Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis arriva l’année quatre-vingt-un (de l’Hégire). Cette année-là, ‘Ubayd Allāh ibn ‘Abd al-Malik ibn Marwān conquit la ville de Qāliqlā (1), et les musulmans y récoltèrent d’abondants butins.

Au cours de cette même année fut tué Bukayr ibn Wushāḥ, assassiné par Bahīr ibn Wiqā’ aṣ-Ṣuraymī, l’un des émirs les plus courageux (3). Par la suite, un membre de la tribu de Bukayr, nommé Ṣa‘ṣa‘ah ibn Ḥarb al-‘Awfī aṣ-Ṣuraymī, se souleva pour venger Bukayr et tua Bahīr ibn Wiqā’ — l’assassin de Bukayr — en le poignardant de son poignard tandis qu’il était assis auprès d’al-Muhallab ibn Abī Ṣufrah. On le transporta alors chez lui, à l’agonie. Al-Muhallab envoya Ṣa‘ṣa‘ah auprès de lui, et lorsque Bahīr ibn Wiqā’ put s’en saisir, il dit : « Placez sa tête à mes pieds », et ils la posèrent, puis Bahīr le transperça de sa lance jusqu’à le tuer, avant de mourir lui-même bientôt après. Anas ibn Ṭalq (4) lui avait pourtant déclaré : « Fais-lui grâce, tu as déjà tué Bukayr ibn Wushāḥ. » Mais il répondit : « Non, par Dieu ! Je ne mourrai pas alors que lui est encore en vie », puis il l’exécuta. On rapporte aussi qu’il ne l’aurait tué qu’après sa propre mort. Dieu sait mieux la vérité.

[La discorde (fitna) d’Ibn al-Ash‘ath]

Abū Mikhnaf a dit : « Son commencement date de cette année. » Al-Wāqidī, quant à lui, la situe en l’an quatre-vingt-deux. Ibn Jarīr (5) l’a placée cette même année, et nous l’avons suivi. La cause de cette discorde tient au fait qu’Ibn al-Ash‘ath était détesté par al-Ḥajjāj, qui nourrissait contre lui une rancune et ambitionnait de le priver du pouvoir. Lorsque al-Ḥajjāj lui confia l’armée mentionnée précédemment et lui ordonna d’entrer dans le territoire de Rutbīl (le souverain des Turcs), il s’y rendit et fit ce que nous avons déjà rapporté, s’emparant de certaines contrées. Il proposa alors à ses compagnons de stationner jusqu’à l’année suivante afin de se renforcer, et il écrivit à al-Ḥajjāj pour l’en informer. Al-Ḥajjāj lui répondit en trouvant ce plan insensé, l’accusant de faiblesse et de lâcheté, et l’enjoignit formellement à pénétrer en pays de Rutbīl. Puis il envoya une deuxième missive [puis une troisième] par courrier, dans lesquelles il écrivait notamment : « Ô fils de la tisserande, traître, apostat, exécute l’ordre que je t’ai donné de pousser loin ton offensive en terre ennemie, faute de quoi tu subiras un châtiment insupportable. »

