Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

(1)
Il s’agit de ʿAbd al-ʿAzīz ibn Marwān ibn al-Ḥakam ibn Abī al-ʿĀṣ ibn Umayya ibn ʿAbd Šams, surnommé Abū al-Aṣbaġ, membre de la tribu qurayšite des Umayyades. Né à Médine, il gagna ensuite la Syrie en compagnie de son père Marwān ibn al-Ḥakam. Il fut désigné comme héritier du pouvoir après son frère ʿAbd al-Malik ibn Marwān, et son père le nomma gouverneur d’Égypte en l’an 65 (de l’Hégire). Il occupa donc ce poste jusqu’à la date mentionnée plus haut. Il assista également à l’exécution de ʿAmr ibn Saʿīd ibn al-ʿĀṣ, comme nous l’avons déjà relaté. Il possédait à Damas une demeure qui fut plus tard transformée en lieu de retraite soufi appelé la khanqāh as-simaysāṭiyya.

(2)
Par la suite, cette demeure échut à son fils ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz, [puis elle changea plusieurs fois de propriétaire avant de devenir une khanqāh soufie].

ʿAbd al-ʿAzīz ibn Marwān rapporta des ḥadīths de son père, de ʿAbd Allāh ibn az-Zubayr, de ʿUqba ibn ʿĀmir et d’Abū Hurayra. L’un de ses ḥadīths transmis d’Abū Hurayra figure dans le Musnad d’Aḥmad et les Sunan d’Abū Dāwūd, où le Messager de Dieu (ﷺ) dit : « Le pire défaut chez l’homme est une lâcheté paralysante et une avarice effrayante. » (3)
Parmi ceux qui ont reçu de lui (ʿAbd al-ʿAzīz) cette transmission figurent son propre fils ʿUmar, az-Zuhrī, ʿUly ibn Rabāḥ et d’autres encore.

Selon Muḥammad ibn Saʿd (4), il était digne de confiance et transmit peu de ḥadīths. D’autres rapportent qu’il faisait des fautes de langue dans ses propos et ses narrations, jusqu’au jour où il étudia la grammaire arabe, qu’il maîtrisa parfaitement, devenant ainsi l’un des hommes les plus éloquents de son époque. À l’origine de ce changement se trouve l’anecdote suivante : un homme était venu se plaindre à lui de son gendre (littéralement « khatan », qui peut prêter à confusion), et ʿAbd al-ʿAzīz lui demanda : « Qui t’a “khatané” ? » L’homme répondit : « Le “khātin” qui circoncit les gens ! » Interloqué, ʿAbd al-ʿAzīz demanda à son scribe ce que l’homme venait de dire, et ce dernier lui expliqua qu’il aurait dû formuler sa question différemment afin d’éviter cette confusion de sens. Sur ce, ʿAbd al-ʿAzīz jura de ne pas sortir de chez lui avant d’avoir appris la langue arabe ; il s’y consacra pendant une semaine et en ressortit parmi les hommes les plus éloquent. Ensuite, il augmentait la rétribution de ceux qui s’exprimaient correctement et la diminuait pour ceux qui commettaient des erreurs de langage. [C’est ainsi que les gens de son époque s’empressèrent d’étudier la langue arabe.]

Un jour, ʿAbd al-ʿAzīz demanda à un homme : « De quel groupe es-tu ? » L’homme répondit : « Je viens de Banū ʿAbd ad-Dār. » Sur quoi ʿAbd al-ʿAzīz lui dit : « Tu verras cela sur ta gratification. » Il réduisit en effet son dû de cent dinars.

