[L’histoire de Moïse l’Interlocuteur]
Il s’agit de Moïse fils de ‘Imrân, fils de Yâfith (1), fils de ‘Azar, fils de Lâwî, fils de Ya‘qûb, fils d’Isḥâq, fils d’Ibrâhîm – que la paix soit sur lui.
Dieu, qu’Il soit exalté, a dit : « Et mentionne dans le Livre Moïse. Il était vraiment purifié et c’était un Messager et un Prophète (51). Nous l’appelâmes du côté droit du Mont (Tûr) et Nous le fîmes approcher pour un entretien confidentiel (52). Et, par miséricorde de Notre part, Nous lui accordâmes son frère Hârûn comme Prophète. » [Maryam : 51-53]
Dieu (qu’Il soit exalté) l’a évoqué en de nombreux endroits dispersés du Coran. Il y a relaté son histoire à plusieurs reprises, tantôt de manière détaillée et développée, tantôt de façon plus concise. Nous avons abordé tout cela à leur place respective dans (le Tafsîr) (2). Nous présenterons ici son histoire, depuis ses débuts jusqu’à sa fin, en nous appuyant sur le Livre et la Sunna, ainsi que sur ce qui est rapporté, si Dieu le veut, des récits issus des Israélites et mentionnés par les pieux prédécesseurs et d’autres. C’est en Dieu que nous plaçons notre confiance, et c’est à Lui que nous nous en remettons (3).
Dieu, qu’Il soit exalté, a dit : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Tâ-Sîn-Mîm (1). Voici les versets du Livre explicite (2). Nous te récitons en toute vérité l’histoire de Moïse et de Pharaon, pour des gens qui croient (3). Pharaon s’était enorgueilli sur la terre et avait réparti ses habitants en classes ; il opprimait l’un de ces groupes dont il massacrait les fils et laissait en vie les femmes : il était vraiment parmi les semeurs de corruption (4). Et Nous voulûmes gratifier de Notre bienveillance ceux qui avaient été opprimés sur terre et faire d’eux des chefs, et faire d’eux les héritiers (5), leur donner un pouvoir solide sur terre et faire voir à Pharaon, à Hâmân et à leurs armées ce qu’ils redoutaient d’eux. » [Al-Qaṣaṣ : 1-6]
Dieu, qu’Il soit exalté, mentionne ici un résumé de l’histoire, puis l’expose en détail par la suite. Il explique qu’Il fait parvenir à Son Prophète le récit de Moïse et de Pharaon en toute vérité, c’est-à-dire avec une telle exactitude que celui qui l’entend a l’impression d’être témoin de la scène : « Pharaon s’était enorgueilli sur la terre et avait réparti ses habitants en classes… » C’est-à-dire qu’il se montra tyrannique, arrogant, outrancier et injuste ; il privilégia la vie d’ici-bas et se détourna de l’obéissance au Seigneur suprême. Il répartit donc ses sujets en différents groupes et en divers clans, et il opprima l’un de ces groupes : le peuple des Enfants d’Israël, issus de la descendance du Prophète de Dieu Ya‘qûb, fils du Prophète de Dieu Isḥâq, fils d’Ibrâhîm, l’ami intime (Khalîl) de Dieu. Les Enfants d’Israël étaient alors les meilleurs habitants de la terre, mais ce roi injuste, oppresseur, incroyant et corrompu avait pris sur eux un ascendant total : il les asservissait et les employait aux métiers et aux tâches les plus viles et les plus dégradantes ; de surcroît, il massacrait leurs fils et laissait en vie leurs femmes, car il était vraiment parmi les corrupteurs. Ce qui poussa Pharaon à ce vil procédé tenait au fait que les Enfants d’Israël, de leur côté, se transmettaient