Kumayl ibn Ziyad (1), fils de Nahik ibn al-Haytham (2), an-Nakhʿî de Koufa, rapporta des traditions de ʿUmar, ʿUthmân, ʿAlî, Ibn Masʿûd et Abû Hurayra (3). Il assista ʿAlî à Siffîn et après cette bataille. C’était un homme courageux, redoutable, ainsi qu’un ascète et un dévot. Al-Hajjâj le fit exécuter au cours de cette même année.
On raconte qu’il vécut cent ans, et qu’Al-Hajjâj le fit tuer patiemment devant lui. La raison de son courroux à son égard fut que Kumayl avait sollicité ʿUthmân ibn ʿAffân pour qu’il obtienne réparation (qisâs) d’une gifle qu’il avait reçue de lui. Quand ʿUthmân lui offrit la possibilité d’obtenir réparation, Kumayl l’en dispensa. Al-Hajjâj s’écria alors : « Est-ce qu’un homme comme toi réclame réparation auprès du Commandeur des croyants ? » Puis il ordonna qu’on lui tranche la tête. Selon les dires, Al-Hajjâj mentionna également ʿAlî au passage et en parla en termes injurieux, tandis que Kumayl pria pour lui. Alors Al-Hajjâj lui déclara : « Par Dieu, je t’enverrai quelqu’un qui hait ʿAlî plus encore que tu ne l’aimes ! » Il envoya donc Ibn Adham – originaire, dit-on, de Homs – ou, selon d’autres, Abû al-Jahm ibn Kinâna, qui le mit à mort (4).
De nombreux membres de la génération des Tâbiʿîn ont rapporté de Kumayl. Il est par ailleurs connu pour la parole fameuse qu’il tient d’ʿAlî ibn Abî Tâlib et qui commence par : « Les cœurs sont comme des récipients, et les meilleurs d’entre eux sont les plus vastes. » Ce texte, assez long, a été transmis par plusieurs savants dignes de confiance, et il recèle des exhortations et un enseignement louable dont Dieu agrée l’auteur (5).
Quant à Zâdhân Abû ʿUmar al-Kindî (6), l’un des Tâbiʿîn, il buvait autrefois des boissons enivrantes et jouait du tambour. Puis Dieu lui accorda de se repentir par l’intermédiaire de ʿAbd Allâh ibn Masʿûd ; il retrouva alors la voie de la vérité (7) avec une grande crainte religieuse, au point que lorsqu’il se levait pour prier, on l’aurait pris pour un pieu. Un jour, il s’écria : « J’ai faim », et un pain aussi large qu’une meule tomba de l’ouverture du plafond. Il est jugé digne de confiance (thiqah) par Ibn Maʿîn et d’autres savants.