Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il ordonna de le crucifier sur une planche de bois et demanda à un homme de le frapper d’un coup de lance. Or la lance se courba contre l’une de ses côtes. Alors ‘Abd al-Malik lui dit : « Malheur à toi, avais-tu invoqué le nom de Dieu lorsque tu l’as poignardé ? » Il répondit : « J’ai oublié. » ‘Abd al-Malik lui répliqua : « Malheur à toi, prononce le nom de Dieu, puis poignarde-le. » L’homme prononça alors le nom de Dieu, le poignarda et le transperça. Auparavant, ‘Abd al-Malik l’avait fait emprisonner avant son supplice et avait mandé des hommes de savoir et de science afin de le sermonner et de lui enseigner que ce qui le tourmentait venait du démon. Mais il refusa de les écouter, si bien que ‘Abd al-Malik le fit ensuite crucifier. Cela relevait d’une justice et d’une religion accomplies.

Al-Walîd ibn Muslim rapporte, d’après Ibn Jâbir, qu’un témoin lui raconta avoir entendu ‘Utbah al-A‘war dire : « J’ai entendu al-‘Alâ’ ibn Ziyâd al-‘Adawî déclarer : “Je n’ai envié ‘Abd al-Malik pour rien de son pouvoir, si ce n’est pour avoir tué Hârith.” » On rapporte en effet que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a dit : « L’Heure ne se lèvera pas avant que n’apparaissent trente menteurs imposteurs, chacun prétendant être prophète. Celui qui émet une telle prétention, tuez-le. Et quiconque tue l’un d’entre eux obtiendra le Paradis. » (1)

Al-Walîd ibn Muslim a également rapporté : « J’ai appris que Khâlid ibn Yazîd ibn Mu‘âwiyah déclara à ‘Abd al-Malik : “Si j’avais été à tes côtés, je ne t’aurais pas conseillé de le tuer.” ‘Abd al-Malik lui demanda : “Pourquoi donc ?” Il répondit : “Il n’était atteint que d’une forme de folie (2). Si tu l’avais fait jeûner (3), elle se serait dissipée.” »

Al-Walîd cite aussi al-Mundhir ibn Nâfi‘, qui dit : « J’ai entendu Khâlid ibn al-Lajjâj s’adresser à Ghaylân en ces termes : “Malheur à toi, Ghaylân ! N’as-tu pas déjà, dans ta jeunesse, lancé des pommes aux femmes pendant le Ramadan ? Puis tu es devenu partisan de Hârith en dissimulant sa femme, prétendant qu’elle était Mère des Croyants ; et voilà que maintenant tu t’es transformé pour embrasser la doctrine qadari, devenant un zindîq (4) ?” »

Au cours de cette même année, ‘Ubayd Allâh ibn Abî Bakrah partit en campagne contre Rutabîl, le grand roi des Turcs parmi eux. Tantôt celui-ci ménageait les musulmans, tantôt il se rebellait. Al-Hajjâj écrivit alors à ‘Ubayd Allâh ibn Abî Bakrah afin qu’il l’affronte avec les musulmans présents à ses côtés, jusqu’à s’emparer de son territoire, renverser ses forteresses et tuer ses combattants. Il sortit donc avec un contingent issu de son pays, renforcé par un grand nombre d’hommes de Basra et de Kufa, et se heurta à Rutabîl, le roi des Turcs. Il le mit en déroute, démolissant ses assises à coups redoutables. Ibn Abî Bakrah et ses hommes traversèrent leur contrée, s’emparèrent d’une bonne partie de ses provinces, de ses cités et de ses villes, détruisant tout sur leur passage. Rutabîl dut se replier, poursuivi sans relâche jusqu’à ce qu’Ibn Abî Bakrah se trouvât à dix-huit parasanges de sa ville principale. Les Turcs éprouvèrent alors une grande crainte et leur coupèrent routes et cols, resserrant les voies à tel point que chaque musulman s’estimait voué à la perte. Dans ces circonstances, ‘Ubayd Allâh chercha à conclure la paix avec Rutabîl, lui proposant la somme de sept cent mille (5) pour que celui-ci ouvre un passage permettant aux musulmans de regagner leur pays. C’est alors que Shurayh ibn Hânî’, Compagnon du Prophète – et l’un des plus grands compagnons de ‘Alî, étant à la tête des gens de Kufa – exhorta les hommes au combat, à la fermeté et à l’affrontement par l’épée, la lance et les flèches, malgré l’interdiction d’’Ubayd Allâh ibn Abî Bakrah ; il n’obéit pas et lui répondit ainsi.

