Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz (qu’Allah lui fasse miséricorde) hérita des vertus morales de son père et les surpassa dans bien des aspects. ‘Abd al-‘Azîz eut, outre ‘Umar, d’autres fils : ‘Âsim, Abû Bakr, Muhammad et al-Asbagh – ce dernier mourut peu de temps avant lui, ce qui l’affligea profondément ; il tomba malade ensuite et mourut (1). Il avait aussi plusieurs filles : Umm Muhammad, Suhayl, Umm ‘Uthmân, Umm al-Ḥakam et Umm al-Banîn, chacune née d’une mère différente, et d’autres enfants encore. Il mourut dans la ville qu’il avait fondée à une étape de chemin de l’Égypte ; son corps fut transporté en Égypte par le Nil, où il fut inhumé. ‘Abd al-‘Azîz laissa derrière lui de grandes richesses, nombreux effets et montures (chevaux, mulets, chameaux et autres) qu’il est impossible de décrire dans leur totalité : on rapporte, entre autres, qu’il possédait trois cents mesures (mudd) d’or, sans compter l’argent. Malgré sa générosité, son hospitalité et ses dons abondants, il resta l’un des plus généreux hommes, qu’Allah lui fasse miséricorde (2).

Ibn Jarîr (3) rapporte qu’‘Abd al-Malik ibn Marwân écrivit à son frère ‘Abd al-‘Azîz, alors en Égypte, pour lui demander de renoncer à sa succession après lui au profit de son fils al-Walîd, ou de faire de ce dernier son héritier, prétextant qu’il lui était la personne la plus chère. ‘Abd al-‘Azîz répondit en ces termes : « Je vois dans Abû Bakr, fils de ‘Abd al-‘Azîz, ce que tu vois en al-Walîd. » Alors ‘Abd al-Malik lui ordonna de faire parvenir le kharâj (l’impôt) d’Égypte, alors même que ‘Abd al-‘Azîz ne lui faisait parvenir ni impôt ni autre chose, puisque tous les territoires d’Égypte et du Maghreb et leurs revenus, tributs et butins dépendaient exclusivement de ‘Abd al-‘Azîz (4). Il lui écrivit donc : « Ô Commandeur des Croyants, toi et moi avons atteint un âge qu’aucun membre de ta famille n’a atteint, sans que ses jours ne soient comptés. Nous ne savons ni toi ni moi lequel de nous deux mourra en premier. Si tu juges bon de ne point me faire de reproche jusqu’à la fin de mes jours, fais-le. » Pris de compassion, ‘Abd al-Malik lui répondit : « Par ma vie, je ne te ferai plus de reproche tant que tu vivras. »

Puis ‘Abd al-Malik dit à son fils al-Walîd : « Si Allah veut t’en faire don, nul parmi les serviteurs ne pourra te l’empêcher. » Il demanda ensuite à ses deux fils, al-Walîd et Sulaymân : « Avez-vous jamais commis quelque interdit ou illicite ? » Ils répondirent : « Par Allah, non. » Il s’exclama : « Allah est le plus Grand ! Vous les obtiendrez, par le Seigneur de la Ka‘ba ! » On raconte que lorsqu’‘Abd al-‘Azîz refusa de lui accorder ce qu’il exigeait au sujet de la succession pour son fils al-Walîd, ‘Abd al-Malik invoqua contre lui en disant : « Ô Allah, il m’a coupé ; coupe-le ! » Et il mourut cette même année, comme nous l’avons indiqué. Quand, au cours de la nuit, lui parvint la nouvelle de la mort de son frère ‘Abd al-‘Azîz, il en fut très attristé et pleura, et sa famille versa aussi beaucoup de larmes pour ‘Abd al-‘Azîz. Toutefois, il en fut secrètement satisfait pour ses deux fils, voyant que ce qu’il espérait s’accomplissait.

