Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Un grand nombre d’entre eux furent recrutés, puis il lança une attaque contre l’armée d’Ibn al-Ash‘ath et ceux qui l’accompagnaient. Les compagnons d’Ibn al-Ash‘ath furent mis en déroute et se dispersèrent en tous sens. Ibn al-Ash‘ath s’enfuit devant eux, n’ayant plus qu’un petit groupe à ses côtés. Al-Hajjaj le poursuivit avec une armée nombreuse, dirigée par ‘Amâra ibn Tamîm al-Lakhmî, accompagné de Muhammad ibn al-Hajjaj, tandis que le commandement revenait à ‘Amâra. Ils s’élancèrent à leur suite, les traquant dans l’espoir de les tuer ou de les capturer. Ils n’eurent de cesse de les poursuivre à travers provinces, districts et régions, jusqu’à leur arrivée à Kirmân. Les Syriens qui les suivaient s’arrêtèrent un jour dans un palais où les Irakiens avaient séjourné auparavant. Ils y trouvèrent une lettre écrite par certains habitants de Koufa, compagnons d’Ibn al-Ash‘ath ayant fui avec lui. Elle contenait des vers du poète Abî Jildah al-Yashkarî :

« Ô mon affliction et mon chagrin à la fois,
Ô l’ardeur de mon cœur pour ce que nous avons subi !
Nous avons abandonné la religion et le monde à la fois,
Et livré nos épouses et nos enfants.
Nous n’étions pas des gens attachés à la vie d’ici-bas,
Qui l’auraient préservée, même sans espoir de religion.
Nous avons laissé nos demeures à la populace de ‘Akk,
Aux Nabatéens des campagnes et aux Ash‘arites. »

Puis Ibn al-Ash‘ath entra, accompagné de ce qu’il restait de ses troupes, dans le royaume de Ratbîl, le roi des Turcs. Ratbîl l’accueillit avec honneur, l’hébergea, le mit en sécurité et le combla de considération.

Al-Wâqidî rapporte : Alors qu’Ibn al-Ash‘ath se rendait dans les terres de Ratbîl, il passa par une ville gouvernée par un de ses propres agents, qu’il avait nommé à ce poste lors de son retour en Irak. Ce gouverneur l’honora, lui offrit des présents et lui procura un lieu de séjour, simulant ainsi l’hospitalité dans le but de le tromper. Il dit alors à Ibn al-Ash‘ath : « Entre auprès de moi dans la cité, afin que tu puisses t’y fortifier contre ton ennemi, mais ne laisse aucun de tes hommes pénétrer dans la ville. » Ibn al-Ash‘ath consentit à cette requête, sans savoir qu’il s’agissait d’une ruse. Ses compagnons l’en dissuadèrent, mais il refusa leur conseil, ce qui provoqua leur dispersion. Lorsqu’il entra en ville, le gouverneur se jeta sur lui, l’arrêta et le ligota avec des chaînes, espérant se concilier ainsi la faveur d’al-Hajjaj.

Or le roi Ratbîl avait accueilli avec joie l’arrivée d’Ibn al-Ash‘ath. Lorsqu’il apprit ce qui lui était arrivé à la suite de ce gouverneur dans la ville de Bust, il marcha contre celle-ci et l’encercla. Il envoya alors un message au gouverneur : « Par Dieu, si tu portes atteinte à Ibn al-Ash‘ath, je ne quitterai pas les lieux avant de te déloger et de tuer tous les habitants de ta cité. » Le gouverneur prit peur et remit Ibn al-Ash‘ath à Ratbîl, qui l’honora.

Ibn al-Ash‘ath dit alors à Ratbîl : « Ce gouverneur était mon subordonné et sous mon autorité ; il m’a trahi comme tu l’as vu. Permets-moi de le tuer. »

