Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils se mirent donc en marche vers eux à la tête de trois mille combattants, tandis que les kharijites n’étaient qu’environ cent dix hommes.

(1)
Ils atteignirent ainsi leur objectif alors qu’il se trouvait à Âmid. Salih divisa ses hommes en deux groupes : il conduisit la moitié contre Khâlid ibn Ju’zz, tandis qu’il dépêcha Shabîb vers al-Hârith ibn Ja‘wana avec le reste. La bataille fut rude jusqu’à la nuit. Au crépuscule, les deux camps se séparèrent, et l’on compta près de soixante-dix morts parmi les kharijites, contre une trentaine chez les partisans d’Ibn Marwân. Durant la nuit, les kharijites prirent la fuite, quittèrent la Jazîra et passèrent en territoire de Mossoul. Ils poursuivirent jusqu’à franchir ad-Daskara. Al-Hajjâj envoya alors trois mille hommes menés par al-Hârith ibn ‘Amîra, qui partit à leur poursuite jusqu’à les rattraper en terre de Mossoul.

(2)
Or, Salih n’avait avec lui que quatre-vingt-dix hommes. Lorsqu’il les rencontra, il organisa ses troupes en trois escadrons : il menait le premier, Shabîb le second sur son flanc droit et Suwayd ibn Sulaymân le troisième sur son flanc gauche. Al-Hârith ibn ‘Amîra lança l’assaut, accompagné de son aile droite conduite par Abû ar-Rawâ‘ ach-Châkirî et de son aile gauche sous les ordres d’az-Zubayr ibn al-Arwah at-Tamîmî. Les kharijites combattirent avec une grande ténacité. Puis, Suwayd ibn Sulaymân quitta le champ de bataille, et Sâliḥ ibn Musarriḥ, leur émir, fut tué. Shabîb fut désarçonné, mais les kharijites restants se regroupèrent autour de lui, l’emportèrent et se réfugièrent dans une forteresse voisine. Il ne leur restait plus qu’une soixantaine d’hommes. Al-Hârith ibn ‘Amîra les encercla et ordonna à ses soldats de mettre le feu à la porte, ce qu’ils firent. Les troupes revinrent alors à leur camp, attendant que la porte s’embrase pour saisir les kharijites de force.

Une fois le camp regagné et l’alerte retombée, les kharijites firent une sortie, fonçant par cette porte en chevauchant montures robustes et légères. Ils attaquèrent de nuit l’armée d’al-Hârith ibn ‘Amîra, leur infligeant de lourdes pertes. Les forces gouvernementales s’enfuirent précipitamment vers al-Madâ’in. Shabîb et ses compagnons s’emparèrent de tout ce que contenait le camp d’al-Hârith ibn ‘Amîra. Telle fut la première armée qu’il vainquit. La mort de Sâliḥ ibn Musarriḥ advint un mardi, treize jours avant la fin de Jumâdâ al-Âkhira

(3)
de cette année-là.

Au cours de cette même année, Shabîb entra à Kûfa, accompagné de son épouse Ghazâla. Il avait connu plusieurs péripéties après la mort de Sâliḥ ibn Musarriḥ, sur lesquelles il serait trop long de s’étendre ici. Les kharijites s’étaient rassemblés autour de lui et lui avaient prêté allégeance. Al-Hajjâj lui envoya une autre armée qu’il parvint d’abord à vaincre, avant de la mettre de nouveau en déroute. Il se rendit ensuite assiéger al-Madâ’in, sans parvenir à s’en emparer. Il poursuivit sa route et s’empara de montures appartenant à al-Hajjâj près de Klûwadhâ, envisageant d’attaquer de nuit les habitants d’al-Madâ’in. Les soldats qui s’y trouvaient s’enfuirent alors vers Kûfa. Lorsque les fuyards atteignirent al-Hajjâj, celui-ci équipa une armée de quatre mille hommes pour marcher contre Shabîb. Ils traversèrent al-Madâ’in, puis se mirent à sa recherche, tandis qu’il progressait devant eux pas à pas, feignant de les craindre. De temps à autre, il se jetait sur leur avant-garde, la mettait en pièces, en emportait le butin et, chaque fois qu’il croisait un combattant, il le défaisait. Al-Hajjâj le talonnait sans relâche, dépêchant troupes et renforts, mais Shabîb n’en avait cure et il n’était accompagné que