(1) Notice biographique d’Abd al-ʿAzīz ibn Marwān dans les Ṭabaqāt d’Ibn Saʿd (t. 5, p. 236), Tārīkh Khalīfa (p. 230) et Ṭabaqāt (p. 240), Ansāb al-Ashrāf (t. 3, p. 73) et d’autres passages, ainsi que dans al-Maʿrifa wa al-Tārīkh (t. 1, p. 464), Tārīkh Dimashq d’Ibn ʿAsākir (t. 36, p. 345), Wafayāt al-Aʿyān (t. 1, p. 240), Tārīkh al-Islām (événements des années 81, p. 132), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (t. 4, p. 249), Tahdhīb al-Tahdhīb (t. 6, p. 356) et Shadharāt al-Dhahab (t. 1, p. 345). (2) La khānaqāh as-Samīsāṭiyya — située au sud et dans des lieux abandonnés — est une institution soufie renommée, connue près de la porte nord de la grande mosquée des Omeyyades, anciennement appelée « porte des Nāṭifiyyīn ». Elle est attribuée à Abū al-Qāsim ʿAlī ibn Muḥammad ibn Yaḥyā as-Sulamī al-Ḥabīshī as-Samīsāṭī, qui s’établit à Damas et fut l’un des principaux chefs de cette khānaqāh. Il l’a achetée et en fit un waqf dédié aux soufis pauvres, et sa supériorité est attestée sur la grande mosquée des Omeyyades. Il mourut en 423 de l’Hégire. Voir al-Dāriss fī Tārīkh al-Madāris de an-Nuʿaymī (t. 2, p. 151) et Munādimat al-Aṭlāl de Badrān (p. 276). (3) Ce hadith a été rapporté par l’imām Aḥmad dans son Musnad (t. 2, p. 302), Abū Dāwūd dans ses Sunan n° 2511 dans le chapitre du djihād, et également par Ibn ʿAsākir dans Tārīkh Dimashq (t. 36, p. 346) avec différentes chaînes de transmission. Il s’agit d’un hadith authentique. (4) Rapporté dans al-Ṭabaqāt al-Kubrā (t. 5, p. 236) et également dans Tārīkh Dimashq (t. 36, pp. 354‑355).
[عبد العزيز بن مروان] (١) وهو عبد العزيز بن مروان بن الحكم بن أبي العاص بن أمية بن عبد شمس، أبو الأصبغ، القرشي، الأموي، ولد بالمدينة ثم دخل الشام مع أبيه مروان بن الحكم، وكان ولي عهده من بعد أخيه عبد الملك بن مروان، وولاه أبوه إمرة الديار المصرية في سنة خمس وستين فكان واليًا عليها إلى هذه السنة، وشهد قتل عمرو بن سعيد بن العاص كما قدَّمنا، وكانت له دار بدمشق وهي الدَّار التي للصوفية، المعروفة بالخانقاه السميساطية (٢) ثم كانت من بعده لولده عمر بن عبد العزيز، [ثم تنقلت إلى أن صارت خانقاهًا للصوفية] . وقد روى عبد العزيز بن مروان الحديث عن أبيه، وعبد اللّه بن الزبير، وعقبة بن عامر، وأبي هريرة، وحديثه عنه في مسند أحمد وسنن أبي داود أن رسول اللّه ﷺ قال: "شر ما في الرجل جبن خالع وشح هالع" (٣) . وعنه ابنه عمر، والزّهري، وعُليُّ بن رباح وجماعة. قال محمد بن سعد (٤) : كان ثقة قليل الحديث، وقال غيره: كان يلحن في الحديث وفي كلامه، ثم تعلم العربية فأتقنها وأحسنها فكان من أفصح الناس، وكان سبب ذلك أنه دخل عليه رجل يشكو إليه ختنه - وهو زوج ابنته - فقال له عبد العزيز: من خَتَنَك؟ فقال الرجل: خَتنني الخاتن الذي يختن الناس، فقال لكاتبه ويحك بماذا أجابني؟ فقال الكاتب: يا أمير المؤمنين كان ينبغي أن تقول من خَتَنُكَ، فآلى على نفسه أن لا يخرج من منزله حتى يتعلَّم العربية، فمكث جمعة واحدة فتعلَّمها فخرج وهو من أفصح الناس، وكان [بعد ذلك] يجزل عطاء من يعرب كلامه وينقص عطاء من يلحن فيه، [فتسارع الناس في زمانه إلى تعلم العربية] . قال عبد العزيز يومًا إلى رجل: ممن أنت؟ قال: من بنو عبد الدار، فقال: تجدها في جائزتك، فنقصه مئة دينار.
(١) ترجمة - عبد العزيز بن مروان - في طبقات ابن سعد (٥/ ٢٣٦) وتاريخ خليفة (٢٣٠) وطبقاته (٢٤٠) وأنساب الأشراف (٣/ ٧٣) ومواضع أخرى، والمعرفة والتاريخ (١/ ٤٦٤) وتاريخ دمشق لابن عساكر (٣٦/ ٣٤٥) ووفيات الأعيان (١/ ٢٤٠) وتاريخ الإسلام (حوادث سنة ٨١ - ١٠٠/ ص ١٣٢) وسير أعلام النبلاء (٤/ ٢٤٩) وتهذيب التهذيب (٦/ ٣٥٦) وشذرات الذهب (١/ ٣٤٥). (٢) الخانقاه السميساطية - بسينين وطاء ومهملات - معروفة مشهورة عند باب الجامع الأموي الشمالي الذي كان يسمى بباب الناطفيين، وتنسب إلى أبي القاسم علي بن محمد بن يحيى السلمي الحبيشي السميساطي الذي نزل دمشق فكان من أكابر رؤسائها، وقد اشتراها ووقفها على الفقراء الصوفية، ووقف علوّها على الجامع الأموي. وتوفي سنة ٤٢٣ هـ. الدارس في تاريخ المدارس للنعيمي (٢/ ١٥١) ومنادمة الأطلال لبدران (٢٧٦). (٣) الحديث أخرجه الإمام أحمد في مسنده (٢/ ٣٠٢) وأبو داود في سننه رقم (٢٥١١) في الجهاد، وأخرجه ابن عساكر في تاريخ دمشق (٣٦/ ٣٤٦) بأسانيد مختلفة، وهو حديث صحيح. (٤) الطبقات الكبرى (٥/ ٢٣٦) والخبر أيضًا في تاريخ دمشق (٣٦/ ٣٥٤ - ٣٥٥).

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