(1) Tārīkh Dimashq (11/427). La première partie du hadith est authentique, comme mentionné précédemment. (2) Dans Tārīkh Dimashq : « Il a avec lui un diable appelé al-Mudhahhab ». (3) Dans la source « B » : « Si je t'avais effrayé ». (4) Le rapport se trouve dans Tārīkh al-Islām (événements de l'année 61 - vol. 8, p. 389). (5) Dans la source « B » : « Six cent mille », et la mention confirmée concorde avec al-Ṭabarī (6/323) et Ibn al-ʿAthīr (4/450).
أمر بصلبه على خشبة وأمر رجلًا فطعنه بحربة فانثنت في ضلع من أضلاعه، فقال له عبد الملك: ويحك أذكرت اسم الله حين طعنته؟ فقال: نسيت، فقال: ويحك سمِّ الله ثم اطعنه، قال فذكر اسم الله ثم طعنه فأنفذه، وقد كان عبد الملك حبسه قبل صلبه وأمر رجالًا من أهل الفقه والعلم أن يعظوه ويعلموه أن هذا الذي به من الشيطان، فأبى أن يقبل منهم فصلبه بعد ذلك، وهذا من تمام العدل والدين. وقد قال الوليد بن مسلم، عن ابن جابر، فحدَّثني منْ سمع عتبة الأعور يقول: سمعت العلاء بن زياد العدوي يقول: ما غبطت عبد الملك بشيء من ولايته إلا بقتله حارثًا، حدثت أن رسول الله ﷺ قال: "لا تقوم الساعة حتى يخرج ثلاثون دجالون كذابون كلهم يزعم أنه نبي، فمن قاله فاقتلوه، ومن قتل منهم أحدًا فله الجنة" (١) . وقال الوليد بن مسلم: بلغني أن خالد بن يزيد بن معاوية قال لعبد الملك لو حضرتُكَ ما أمرتُكَ بقتله، قال: ولم؟ قال: إنه إنما كان به المذهَّب (٢) فلو جَوَّعْتَه (٣) لذهب ذلك عنه. وقال الوليد، عن المنذر بن نافع، سمعت خالد بن اللَّجْلاج يقول لغَيْلان: ويحك يا غَيْلان، ألم تأخذك في شبيبتك ترامي النساء في شهر رمضان بالتفاح، ثم صرت حارثيًا تُحجب امرأته وتزعم أنها أم المؤمنين ثم تحولت فصرت قدريًا زنديقًا (٤) ؟. وفيها غزا عُبيد الله بن أبي بكرة رُتبيل ملك الترك الأعظم فيهم، وقد كان يصانع المسلمين تارة ويتمرد أخرى، فكتب الحجاج إلى عبيد الله بن أبي بكرة أن ناجزه بمن معك من المسلمين حتى تستبيح أرضه وتهدم قلاعه وتقتل مقاتلته، فخرج في جمع من الجنود من بلاده وخلق من أهل البصرة والكوفة ثم التقى مع رُتبيل ملك الترك فكسره وهدم أركانه بسطوة بتَّارة، وجاس ابن أبي بكرة وجنده خلال ديارهم، واستحوذ على كثير من أقاليمه ومدنه وأمصاره، وتبَّر ما هنالك تتبيرًا، ثم إن رتبيل تقهقر منه وما زال يتبعه حتى اقترب من مدينته العظمى، حتى كانوا منها على ثمانية عشر فرسخًا وخافت الأتراك منهم خوفًا شديدًا، ثم إن الترك أخذت عليهم الطرق والشعاب وضيقوا عليهم المسالك حتى ظن كلٌّ من المسلمين أنه لا محالة هالك، فعند ذلك طلب عبيد الله أن يصالح رُتبيل على أن يدفع إليه سبعمئة ألف (٥) ، ويفتحوا للمسلمين طريقًا يخرجون منه ويرجعون عنهم إلى بلادهم، فانتدب شُرَيح بن هانئ - وكان صحابيًا، وكان من أكبر أصحاب علي وهو المقدم على أهل الكوفة - فندب الناس إلى القتال والمصابرة والنزال والجلاد بالسيوف والرماح والنبال، فنهاه عبيد الله بن أبي بكرة فلم ينته، وأجابه
(١) تاريخ دمشق (١١/ ٤٢٧). والشطر الأول من الحديث صحيح تقدم قبل قليل. (٢) في تاريخ دمشق: إن معه شيطانًا يقال له المذهَّب. (٣) في ب: فلو جزعته. (٤) الخبر في تاريخ الإسلام (حوادث سنة ٦١ - ٨٠/ ص ٣٨٩). (٥) في ب: ستمئة ألف، وما أثبت يوافق الطبري (٦/ ٣٢٣) وابن الأثير (٤/ ٤٥٠).

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