Abd Allāh ibn Masʿūd :
• Ḥadith : « Lorsque deux contractants ne parviennent pas à s’accorder alors que la marchandise est encore présente, la parole relève du vendeur ou bien ils se séparent (1). » On le rapporte également d’Abū al-ʿUmays.
On dit qu’al-Ḥajjāj l’a tué alors qu’il avait dépassé quatre-vingt-dix ans, Dieu seul sait. Et l’étonnement est grand envers ceux qui lui ont prêté serment d’allégeance pour l’émirat alors qu’il n’est pas issu des Qurayš, mais bien d’une tribu Kinda du Yémen. Pourtant, le jour de la Saqīfa, les Compagnons s’étaient accordés sur le fait que l’émirat ne pouvait revenir qu’aux Qurayš, et aṣ-Ṣiddīq (Abū Bakr) avait invoqué le ḥadith à ce sujet. Les Anṣār avaient même demandé qu’il y ait un émir parmi eux en plus de l’émir des Muhājirīn, mais aṣ-Ṣiddīq s’y était opposé. Puis, malgré tout cela, on frappa Saʿd ibn ʿUbāda, celui qui, le premier, avait appelé à cette idée avant de s’en rétracter, comme nous l’avons déjà expliqué.
Comment donc pouvaient-ils se tourner vers un calife, déjà consacré depuis des années pour diriger les musulmans, lui qui était de souche qurayshite, pour ensuite le destituer et prêter allégeance à un homme de la tribu Kinda, dont la proclamation n’était pas approuvée par les notables habilités à statuer ? C’est pour cette raison que, cette faute et ce faux pas ont engendré un grave désordre, où beaucoup de gens périrent. « À Dieu nous appartenons et à Lui nous faisons retour. »
• Ayyūb ibn al-Qirriyya (2). « Al-Qirriyya » est le nom de sa mère. Le nom de son père est Yazīd ibn Qays ibn Zurāra ibn Muslim an-Nummarī al-Hilālī. C’était un Bédouin illettré, mais on le citait en exemple pour son éloquence, sa clarté d’expression et son style raffiné. Il accompagna al-Ḥajjāj et se rendit auprès de ʿAbd al-Malik. Puis on l’envoya comme émissaire auprès d’Ibn al-Ashʿath, qui lui dit : « Si tu ne prends pas la parole publiquement pour destituer al-Ḥajjāj, je te trancherai la tête. » Il le fit, puis demeura chez lui. Quand al-Ḥajjāj l’emporta, il convoqua Ayyūb, et plusieurs discours et échanges eurent lieu entre eux. Finalement, al-Ḥajjāj le fit exécuter et s’en repentit par la suite, mais trop tard pour que ce regret ait une utilité. Comme on l’a dit : « Elle consentit à renouer quand cela ne servait plus à rien. »
Ibn ʿAsākir le mentionne dans son « Tārīkh » et Ibn Khallikān dans ses « Wafayāt », ce dernier s’étendant longuement sur sa biographie et rapportant de belles anecdotes. Il dit que « al-Qirriyya », avec un qāf fermé et un yāʾ redoublé, est le nom de sa grand-mère, Jumāʿa bint Jušm. Ibn Khallikān ajoute que certains ont nié l’existence d’Ayyūb, tout comme ils ont douté de celle de Majnūn Laylā, ou encore d’Ibn Abī al-ʿAqab, l’auteur de la « Malḥama », qui n’est autre que Yaḥyā ibn ʿAbd Allāh ibn Abī al-ʿAqab, et Dieu sait mieux.
• Rawḥ ibn Zinbāʿ (3), fils de Salāma al-Judhāmī, Abū Zurʿa — certains l’ont appelé Abū Zinbāʿ — était de Damas, où sa demeure se trouvait dans l’un des faubourgs de la ville.