Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Deux femmes, la grand-mère d’un garçon et sa mère, vinrent trouver le juge Shouraïh pour se disputer la garde de l’enfant, chacune affirmant : « C’est moi qui en ai le plus grand droit. »

La grand-mère déclara :
« Ô Abâ Mayyah, nous sommes venues à toi… Et tu es bien l’homme vers qui l’on accourt (1)
J’apporte son aïeule et mon fils devant toi (2)… et nous sommes toutes deux prêtes à le racheter.
Si tu étais demeurée veuve, jamais tu ne l’aurais disputé avec moi.
Tu t’es remariée ; rends-moi donc l’enfant… Ne te laisse pas emporter par l’égarement (3).
Ô juge, voici mon récit à ce sujet. »

La mère protesta :
« Ô juge, certes la grand-mère t’a parlé,
mais écoute-moi à ton tour et ne me renvoie pas (4) repoussée.
Elle te dit de t’accommoder de la perte de mon fils,
mais c’est moi qui ai porté son fardeau dans mes entrailles.
Lorsqu’il est devenu orphelin, seul et sans soutien (5),
je me suis remariée dans l’espoir du bien, avec quelqu’un qui pourvoirait à ses besoins,
quelqu’un qui me manifesterait de l’affection (6)
et qui saurait généreusement m’aider. »

Alors Shouraïh s’exprima :
« Le juge a entendu vos deux discours, puis il a prononcé son jugement ; et c’est un devoir exigeant pour le juge, s’il devait un jour faillir (7). »

S’adressant à la grand-mère, il dit :
« Présente-toi avec l’enfant… Reprends ton fils à celle qui est sujette à tant de travers.
Si elle avait fait preuve de patience, elle aurait obtenu, bien avant toute requête, ce qu’elle aspire à avoir en retour (8). »

C’est ainsi qu’il attribua l’enfant à la grand-mère.

Quant à ‘Abd ar-Razzâq (9), il rapporta : « Ma‘mar ibn ‘Awn nous raconta, d’après Ibrâhîm, que Shouraïh jugea un jour un homme sur la base de ses propres aveux. L’homme s’écria : “Ô Abû Umayyah, tu m’as condamné sans preuve !” » Shouraïh lui répondit : « Fais-moi donc part de ce que t’a confié le fils de la sœur de ta tante maternelle. »

(1) À l'origine : « وأنت المستعان به » ; ce qui est ici concerne les ṭabaqāt (catégories). (2) À l'origine : « جده ابن وأم » ; ce qui est ici concernant les ṭab‘āt (impressions/éditions). (3) À l'origine : « الفيه » qui est une altération ; ce qui est ici à propos des ṭabaqāt. (4) Dans les ṭabaqāt : « ولا تبطرني ». (5) Dans les ṭabaqāt : « ضائعًا ». (6) Dans les ṭabaqāt : « وده … ومن يكفل … ». (7) Dans les ṭabaqāt : « وقضى بينكما ثم فصل ». (8) Dans les ṭabaqāt : « قبل دعواها تبغيها البدل ». (9) Voir Siyar A‘lām al-Nubalāʾ, vol. 4, p. 105.
وأتت شريحًا امرأتان جدة صبي وأمه يختصمان فيه كل واحدة تقول: أنا أحق به. أبا مَيَّهْ أتيناك … وأنتَ المرء نأتيهِ (١) أتاكَ (٢) جدهُ وابني … وكلتانا نفديهِ فلو كنتِ تأيمتِ … لما نازعتكي فيهِ تزوجتِ فهاتيه … ولا يذهب بكِ التيهِ (٣) ألا يا أيها القاضي … فهذي قصتي فيهِ قالت الأم: ألا يا أيها القاضي … لقد قالت لك الجدَّه وقولًا فاستمع مني … ولا تطردني (٤) ردهْ تعزي النفسَ عن ابني … وكبِدي حملتْ كَبْدهْ فلما صارَ في حجري … يتيمًا مفردًا (٥) وحْدهْ تزوجتُ رجاءَ الخيـ … ــــــــــرِ منْ يكفيني فقدهْ ومن يُظهرُ لي الودَّ (٦) … ومنْ يحسنُ لي رِفدهْ فقال شريح: قَدْ سمعَ القاضي ما قلتما ثمَ قضى … وعلى القاضي جهدٌ إنْ غفلٍ (٧) قالَ للجدةِ: بِيني بالصبي … وخذي ابنكِ منْ ذاتِ العللِ إنها لو صبرتْ كانَ لها … قبلَ دعوى ما تبتغيه للبدلِ (٨) فقضى به للجدة. وقال عبد الرزاق (٩) : حدَّثنا معمر بن عون، عن إبراهيم، عن شريح أنه قضى على رجل باعترافه فقال: يا أبا أمية قضيت على بغير بينة، فقال شريح: أخبرني ابن أخت خالتك.
(١) في الأصل (وأنت المستعان به) وما هنا عن الطبقات. (٢) في الأصل (جده ابن وأم) وما هنا عن الطبعات. (٣) في الأصل (الفيه) وهو تحريف وما هنا عن الطبقات. (٤) في الطبقات: ولا تبطرني. (٥) في الطبقات: ضائعًا. (٦) في الطبقات: وده … ومن يكفل … (٧) في الطبقات: وقضى بينكما ثم فصل. (٨) في الطبقات: قبل دعواها تبغيها البدل. (٩) سير أعلام النبلاء (٤/ ١٠٥).

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