(1) Al-Dhahabi a mentionné qu'il est décédé seize jours avant son père, ce qui lui causa du chagrin et une maladie, et il mourut à Ḥelwān, ville qu'il avait fondée sur un point de passage en Égypte, puis il fut transporté en Égypte sur le Nil. (2) Entre parenthèses, ajout dû à l'éditeur. (3) Tārīkh al-Ṭabarī (tome 6, p. 414). (4) Entre parenthèses, ajout dû à l'éditeur. (5) Dans la version A et B : « quelque chose qu'il n'atteint pas » ; la version adoptée correspond à celle rapportée par al-Ṭabarī. (6) Dans al-Ṭabarī : « lā tughbis » signifiant « ne pas corrompre ». (7) Dans al-Ṭabarī : « lā aghbis ».
عمر بن عبد العزيز [وقد اكتسى عمر أخلاق أبيه وزاد عليه بأمور كثيرة. وكان لعبد العزيز من الأولاد غير عمر، عاصم وأبو بكر ومحمد والأصبغ - مات قبله بقليل فحزن عليه حزنًا كثيرًا ومرض بعده ومات (١) - وكان له عدة بنات، أم محمد وسهيل وأم عثمان وأم الحكم وأم البنين وهن من أمهات شتى، وله من الأولاد غير هؤلاء، مات بالمدينة التي بناها على مرحلة من مصر وحمل إلى مصر في النيل ودفن بها، وقد ترك عبد العزيز من الأموال والأثاث والدواب من الخيل والبغال والإبل وغير ذلك ما يعجز عنه الوصف؛ من جملة ذلك ثلاثمئة مدّ من ذهب غير الورِق، مع جوده وكرمه وبذله وعطاياه الجزيلة، فإنه كان من أعطى الناس للجزيل رحمه اللّه تعالى] (٢) . وقد ذكر ابن جرير (٣) أن عبد الملك بن مروان كتب إلى أخيه عبد العزيز وهو بالدِّيار المصرية يسأله أن ينزل عن العهد الذي له من بعده لولده الوليد أو يكون ولي العهد من بعده، فإنه أعز الخلق عليّ. فكتب إليه عبد العزيز يقول: إني أرى في أبي بكر بن عبد العزيز ما ترى في الوليد. فكتب إليه عبد الملك يأمره بحمل خراج مصر [وقد كان عبد العزيز لا يحمل إليه شيئًا من الخراج ولا غيره، وإنما كانت بلاد مصر بكمالها وبلاد المغرب وغير ذلك كلها لعبد العزيز، مغانمها وخراجها وحملها] (٤) فكتب إليه: إني وإياك يا أمير المؤمنين قد بلغنا سنًّا لا يبلغا (٥) أحد من أهل بيتك إلا كان بقاؤه قليلًا، وإني لا أدري ولا تدري أينا يأتيه الموت أولًا، فإن رأيت أن لا تعتب (٦) عليّ بقية عمري فافعل، فرقَّ له عبد الملك وكتب إليه: لعمري لا أعتب (٧) عليك بقية عمرك. وقال عبد الملك لابنه الوليد: إن يرد اللّه أن يعطيكها لا يقدر أحد من العباد على رد ذلك عنك، ثم قال لابنه الوليد وسليمان: هل قارفتما محرّمًا أو حرامًا قط؟ فقالا: لا واللّه، فقال: اللّه أكبر، نلتماهما وربِّ الكعبة. ويقال إن عبد الملك لما امتنع أخوه من إجابته إلى ما طلب منه في بيعته لولده الوليد دعا عليه وقال: اللهم إنه قطعني فاقطعه، فمات في هذه السنة كما ذكرنا، فلما جاءه الخبر بموت أخيه عبد العزيز ليلًا حزن وبكى وبكى أهله بكاءً كثيرًا على عبد العزيز، ولكن سرَّه ذلك من جهة ابنيه فإنه نال فيها ما كان يؤمِّله
(١) ذكر الذهبي أنه توفي قبل أبيه بستة عشر يومًا، فحزن عليه ومرض، ومات بحلوان، وهي المدينة التي بناها على مرحلة من مصر، وحمل إلى مصر في النيل. (٢) ما بين معكوفين زيادة من ط. (٣) تاريخ الطبري (٦/ ٤١٤). (٤) ما بين معكوفين زيادة من ط. (٥) في أ، ب: شيئًا لا يبلغه؛ وما أثبت موافق لرواية الطبري. (٦) في الطبري: لا تغثث أي لا تفسد. (٧) في الطبري: لا أغثث.

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