Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il appartenait aux Arabes et demeurait dans la région de Wadi al-Qurâ et ses environs(1). C’était un homme chaste, préservé, pieux, un poète valeureux, parmi les plus éloquents de son temps. Kuthayyir ‘Urrah était son transmetteur (râwî), et il rapportait de Hudba ibn Khashram, qui lui-même rapportait de al-Hutay’a, lequel transmettait de Zuhayr ibn Abî Sulmâ et de son fils Ka‘b.

Kuthayyir ‘Azza dit : « Jamil était le plus grand poète des Arabes, comme le montrent ces vers :

“Et Taman m’a informé(2) que Taymâ est la demeure de Laylâ
lorsque l’été a jeté l’ancre.
Voici que les mois d’été se sont déjà écoulés pour nous :
qu’est-ce donc qui empêche la séparation d’apporter la satisfaction de mes désirs ?”(3)

On compte également parmi ses poèmes :

“Vous n’avez cessé, ô Buthayna(4), de me tourmenter jusqu’à ce que,
si dans mon désir je faisais pleurer la colombe, elle eût pleuré pour moi.
Les calomniateurs n’ont fait qu’accroître mon ardeur,
et les nombreux censeurs n’ont fait que prolonger mon entêtement.
Ni l’éloignement qui nous sépare n’a introduit l’oubli,
ni la longueur des nuits(5) une diminution de mon élan.
Ne sais-tu pas, ô toi qui as la salive douce, qu’aussitôt
que je ne vois pas ton visage, je demeure assoiffé ?
J’ai craint d’être surpris par la mort subitement,
alors qu’il me reste envers toi des désirs tels qu’ils sont.”

Le cadi Ibn Khallikân rapporte dans ses “Wafayât”(6) ces vers de Jamil :

“Je préserve certes votre secret, et il me réjouit
que tu puisses savoir(7) qu’on te mentionne en bien.
Il est des jours où je ne reçois de ta part aucun messager,
ou des jours où l’on se rencontre, qui me semblent durer des mois.
Puisse-je rencontrer la mort subitement
si le jour de notre rencontre n’est pas décrété !
Tant que je vivrai, mon cœur t’aime ; et si je meurs,
mon écho poursuivra le tien parmi les tombeaux.
Quant à ta promesse, je la guette
comme un pauvre observe un riche abondamment pourvu(8).
Toi et la promesse que tu me fais
n’êtes qu’un éclair au sein d’un nuage qui ne pleut jamais.”

Et encore :

“Il a aussi été rapporté au sujet de ‘Umar ibn Abî Rabî‘a, selon ce qu’a mentionné Ibn ‘Asâkir(9)…”

(1) Wādī al-Qurā : une vallée située entre al-Shām et al-Madīna, relevant du gouvernorat de Médine, comprenant un grand nombre de villages. Voir Muʿjam al-Buldān (5/345). (2) Dans l’édition : « et tu m’as informé » ; ce qui est avéré comme dans al-Aghānī et Wafayāt al-A‘yān. (3) Les vers dans al-Aghānī (8/125) et Wafayāt al-A‘yān (1/367). (4) Dans l’édition : « Je me suis trompé ». (5) Dans l’édition : « réunion » ; ce qui est avéré correspond à Wafayāt. (6) Wafayāt al-A‘yān (1/367-368). (7) Dans al-Aghānī : « lorsque tu évoques ». (8) Les trois vers précédents sont absents de l’édition. (9) Tārīkh Dimashq (11/274) sans le premier vers, alors qu’ils sont complets dans Wafayāt al-A‘yān (1/369-370).
العرب، كانت إقامته بوادي القرى وما حوله (١) ، وكان عفيفًا صيِّنًا ديِّنًا شاعرًا باسلًا، من أفصح الشعراء في زمانه، وكان كُثيِّر عرة راويته، وهو يروي عن هدبة بن خَشْرَم، عن الحطيئة، عن زهير بن أبي سلمى، وابنه كعب، قال كُثيِّر عزَّة: كان جميل أشعر العرب حيث يقول: وخبَّر تماني (٢) أنّ تيماء منزلٌ … لليلى إذا ما الصيفُ ألقى المراسيا فهذي شهورُ الصيفِ عنَّا قَدِ انقضتْ … فما للنوى يرمي بنيل المراميا (٣) ومنها قوله: وما زلتم (٤) يا بثن حتى لو انني … من الشوقِ أستبكي الحمامَ بكى ليا وما زادني الواشونَ إلا صبابةً … ولا كثرةُ الناهينَ إلا تماديا وما أحدثَ النأيُ المفرقُ بيننا … سلوًّا ولا طولُ الليالي (٥) تقاليا ألم تعلمي يا عذبة الريقِ أنني … أظل إذا لم ألقَ وجهك صاديا لقد خفت أن ألقى المنيةَ بغتةً … وفي النفسِ حاجاتٌ إليكِ كما هيا ورد له القاضي ابن خلكان في "الوفيات" (٦) قوله: إني لأحفظ سرَّكم ويسُرّني … لو تعلمينَ (٧) بصالحٍ أنْ تُذكري ويكون يومٌ لا أرى لك مُرْسلًا … أو نلتقي فيه عليَّ كأشهرِ يا ليتني ألقى المنية بغتة … إن كان يوم لقائكم لم يُقْدَرِ يهواك ما عشت الفؤاد وإن أمت … يتبع صداي صداكِ بين الأقبرِ إني إليكِ بما وعدتِ لناظر … نظر الفقير إلى الغنيِّ المكثر (٨) ما أنتِ والوعدُ الذي تعدينني … إلّا كبرقِ سحابةٍ لم تمطرِ وقوله: ورُوي لعمر بن أبي ربيعة فيما نقله ابن عساكر (٩) :
(١) وادي القرى: واد بين الشام والمدينة، من أعمال المدينة يحتوي على عدد كبير من القرى. معجم البلدان (٥/ ٣٤٥). (٢) في ط: وأخبرتماني؛ وما أثبت كالأغاني والوفيات. (٣) الأبيات في الأغاني (٨/ ١٢٥) ووفيات الأعيان (١/ ٣٦٧). (٤) في ط: زلت بي. (٥) في ط: اجتماع؛ وما أثبت يوافق الوفيات. (٦) وفيات الأعيان (١/ ٣٦٧ - ٣٦٨). (٧) في الأغاني: إذ تذكرين. (٨) الأبيات الثلاثة السابقة ساقطة من ط. (٩) تاريخ دمشق (١١/ ٢٧٤) بدون البيت الأول، وهي كاملة في وفيات الأعيان (١/ ٣٦٩ - ٣٧٠).

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