Al-Ḥajjāj avait la responsabilité de tout l’Orient, tandis qu’Abū Burda ibn Abī Mūsā exerçait la fonction de juge à Kufa et Mūsā ibn Anas ibn Mālik celle de juge à Bassora (1).
Parmi les notables décédés cette année-là figure Aslam, affranchi de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb (2). Il s’agit d’Abū Zayd ibn Aslam dont l’origine remonte aux captifs de ʿAyn al-Tamr. ʿUmar l’acheta à La Mecque lorsqu’il y accomplit le pèlerinage en l’an 11 de l’Hégire. Aslam s’éteignit à l’âge de cent quatorze ans. Il rapporta plusieurs hadiths de ʿUmar et en transmit également de ses autres compagnons. Il jouissait de nombreux mérites.
Jubayr ibn Nufayr ibn Mālik al-Ḥaḍramī (3) fut également Compagnon et transmetteur de hadiths. Il comptait parmi les savants du Šām (Syrie) et était réputé pour son grand attachement à l’adoration et au savoir. Il mourut en Syrie à l’âge de cent vingt ans selon certains récits, tandis que d’autres estiment qu’il vécut plus ou moins longtemps.
ʿAbd Allāh ibn Jaʿfar ibn Abī Ṭālib (4), un grand Compagnon, vit le jour en Abyssinie, sa mère étant Asmāʾ bint ʿUmays. Il fut le dernier à avoir vu le Prophète ﷺ parmi les Banū Hāshim à décéder. Il résidait à Médine. Lorsque son père, Jaʿfar, fut martyrisé à la bataille de Muʾta, le Prophète ﷺ se rendit auprès de leur mère et déclara : « Amenez-moi les fils de mon frère. » On amena les enfants, si jeunes qu’ils ressemblaient à de frêles oisillons. Le Prophète ﷺ fit alors venir un coiffeur pour leur raser la tête, puis invoqua : « Ô Dieu ! Sois le garant de Jaʿfar au sein de sa famille et bénis la prospérité commerciale de ʿAbd Allāh. » Leur mère fit ensuite remarquer au Prophète ﷺ qu’ils n’avaient rien, ce à quoi il répondit : « Je leur tiendrai lieu de père. » (5)
Le Prophète ﷺ reçut le serment d’allégeance (bayʿa) de ʿAbd Allāh ibn Jaʿfar et de ʿAbd Allāh ibn al-Zubayr lorsqu’ils avaient sept ans, ce qui ne se produisit pour personne d’autre qu’eux. ʿAbd Allāh ibn Jaʿfar était connu pour sa très grande générosité. Il offrait des sommes considérables tout en les jugeant modestes. Un jour, il donna en aumône deux millions, un autre jour soixante mille à un homme, et une autre fois quatre mille dinars. On raconte même qu’un individu vint un jour