On rapporte qu’il transmet de Ibn ʿUmar, de Jâbir et d’autres encore. De lui dépendent (‘anhu) ʿAtâʾ ibn Abî Rabâḥ ainsi qu’Ibn ʿAwn. Il se rendit en délégation auprès de ʿAbd al-Malik, puis mourut à Damas en l’an quatre-vingt-deux. C’est ce qu’a rapporté al-Madâʾinî.
Il raconta qu’un homme avait acheté une esclave – elle récitait parfaitement le Coran, connaissait la poésie et d’autres domaines – et il l’aima d’un amour profond. Il dépensa pour elle toute sa fortune jusqu’à la faillite, au point qu’il ne lui resta plus rien, hormis cette esclave. Alors celle-ci lui dit : « Je vois bien que tu manques de ressources. Si tu me vendais afin de profiter de mon prix, ta situation s’améliorerait. » Il la vendit donc à ʿUmar ibn ʿUbayd Allâh – qui était alors gouverneur de Bassora – pour cent mille dirhams. Une fois l’argent encaissé, il regretta son choix, et l’esclave aussi. Elle s’adressa à son ancien maître par des vers (1) :
« Que te soit donc profitable l’argent que tu as reçu,
Il ne me reste dans les mains que mes pensées…
Je me dis, en proie à une dure angoisse (2) :
Réduis tes pleurs ou multiplie-les, car le compagnon s’est éloigné.
Si tu n’as pas la moindre échappatoire en cette affaire,
Et que tu ne puisses éviter la patience, alors patiente. »
Son ancien maître lui répondit :
« N’eût été la destinée qui m’a entravé et t’a éloignée,
Aucune autre cause que la mort n’aurait pu nous séparer. Patiente !
Vais-je revenir plongé dans la tristesse amère de ta séparation,
Confiant à mon cœur un long souvenir ?
Que la paix soit sur toi ; il n’y aura plus de visite entre nous,
Ni de lien, à moins que le fils de Maʿmar n’en décide autrement. »
Quand le fils de Maʿmar (Ibn Maʿmar) entendit qu’ils se languissaient ainsi l’un de l’autre, il jura de ne jamais séparer deux amants. Il remit alors à l’homme les cent mille (dirhams) ainsi que l’esclave, ému par leur profonde douleur de se voir séparés, si bien que l’homme repartit avec l’esclave et son prix.
ʿUmar ibn ʿUbayd Allâh ibn Maʿmar mourut à Damas de la peste. ʿAbd al-Malik ibn Marwân fit la prière funéraire sur lui, marcha derrière son cercueil, assista à son enterrement et prononça son éloge après sa mort. Il laissa pour descendant Talha, l’un des dignitaires des Quraych, qui épousa Fâtima bint al-Qâsim ibn Muḥammad ibn Jaʿfar moyennant une dot de quarante mille dinars. Elle lui donna deux enfants : Ibrâhîm et Ramla. Ramla épousa Ismâʿîl ibn ʿAlî ibn ʿAbd Allâh ibn ʿAbbâs avec pour dot cent mille dinars. (3)