Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibrâhîm ibn Muhammad ibn Saʿd rapporte : « Mon père, Muhammad, m’a transmis d’après son père, Saʿd – qui est Saʿd ibn Abî Waqqâs –, ceci : “Je suis passé devant ʿUthmân ibn ʿAffân dans la mosquée et je l’ai salué. Il m’a fixé longuement puis n’a pas répondu à mon salut. Je suis alors allé voir ʿUmar ibn al-Khattâb et lui ai dit : ‘Ô Commandeur des croyants, y a-t-il eu un changement dans la façon de saluer ?’ Il répondit : ‘Non, qu’y a-t-il ?’ Je lui ai dit : ‘Rien, si ce n’est que je viens de croiser ʿUthmân à l’instant dans la mosquée, je l’ai salué, et il m’a longuement regardé sans me répondre.’”

ʿUmar envoya donc chercher ʿUthmân. Lorsqu’il arriva, il lui demanda : ‘Qu’est-ce qui t’a empêché de rendre le salut de ton frère ?’ ʿUthmân dit : ‘Je ne me souviens pas avoir fait cela.’ Saʿd raconta : ‘Alors j’ai insisté : “Si, tu ne m’as pas répondu.” Nous en sommes arrivés à faire mutuellement un serment, puis ʿUthmân se ravisa et déclara : “Oui, je demande pardon à Dieu et je me repens auprès de Lui. Tu es effectivement passé près de moi tout à l’heure, mais j’étais alors absorbé par une parole que j’ai entendue du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui). Par Dieu, chaque fois que je me la remémore, ma vue et mon cœur se voilent.”

Saʿd poursuivit : “Je vais t’en informer. Le Messager de Dieu (ﷺ) nous avait parlé d’une première invocation, lorsqu’un bédouin vint l’interrompre et le retint jusqu’à ce qu’il se lève. Je le suivis, et craignant qu’il ne me devance jusqu’à sa demeure, je frappai le sol du pied. Le Messager de Dieu (ﷺ) se retourna et dit : ‘Qui est-ce ? Abû Isḥâq ?’ Je répondis : ‘Oui, ô Messager de Dieu !’ Il reprit : ‘Qu’y a-t-il ?’ Je dis : ‘Par Dieu, il n’y a rien, sinon que tu nous parlais de la première invocation, puis ce bédouin est arrivé et t’a retenu.’ Le Prophète (ﷺ) dit alors : ‘Oui, c’est l’invocation de Dhou An-Noun quand il se trouva dans le ventre du poisson : “Il n’est de divinité que Toi, gloire à Toi, j’ai été vraiment parmi les injustes.” Jamais un Musulman n’adresse cette prière à son Seigneur pour quoi que ce soit sans qu’Il ne l’exauce.’” » (1)

Ce hadith est également rapporté par At-Tirmidhî et An-Nassâ’î, d’après la même chaîne de transmission, de la part d’Ibrâhîm ibn Muhammad ibn Saʿd.

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On relate la valeur de Yûnus (que la paix soit sur lui) : Dieu – Exalté soit-Il – a dit : « Et certes, Yûnus était du nombre des Messagers » (As-Saffât, 139). Il l’a aussi mentionné parmi les nobles prophètes dans les sourates An-Nisâ’ et Al-Anʿâm. Que sur eux tous soient les prières et salutations les meilleures de la part de Dieu.

L’imam Aḥmad (2) rapporte : « Wakiʿ nous a transmis, d’après Sufyân, d’après Al-Aʿmach, d’après Abû Wâ’il, d’après ʿAbd Allâh qui a dit : “Le Messager de Dieu (ﷺ) a déclaré : ‘Il ne convient à personne de dire qu’il est meilleur que Yûnus ibn Matta.’” » Al-Bukhârî relate aussi ce hadith selon la transmission de Sufyân Ath-Thawrî (3).

