Mabʿad al-Juhanī al-Qadarī :
(1) On raconte qu’il s’agirait de Mabʿad ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUkaym. (2) Il est le rapporteur du ḥadīth : « Ne tirez aucun profit de la bête morte, ni de sa peau ni de ses nerfs. » (3) Certains avancent pourtant d’autres filiations à son sujet.
Il aurait reçu le ḥadīth de Ibn ʿAbbās, Ibn ʿUmar, Muʿāwiya, ʿImrān ibn Ḥuṣayn et d’autres encore. Il fut présent le jour de l’arbitrage, interrogea Abū Mūsā à ce propos et le conseilla. Par la suite, il rencontra ʿAmr ibn al-ʿĀṣ et le conseilla aussi, mais ce dernier lui déclara : « Eh là, bouc de Juhayna ! Tu n’es ni homme de secret ni de publicité. La vérité ne te profite pas et l’erreur ne te nuit pas. » (4) Cette remarque trahit l’intuition qu’eut ʿAmr ibn al-ʿĀṣ à son égard. C’est pourquoi Mabʿad passa pour être le premier à parler de la question du qaḍar (la prédestination). On dit qu’il a puisé ses idées auprès d’un chrétien d’Irak nommé Sawsan, et que Ghaylān (5) reçut plus tard la doctrine du qaḍar de Mabʿad.
Mabʿad était réputé pour sa piété et son ascèse. Ibn Maʿīn et d’autres considérèrent d’ailleurs ses ḥadīth comme fiables (6). Toutefois, al-Ḥasan al-Baṣrī déclara : « Méfiez-vous de Mabʿad, car il est égaré et égare les autres. » Il fit partie de ceux qui se soulevèrent aux côtés d’Ibn al-Ashʿath, et al-Ḥajjāj le soumit à de terribles représailles, diverses formes de torture, avant de le tuer.
Saʿīd ibn ʿUfayr affirme que c’est en réalité ʿAbd al-Malik ibn Marwān qui le fit crucifier à Damas en l’an 80 de l’Hégire, puis le mit à mort. Khalīfa ibn Khayyāṭ rapporte, quant à lui, qu’il serait décédé avant l’an 90. Dieu est plus savant. [On dit également que l’hypothèse la plus plausible est que c’est bien ʿAbd al-Malik qui l’a tué. Dieu est plus savant.]