(1) Les parenthèses indiquent un ajout par l'éditeur. (2) Dans l’Histoire de Ṭabarī (vol. 6, p. 222) et Ibn al-Athīr (vol. 4, p. 396), il est fait mention du village de al-Mudabbaj, situé aux confins entre Mossoul et Joukhā. (3) Tel quel dans le manuscrit original aux deux endroits ; dans l’Histoire de Ṭabarī, on lit « Suwayd ibn Sulaym », ce qui est plus exact. Il sera mentionné de nouveau plus loin (p. 153) sous le même nom « Suwayd ibn Sulaym ». (4) Dans l’Histoire de Ṭabarī (vol. 6, p. 223), la date est en Ǧumādā al-ʾAwwal.
الأمير على الناس، [فساروا إليهم في ثلاثة آلاف مقاتل، والخوارج في نحو من مئة نفس وعشرة أنفس] (١) فانتهيا إليه وهو بآمد، فتوجه صالح في شطر الناس إلى خالد بن جزء، ووجه شبيبًا للحارث بن جَعْوَنة في الباقين، فاقتتل الناس قتالًا شديدًا إلى الليل، فلما كان المساء انكشف كل من الفريقين عن الآخر، وقد قتل من الخوارج نحو السبعين وقتل من أصحاب ابن مروان نحو الثلاثين، وهربت الخوارج في اللّيل فخرجوا من الجزيرة وأخذوا في أرض الموصل ومضوا حتى قطعوا الدسكرة، فبعث إليهم الحجاج ثلاثة آلاف مع الحارث بن عميرة، فسار نحوهم حتى لحقهم بأرض الموصل (٢) وليس مع صالح سوى تسعين رجلا، فالتقى معهم وقد جعل صالح أصحابه ثلاثة كراديس، فهو في كردوس، وشبيب عن يمينه في كردوس، وسويد بن سليمان (٣) عن يساره في كردوس، وحمل عليهم الحارث بن عميرة، وعلى ميمنته أبو الرواع الشاكري، وعلى ميسرته الزبير بن الأروَح التميميّ، فصبرت الخوارج على قتلهم صبرًا شديدًا، ثم انكشف سويد بن سليمان، ثم قتل صالح بن مُسرِّح أميرهم، وصرع شبيب عن فرسه فالتف عليه بقية الخوارج حتى احتملوه فدخلوا به حصنًا هنالك، وقد بقي معهم سبعون رجلًا، فأحاط بهم الحارث بن عميرة وأمر أصحابه أن يحرقوا الباب ففعلوا، ورجع الناس إلى معسكرهم ينتظرون حريق الباب فيأخذون الخوارج قهرًا، فلما رجع الناس واطمأنوا خرجت عليهم الخوارج على الصعب والذلول من الباب فبيَّتوا جيش الحارث بن عميرة فقتلوا منهم مقتلة عظيمة، وهرب الناس سراعًا إلى المدائن، واحتاز شبيب وأصحابه ما في معسكر الحارث بن عميرة، وكان أول جيش هزمه شبيب، وكان مقتل صالح بن مسرح في يوم الثلاثاء لثلاث عشرة ليلة بقيت من جمادى الآخرة (٤) من هذه السنة. وفيها دخل شبيب الكوفة ومعه زوجته غزالة، وذلك أن شبيبًا جرت له فصول يطول تفصيلها بعد مقتل صالح بن مسرِّح، واجتمعت عليه الخوارج وبايعوه، وبعث إليه الحجاج جيشًا آخر فقاتلوه فهزموه ثم هزمهم بعد ذلك، ثم سار فحاصر المدائن فلم ينل منها شيئًا، فسار فأخذ دوابًا للحجاج من كلواذا، وفي عزمه أن يبيِّت أهل المدائن فهرب من فيها من الجند إلى الكوفة، فلما وصل فلّهم إلى الحجاج جهز جيشًا أربعة آلاف مقاتل إلى شبيب، فمروا على المدائن ثم ساروا في طلب شبيب فجعل يسير بين أيديهم قليلًا قليلًا وهو يريهم أنه خائف منهم، ثم يكر في كل وقت على المقدمة فيكسرها وينهب ما فيها، ولا يواجه أحدًا إلا هزمه، والحجاج يلحُّ في طلبه ويجهز إليه السرايا والبعوث والمدد وهو لا يبالي بأحد وإن ما معه
(١) ما بين معكوفين زيادة من ط. (٢) في تاريخ الطبري (٦/ ٢٢٢) وابن الأثير (٤/ ٣٩٦) في قرية المدبّج على تخوم ما بين الموصل وجوخى. (٣) هكذا في الأصل في الموضعين، وفي تاريخ الطبري: "سويد بن سليم" وهو الأصوب. وسيأتي بعد صفحات أيضًا (ص ١٥٣) وسماه: "سويد بن سليم". (٤) في تاريخ الطبري (٦/ ٢٢٣) جمادى الأولى.

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