(1) Qaliqala : ville d'Arménie majeure, dans les environs de Khilat puis dans ceux de Manazjird. Voir Muʿjam al-Buldān (4/299), ainsi que les récits dans al-Ṭabarī (6/331) et Ibn al-ʿAṯīr (4/457). (2) Baḥīr : avec un fatha sur la première lettre et un kasra sur le ḥāʾ muʿammalah. Ce nom est mentionné par al-Amīr Ibn Mākūlā dans al-Ikmāl (1/198). Dans une édition, cela a été déformé en « bajīr » avec un jīm à la place du ḥāʾ, ce qui constitue une erreur. Quant à « Wiqāʾ », cela s’écrit avec un kasra sur la première lettre suivi d’un qāf ; cette graphie est confirmée par Ibn Nāṣir al-Dīn dans Tawḍīḥ al-Mushtaḥib, tandis que l’édition ainsi que al-Ṭabarī et Ibn al-ʿAṯīr donnent « waraqāʾ », ce qui est incorrect. Une biographie de Baḥīr ibn Wiqāʾ se trouve dans Tārīkh al-Islām (événements des années 81 à 90 H), et l’auteur le présentera également dans les morts de cette année. (3) Voilà ce qu’a dit l’auteur, semblant signifier que « Bakīr ibn Washāḥ » a aussi été tué cette année-là, ce que personne parmi les transmetteurs de ce récit n’affirme. Al-Dhahabī rapporte l’expression plus clairement dans Tārīkh al-Islām : « En cette année fut tué Baḥīr ibn Wiqāʾ al-Ṣuraymī, l’un des grands chefs du Khorasan ; il fut combattu par l’ibn Khāzim qui l'emporta et le tua, puis Bakīr ibn Washāḥ fut tué ; le groupe de Bakīr attaqua, puis ils furent tués par la suite. » Voir Tārīkh al-Ṭabarī (6/331) et al-Kāmil d’Ibn al-ʿAṯīr (4/457). (4) Dans l’édition : Ṭāriq ; mais la version correcte est celle d’al-Ṭabarī (6/333). (5) Tārīkh al-Ṭabarī (6/334) et suivants.
[ثم دخلت سنة إحدى وثمانين] ففيها فتح عبيد الله بن عبد الملك بن مروان مدينة قاليقلا (١) وغنم المسلمون منها غنائم كثيرة. وفيها قُتِل بُكير بن وشاح قتله بَحِير (٢) بن وِقاء الصُّريمي وكان هذا من الأمراء الشجعان (٣) ، ثم ثار لبكير بن وشاح رجل من قومه يقال له صعصعة بن حرب العوفي الصريمي، فقتل بَحير بن وقاء الذي قتل بكيرًا، طعنه بخنجر وهو جالس عند المهلب بن أبي صفرة فحمل إلى منزله وهو بآخر رمق، فبعث المهلب بصعصعة إليه، فلما تمكن منه بَحير بن وقاء قال ضعوا رأسه عند رجلي، فوضعوه ثم طعنه بحير بحربته حتى قتله ومات على إثره. وقد قال له أنس بن طلق (٤) : اعف عنه فقد قتلت بكير بن وشاح، فقال: لا والله لا أموت وهذا حي ثم قتله. وقد قيل إنه إنما قتل بعد موته، فالله أعلم. [فتنة ابن الأشعث] قال أبو مخنف: كان ابتداؤها في هذه السنة، وقال الواقدي: في سنة ثنتين وثمانين، وقد ساقها ابن جرير (٥) في هذه السنة فوافقناه في ذلك، وكان سبب هذه الفتنة أن ابن الأشعث كان الحجاج يبغضه وكان هو يفهم ذلك ويضمر له السوء وزوال الملك عنه، فلما أمَّره الحجاج على ذلك الجيش المتقدم ذكره، وأمره بدخول بلاد رُتبيل [ملك الترك، فمضى] وصنع ما قدمنا ذكره من أخذه بعض البلاد، ثم رأيه لأصحابه أن يقيموا حتى يتقووا إلى العام المقبل، فكتب إلى الحجاج بذلك فكتب إليه الحجاج يستهجن رأيه في ذلك ويستضعفه ويقرعه بالجبن والنكول عن الحرب، ويأمره حتمًا بدخول بلاد رُتبيل، ثم أردف ذلك بكتاب ثانٍ [ثم ثالثٍ مع البريد، وكتب في جملة ذلك يا بن الحائك الغادر المرتد، امض إلى ما أمرتك به من الإيغال في أرض العدو وإلا حلّ بك ما لا يطاق. وكان الحجاج يبغض ابن
(١) قاليقلا: مدينة بأرمينية العظمى من نواحي خلاط ثم من نواحي منازجرد. معجم البلدان (٤/ ٢٩٩) والخبر في الطبري (٦/ ٣٣١) وابن الأثير (٤/ ٤٥٧). (٢) بحير: بفتح الموحدة وكسر الحاء المهملة، قيده الأمير ابن ماكولا في الإكمال (١/ ١٩٨)، وقد وقع في ط: (بجير" بالجيم وهو تصحيف. وأما "وقاء" فهو بكسر أوله ثم قاف، قيده ابن ناصر الدين في توضيح المشتبه ووقع في ط والطبري وابن الأثير: "ورقاء" خطأ. ولبحير بن وقاء ترجمة في تاريخ الإسلام (حوادث سنة ٨١ - ٩٠)، وسيترجمه المصنف أيضًا في وفيات هذه السنة. (٣) هكذا قال المصنف، وكأن مراده أن "بكير بن وشاح" قتل في هذه السنة أيضًا، ولم يقل أحد ممن نقل هذه الحكاية ذلك، والعبارة بأوضح مما هنا نقلها الذهبي في تاريخ الإسلام فقال: "وفيها قتل بحير بن وقاء الصريمي، وكان من كبار القواد بخراسان قاتله ابن خازم وظفر به فقتله، ثم قتل بكير بن وشاح فحمل عليه رهط بكير فقتلوه بعد ذلك" وانظر تاريخ الطبري (٦/ ٣٣١) والكامل لابن الأثير (٤/ ٤٥٧). (٤) في ط: طارق؛ وما أثبت يوافق الطبري (٦/ ٣٣٣). (٥) تاريخ الطبري (٦/ ٣٣٤) وما بعدها.

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