(1) Rapporté par al-Tirmidhî (n° 3505) dans les Invocations, an-Nasâ'î (n° 656) dans Le Travail du Jour et de la Nuit, et al-Hâkim dans al-Mustadrak (1/505 et 2/382), qui l’a authentifié et dont al-Dhahabî a confirmé la véracité. (2) Dans al-Musnad (1/390) avec une chaîne de transmission authentique. (3) Rapporté par al-Bukhârî (n° 4804) dans le Tafsîr.
إبراهيم بن محمد بن سعد، حدَّثني والدي محمد، عن أبيه سعد -وهو ابن أبي وقَّاص- قال: مررتُ بعثمانَ بن عفَّان في المسجد، فسلَّمتُ عليه، فملأ عينيه منِّي ثم لم يردَّ عليّ السلام، فأتيتُ عمرَ بن الخطَّاب، فقلت: يا أمير المؤمنين: هل حدثَ في السلام شيءٌ؟ قال: لا، وما ذاك؟ قلت: لا إلا أني مررتُ بعثمان آنفًا في المسجد فسلَّمت عليه، فملأ عينيْه منِّي ثم لم يرد عليّ السلام. قال: فأرسلَ عمر إلى عثمان فدعاه، فقال: ما منعكَ ألا تكونَ رددتَ على أخيك السلام؟ قال: ما فعلتُ، قال سعد: قلت: بلى، حتى حلفَ وحلفتُ، قال: ثم إنَّ عثمانَ ذكرَ فقال: بلى، وأستغفرُ الله وأتوبُ إليه. إنك مررتَ بي آنفًا، وأنا أُحدِّث نفسي بكلمة سمعتُها من رسول الله ﷺ : لا والله ما ذكرتُها قط إلا تغشَّى بصري وقلبي غشاوة. قال سعد: فأنا أُنبئك بها، إنَّ رسول الله ﷺ ذكرَ لنا أوَّلَ دعوة، ثم جاء أعرابي فشغلَه حتى قام رسول الله ﷺ فاتَّبعتُه، فلما أشفقتُ أن يَسبقني إلى منزله ضربتُ بقدمي الأرضَ، فالتفتَ إليَّ رسول الله ﷺ فقال: "منْ هذا؟ أبو إسحاق" قال: قلت: نعم يا رسول الله! قال: "فمه؟ " قلت: لا والله، إلا أنك ذكرت لنا أول دعوة، ثم جاء هذا الأعرابي فشغلكَ، قال: "نعم دعوة ذي النون إذ هو في بطن الحوت ﴿لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ سُبْحَانَكَ إِنِّي كُنْتُ مِنَ الظَّالِمِينَ﴾. فإنه لم يدعُ بها مسلمٌ ربَّه في شيء قطُّ إلا استجابَ له" . ورواه الترمذي والنسائي من حديث إبراهيم بن محمد بن سعد به (١) . * * * ذكر فضل يونس (عليه السلام) - قال الله تعالى: ﴿وَإِنَّ يُونُسَ لَمِنَ الْمُرْسَلِينَ﴾ [الصافات: ١٣٩] وذكرَه تعالى في جملة الأنبياء الكرام في سورتي النساء والأنعام، عليهم من الله أفضل الصلاة والسلام. وقال الإمام أحمد (٢) : حدَّثنا وكيع، حدَّثنا سفيان، عن الأعمش، عن أبي وائل، عن عبد الله قال: قالَ رسولُ الله ﷺ : "لا ينبغي لعبدٍ أن يقولَ أنا خير من يُونس بن متَّى" . ورواه البخاري من حديث سفيان الثوري به (٣) .
(١) أخرجه الترمذي (٣٥٠٥) في الدعوات، والنسائي (٦٥٦) في عمل اليوم والليلة، والحاكم في المستدرك (١/ ٥٠٥) و (٢/ ٣٨٢) وصححه، ووافقه الذهبي. (٢) في المسند (١/ ٣٩٠) وإسناده صحيح. (٣) أخرجه البخاري (٤٨٠٤) في التفسير.

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