(1) Dans al-B, édition : Ghanam, ce qui correspond à al-Ṭabarī (6/367) et à Ibn al-ʿAthīr (4/485). Sa mention a été faite l'année précédente. (2) Dans al-Kāmil d'Ibn al-ʿAthīr (4/484) : Ibn Ḥalīẓa, et ici comme dans al-Ṭabarī (6/368). C’est Abū Jalda ibn ʿUbayd ibn Munqiḏ ibn Ḥujr ibn ʿUbayd Allāh ibn Maslama ibn Ḥabīb ibn ʿAddī ibn Jušm ibn Ghanam ibn Ḥabīb ibn Kaʿb ibn Yiškar ibn Bakr ibn Wāʾil, un poète islamique omeyyade originaire de Koufa, qui était parmi les proches de al-Ḥajjāj, puis il se souleva avec Ibn al-Ashʿaṯ contre lui, et al-Ḥajjāj le tua. Cf. al-A‘lām d’al-Zarkalī (2/133). (3) Chez al-Ṭabarī et Ibn al-ʿAthīr : فما كنا أناسًا أهل دين … فنصبر في البلاء إذا ابتُلينا « Nous n’étions pas des gens de religion... alors nous endurons l’épreuve lorsque nous sommes éprouvés ». (4) Al-Ṭabarī (6/369) le nomme ʿIyāḍ ibn Humayyān Abū Hishām ibn ʿIyāḍ al-Sadūsī, et dans Ibn al-ʿAthīr (4/485) : Ibn Hishām al-Sadūsī.
منهم خلقًا كثيرًا، ثم حمل على جيش ابن الأشعث وعلى من معه من الجيش فانهزم أصحاب ابن الأشعث وذهبوا في كل وجه، وهرب ابن الأشعث بين أيديهم ومعه فلّ قليل من الناس، فأتبعه الحجاج جيشًا كثيفًا مع عمارة بن تميمٍ (١) اللّخمي ومعه محمد بن الحجاج والإمرة لعمارة، فساقوا وراءهم يطردونهم لعلهم يظفرون بهم قتلًا أو أسرًا، فما زال يسوق ويخترق الأقاليم والكور والرساتيق، وهم في أثره حتى وصل إلى كرمان، واتبعه الشاميون فنزلوا يومًا في قصر كان فيه أهل العراق قبلهم، فإذا فيه كتاب قد كتبه بعض أهل الكوفة من أصحاب ابن الأشعث الذين فروا معه من شعر أبي جلدة (٢) اليشكري يقول: أيا لَهَفًا ويا حُزنًا جميعًا … ويا حَرّ الفُؤادِ لِمَا لَقِينا تركنا الدينَ والدنيا جميعًا … وأسلمنا الحلائلَ والبَنينا فما كنا أناسًا أهلَ دنيا … فنمنعها ولو لمْ نرجُ دِينا (٣) تركنا دُوْرَنا لطغامِ عكٍّ … وأنباطِ القُرى والأشعَرينا ثم إن ابن الأشعث دخل هو ومن معه من الفل إلى بلاد رُتبيل ملك الترك، فأكرمه رتبيل وأنزله عنده وأمنه وعظمه. [قال الواقدي: ومر ابن الأشعث وهو ذاهب إلى بلاد رتبيل على عامل (٤) له في بعض المدن كان ابن الأشعث قد استعمله على ذلك عند رجوعه إلى العراق، فأكرمه ذلك العامل وأهدى إليه هدايا وأنزله، فعل ذلك خديعة به ومكرًا، وقال له: ادخل إلى عندي إلى البلد لتتحصن بها من عدوك ولكن لا تدع أحدًا ممن معك يدخل المدينة، فأجابه إلى ذلك، وإنما أراد المكر به، فمنعه أصحابه فلم يقبل منهم، فتفرق عنه أصحابه، فلما دخل المدينة وثب عليه العامل فمسكه وأوثقه بالحديد وأراد أن يتخذ به يدًا عند الحجاج، وقد كان الملك رُتبيل سُرَّ بقدوم ابن الأشعث، فلما بلغه ما حدث له من جهة ذلك العامل بمدينة بست، سار حتى أحاط ببست، وأرسل إلى عاملها يقول له: والله لئن آذيت ابن الأشعث لا أبرح حتى أستنزلك وأقتل جميع من في بلدك، فخافه ذلك العامل وسَيَّر إليه ابن الأشعث فأكرمه رُتبيل، فقال ابن الأشعث لرتبيل: إن هذا العامل كان عاملي ومن جهتي، فغدر بي وفعل ما رأيت، فأذن لي في قتله،
(١) في ب، ط: غنم، وما أثبت يوافق الطبري (٦/ ٣٦٧) وابن الأثير (٤/ ٤٨٥). وتقدم ذكره في السنة الماضية. (٢) في الكامل لابن الأثير (٤/ ٤٨٤): ابن حلِّزة، وما هنا كالطبري (٦/ ٣٦٨). وهو أبو جلدة بن عبيد بن منقذ بن حجر بن عبيد الله بن مسلمة بن حبيب بن عدي بن جُشم بن غنم بن حبيب بن كعب بن يشكر بن بكر بن وائل، شاعر إسلامي أموي من ساكني الكوفة، كان من أخص الناس بالحجاج ثم خرج عليه مع ابن الأشعث، فقتله الحجاج. الأعلام للزركلي (٢/ ١٣٣). (٣) في الطبري وابن الأثير: فما كنا أناسًا أهل دين … فنصبر في البلاء إذا ابتُلينا (٤) سماه الطبري (٦/ ٣٦٩): عياض بن هميان أبو هشام بن عياض السدوسي، وفي ابن الأثير (٤/ ٤٨٥): ابن هشام السدوسي.

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