Il se parfuma, puis se leva pour prier ; elle se leva également et pria avec lui. Ainsi, ils ne cessèrent de prier jusqu’à l’apparition de l’aube. Il dit : « Je suis allé le voir et lui ai demandé : “Ô mon oncle, on t’a offert ta cousine cette nuit, tu t’es pourtant mis à prier en la délaissant ?” » Il répondit : « Tu m’as fait entrer, au début de la journée, dans une maison qui m’a rappelé l’Enfer, et tu m’as fait entrer, à la fin de la journée, dans une autre maison qui m’a rappelé le Paradis. Mon esprit n’a pas cessé de méditer sur ces deux demeures jusqu’au matin : la maison qui me rappelle l’Enfer est le hammam, et la maison qui me rappelle le Paradis est la demeure de la mariée. »
Un homme lui dit : « Invoque Dieu pour moi. » Il répondit : « Que Dieu te donne l’ardent désir de ce qui demeure, te fasse dédaigner ce qui passe, et t’accorde la certitude qui ne s’appuie que sur Lui, et dans la religion ne s’en remet qu’à Lui. »
Quant à Ṣila, il était parti en expédition avec son fils et lui dit : « Ô mon fils, va de l’avant et combats afin que je puisse t’offrir en offrande. » Le fils chargea l’ennemi, combattit et fut tué. Ṣila s’avança ensuite, combattit et fut également tué. Les femmes se rassemblèrent alors auprès de son épouse, Muʿādha al-ʿAdawiyya, qui leur déclara : « Si vous êtes venues pour me féliciter, soyez les bienvenues ; mais si vous êtes venues pour me présenter vos condoléances, retournez d’où vous venez. » Ṣila mourut avec son fils lors de la même expédition vers les contrées de la Perse (1).
Zuhayr ibn Qays al-Ballawī (2) assista à la conquête de l’Égypte, s’y établit et jouit de la compagnie (du Prophète). Il fut tué par les Byzantins à Barqa, au Maghreb, car le gouverneur d’Égypte, ʿAbd al-ʿAzīz ibn Marwān, reçut un appel au secours signalant que les Byzantins étaient arrivés à Barqa. Il ordonna alors à Zuhayr de partir à leur rencontre. Zuhayr s’avança avec quarante hommes, trouva les Byzantins et voulut différer le combat jusqu’à l’arrivée de l’armée ; mais ses compagnons dirent : « Ô Abū Shaddād, lance-toi contre eux avec nous ! » Il se jeta avec eux dans la bataille et tous furent tués.
Al-Mundhir ibn al-Jārūd (3) mourut cette année-là. Il avait exercé la charge de Bayt al-Māl (la trésorerie) et avait été envoyé auprès de Muʿāwiya. Dieu est plus savant (4).
[Ensuite débuta l’année soixante-dix-sept]. Cette année-là, al-Ḥajjāj fit sortir les combattants de Koufa, au nombre de quarante mille, auxquels s’ajoutèrent dix mille autres, pour atteindre un total de cinquante mille. Il leur désigna ʿAttāb ibn Waraqā comme chef et lui ordonna de se diriger contre Shabīb ibn Yazīd et de s’engager résolument dans le combat. Ils étaient