orient appartenait à Al-Hajjâj. Notre maître, le hâfiẓ Al-Dhahabî (6), a dit : « Et au cours de cette année mourut Abân ibn ʿUthmân (7) ibn ʿAffân, gouverneur de Médine. Il était l’un des dix grands juristes de la ville, d’après Yahyâ al-Qattân. »
Muḥammad ibn Saʿd (8) rapporte : « Il était digne de confiance, mais souffrait de surdité, d’importantes taches cutanées et fut frappé d’hémiplégie avant sa mort. »
ʿAbd Allâh ibn ʿÂmir ibn Rabîʿa (9).