Abou Ya‘la al-Mawsilî rapporte (1) : « Mujâhid ibn Mûsâ nous a transmis, Ishâq ibn Yûsuf nous a transmis, Sufyân nous a informés, d’après Muhammad ibn ‘Ajlân, d’après al-Qa‘qâ‘ ibn Hakîm, qui a dit : ‘Abd al-‘Azîz ibn Marwân écrivit à ‘Abd Allâh ibn ‘Umar : “Fais-moi part de ton besoin.” ‘Abd Allâh ibn ‘Umar lui répondit : “Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) a dit : ‘La main qui donne est meilleure que la main qui reçoit, et commence par ceux dont tu as la charge.’ Pour ma part, je ne te demande rien, mais je ne refuserai pas non plus ce que Dieu – Exalté et Glorifié soit-Il – m’accordera par ton intermédiaire.” »
Ibn Wahb relate : « Yahyâ ibn Ayyûb m’a rapporté, d’après Yazîd ibn Abî Habîb, d’après Suwayd ibn Qays, qui a dit : ‘Abd al-‘Azîz ibn Marwân m’envoya mille dinars à donner à Ibn ‘Umar. Je me rendis auprès de lui et lui présentai la lettre. Il me demanda : “Où est l’argent ?” Je répondis : “Je ne peux te l’apporter ce soir, j’attendrai le matin.” Il répliqua : “Non, par Dieu ! Ibn ‘Umar ne passera pas la nuit en possédant mille dinars.” Il me rendit alors la lettre jusqu’à ce que je revienne avec cette somme. Puis il la distribua aussitôt (2). »
Parmi ses paroles, on rapporte qu’il disait : « Il est étonnant qu’un croyant, qui croit et est certain que Dieu lui accorde sa subsistance et la lui remplace, puisse retenir un bien qui lui vaudrait une immense récompense et une excellente louange. »
Lorsque la mort l’approcha, on lui apporta de l’argent qui lui appartenait : il s’agissait de trois cents mudd (mesures) d’or. Il déclara : « Par Dieu, j’aurais souhaité que ce fût du vieux crottin dans la région du Najd (3). » Il dit encore : « Par Dieu, j’aurais aimé n’avoir jamais été rien de notable ; j’aurais voulu être cette eau courante ou simplement une plante en terre du Hijâz (4). » Puis il leur demanda : « Apportez-moi mon linceul, celui dans lequel vous me mettrez. » Et il répéta : « Fi de toi ! Comme ce que tu crois long est en réalité court, et comme ce que tu crois abondant est en réalité dérisoire (5). »
Ya‘qûb ibn Sufyân, citant Ibn Bukayr, citant al-Layth ibn Sa‘d, a dit : « Il mourut dans la nuit du lundi, treize jours après le début de Jumâdâ al-Ûlâ, de l’an 86 (6). » Ibn ‘Asâkir (7) remarque : « C’est là une confusion de la part de Ya‘qûb ibn Sufyân, car la bonne date est l’an 85. En effet, il mourut avant son frère ‘Abd al-Malik, lequel mourut un an plus tard, en l’an 86. »
‘Abd al-‘Azîz ibn Marwân comptait parmi les meilleurs princes : généreux, magnanime, digne d’éloges. Il est le père de ce calife exemplaire.