Un petit-fils, un petit-fils de foi et de bienfaisance… et un petit-fils qu’a recouvert Karbalâ ;
un petit-fils encore que nul regard ne verra tant que ne reviendront les cavaliers, précédés de leur bannière.
Il demeure absent, on ne le voit plus pendant un temps : à Radwâ, il possède du miel et de l’eau.
(1) Lorsque Ibn az-Zubayr s’apprêta à sévir contre Ibn al-Ḥanafiyya, ce dernier envoya un message à ses partisans de Kûfa par l’entremise d’Abû aṭ-Ṭufayl et Wâthila ibn al-Asqaʿ.
(2) Là se trouvait al-Mukhtâr ibn Abî ʿUbayd – or, Ibn az-Zubayr avait rassemblé d’importantes quantités de bois devant leurs portes pour les brûler. Lorsque la lettre d’Ibn al-Ḥanafiyya parvint à al-Mukhtâr – qui l’appelait « le Mahdî » –, celui-ci dépêcha Abû ʿAbd Allâh al-Jadalî à la tête de quatre mille hommes pour libérer les Banû Hâshim des mains d’Ibn az-Zubayr. Ibn ʿAbbâs prit part à cette sortie, puis mourut à aṭ-Ṭâ’if, tandis qu’Ibn al-Ḥanafiyya demeura auprès de ses partisans. Ibn az-Zubayr lui ordonna alors de partir loin de lui ; il se rendit donc en Syrie avec ses compagnons, environ sept mille hommes. Lorsqu’il atteignit Aylah,
(3) ʿAbd al-Malik lui écrivit : « Soit tu me prêtes allégeance, soit tu quittes mon territoire. » Ibn al-Ḥanafiyya lui répondit : « Je te prêterai allégeance à condition que tu assures la sécurité de mes hommes. » ʿAbd al-Malik accepta. Alors Ibn al-Ḥanafiyya se leva devant ses compagnons pour rendre grâce à Dieu et proclama : « Louange à Dieu qui a épargné votre sang et préservé votre religion. Que quiconque désire rentrer chez lui en toute sûreté le fasse. » Ainsi la plupart s’en retournèrent dans leurs contrées, et il ne resta plus que sept cents hommes. Il entra alors en iḥrâm pour une ʿumra, marqua son offrande et prit la route de La Mecque. Au moment d’entrer dans le Ḥaram, Ibn az-Zubayr dépêcha des cavaliers pour l’empêcher d’y pénétrer. Ibn al-Ḥanafiyya lui fit parvenir ce message : « Nous ne sommes pas venus pour la guerre ni pour le combat. Laisse-nous accomplir nos rites, puis nous partirons. » Ibn az-Zubayr refusa, si bien qu’Ibn al-Ḥanafiyya, qui avait déjà ses bêtes destinées au sacrifice, rebroussa chemin vers Médine. Il y séjourna en état de consécration jusqu’à l’arrivée d’al-Ḥajjâj, qui tua Ibn az-Zubayr. Durant tout ce temps, Ibn al-Ḥanafiyya resta en iḥrâm. Quand al-Ḥajjâj se mit en route vers l’Irak, Ibn al-Ḥanafiyya partit pour La Mecque afin de parfaire ses rites, mais plusieurs années s’étaient déjà écoulées. Durant toute cette période, les poux tombaient de lui à force de demeurer en iḥrâm. Une fois sa ʿumra accomplie, il retourna à Médine, où il vécut jusqu’à sa mort.
On rapporte que, lorsqu’al-Ḥajjâj eut tué Ibn az-Zubayr, il fit parvenir ce message à Ibn al-Ḥanafiyya : « L’ennemi de Dieu est mort, prête-moi serment d’allégeance. » Ibn al-Ḥanafiyya lui répondit : « Je prêterai serment quand tout le monde l’aura fait. » Al-Ḥajjâj le menaça : « Par Dieu, je te tuerai ! » Ibn al-Ḥanafiyya s’exclama : « Dieu jette trois cent soixante regards chaque jour dans la Table préservée et, dans chacune de ces vues, Il décrète trois cent soixante décisions. Il se peut que, par l’une de ces décisions, Dieu me suffise pour t’écarter. » Al-Ḥajjâj transmit ces propos à ʿAbd al-Malik, à qui ils plurent, et ʿAbd al-Malik lui écrivit : « Nous savons déjà que Muḥammad n’a pas l’intention de se rebeller. Sois indulgent avec lui ; il viendra de lui-même et te prêtera allégeance. » Puis ʿAbd al-Malik envoya ces mêmes paroles – “Dieu jette trois cent soixante regards...” – au roi des Romains lorsque ce dernier le menaçait d’armées innombrables, et il ajouta : « Ce ne sont pas là les propos d’ʿAbd al-Malik, ils viennent d’une autre source. »