Puis al-Bazzâr (1) déclara : « Nous ne savons pas qu’il soit rapporté du Prophète (que Dieu le couvre de Sa bénédiction et de Sa paix) si ce n’est par cette chaîne de transmission. » C’est ainsi qu’il s’exprima.
Ibn Abî Hâtim a dit dans son Tafsîr : « Nous raconta Abû ‘Abd Allâh Aḥmad ibn ‘Abd ar-Raḥmân, le frère d’Ibn Wahb, qui dit : “Mon oncle nous raconta, de la part d’Abû Ṣakhr, que Yazîd ar-Raqâshî l’informa avoir entendu Anas ibn Mâlik – et je ne doute pas qu’Anas remonte ce récit jusqu’au Messager de Dieu (que Dieu le couvre de Sa bénédiction et de Sa paix) – que le Prophète Yûnus (sur lui la paix), lorsque l’idée lui vint d’invoquer Dieu par ces paroles alors qu’il se trouvait dans le ventre de la baleine, prononça : ‘Ô Seigneur, (Il n’est de Dieu que Toi, gloire à Toi, j’ai vraiment été du nombre des injustes) [al-Anbiyâ’, v. 87].’” »
Il poursuivit : « L’invocation se dirigea aussitôt, vibrante, vers le Trône. Alors les anges dirent : “Ô notre Seigneur ! Voilà une voix faible, mais que nous reconnaissons, en provenance d’un pays lointain.” Et Dieu dit : “Ne la reconnaissez-vous donc pas ?” Ils répondirent : “Ô notre Seigneur, qui est-ce donc ?” Il dit : “C’est Mon serviteur Yûnus.” Ils dirent : “Ton serviteur Yûnus, celui dont les œuvres n’ont cessé de s’élever vers Toi comme des actes agréés et dont l’invocation est toujours exaucée. Ô Seigneur, ne ferais-Tu donc pas miséricorde de ce qu’il accomplissait en temps d’aisance et ne le sauverais-Tu pas de cette détresse ?” Il répondit : “Bien sûr.” Puis Il ordonna à la baleine de le rejeter sur la terre ferme (2). »
Ibn Jarîr (3) le rapporta également, d’après Yûnus, d’après Ibn Wahb, selon la même chaîne. Ibn Abî Hâtim (4) ajouta : « Abû Ṣakhr, Ḥumayd ibn Ziyâd, m’informa : Ibn Qusayṭ me rapporta, alors que je lui relatais ce ḥadîth, qu’il avait entendu Abû Hurayrah dire : “Il fut rejeté sur la berge, et Dieu fit pousser pour lui une plante de ‘yaqṭîn’ [et on demanda : ‘Ô Abû Hurayrah, qu’est-ce que le ‘yaqṭîn’ ?] (5) — C’est la plante de la courge (dubbâ’), répondit-il. Abû Hurayrah poursuivit : ‘Puis Dieu lui envoya une chevrette sauvage (6) qui se nourrissait d’herbes (ou il dit : de végétation). Elle vint auprès de lui, se posa près de lui, puis le désaltérait de son lait chaque matin et chaque soir, jusqu’à ce qu’il recouvre sa vigueur.’” »
Umayya ibn Abî Ṣ-Ṣalt a composé à ce sujet un vers de poésie (mètre at-Ṭawîl) :
« Il lui fit pousser une plante de yaqṭîn par miséricorde, venant de Dieu ; sans la grâce divine, il serait demeuré amaigri. » (8)
Ce récit est aussi jugé inhabituel selon cette chaîne, et Yazîd ar-Raqâshî est faible. Cependant, il se trouve renforcé par le ḥadîth d’Abû Hurayrah mentionné plus haut, tout comme ce dernier est soutenu par le premier, et Dieu est plus savant.
Dieu – exalté soit-Il – a dit : « Nous le jetâmes (بالعراء) », c’est-à-dire Nous l’avons rejeté dans un lieu nu, sans aucune végétation, dépourvu de tout arbre, « alors qu’il était souffrant », c’est-à-dire qu’il avait le corps affaibli. Ibn Mas‘ûd a dit : « Il était tel un oisillon… »