Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il faisait partie des éminents compagnons d’Ibn Masʿūd et comptait parmi les plus grands notables de Koufa. Il jeûnait sans discontinuer, au point que son œil s’en trouva affecté par l’excès de jeûne. Il avait accompli quatre-vingts pèlerinages et ʿumra à la Maison Sacrée, entamant le rite de la sacralisation (ihrām) depuis Koufa. Il mourut cette année-là. Il jeûnait tant et si bien que son teint virait au verdâtre puis au jaunâtre. Lorsque sa mort approcha, il se mit à pleurer. On lui demanda : « Pourquoi cette crainte ? » Il répondit : « Pourquoi ne serais-je pas effrayé ? Qui est plus en droit que moi de l’être ? Par Dieu, même si on m’annonçait que Dieu m’a pardonné, je ressentirais encore de la pudeur devant Lui pour ce que j’ai commis. Il arrive qu’un homme commette une faute mineure envers un autre ; quand celui-ci l’en absout, le premier n’en conserve pas moins un sentiment de gêne vis-à-vis de lui. »

(1) Ḥumrān ibn Abān (2), affranchi de ʿUthmān ibn ʿAffān, faisait partie des captifs dʾAyn al-Tamr (3). ʿUthmān l’avait acheté, et c’était lui qui introduisait les gens auprès de ʿUthmān. Il mourut cette même année, et Dieu, Exalté soit-Il, sait mieux (4).

[Puis vint l’année 76]
Au début de cette année, plus précisément le premier jour de Ṣafar, dans la nuit du mercredi, se réunirent Ṣāliḥ ibn Masarraḥ, émir des Ṣufriyya, et Šabīb ibn Yazīd, l’un des hommes les plus vaillants parmi les kharijites. Ṣāliḥ ibn Masarraḥ s’adressa à eux, leur recommandant la crainte de Dieu et les exhortant au jihād, en précisant de ne combattre qui que ce soit qu’après l’avoir invité à se rapprocher de leur cause. Ensuite, ils se dirigèrent vers les montures de Muḥammad ibn Marwān, gouverneur d’al-Jazīra, s’en emparèrent et renforcèrent ainsi leurs moyens. Ils séjournèrent treize nuits sur le territoire de Dārā, pendant que les habitants de Dārā, de Naṣībīn et de Sinjār se barricadaient contre eux. Muḥammad ibn Marwān, gouverneur d’al-Jazīra, envoya cinq cents cavaliers sous le commandement de ʿAdī ibn ʿAdī ibn ʿAmīra, puis en ajouta cinq cents autres, portant à mille le nombre de combattants partis de Ḥarrān pour les affronter. Ils s’avançaient comme s’ils allaient au-devant de la mort, conscients de l’endurance, de la force et de la vaillance redoutable des kharijites. Lorsqu’ils se heurtèrent à eux, les kharijites les mirent en déroute de manière cuisante et importante, s’emparant du contenu de leur camp. Les quelques survivants refluèrent vers Muḥammad ibn Marwān, qui, furieux, dépêcha à nouveau mille cinq cents hommes sous le commandement de al-Ḥārith ibn Jaʿwna et mille cinq cents autres sous le commandement de Khālid ibn Juʾz as-Sulamī (6), en leur déclarant : « Celui qui arrivera le premier jusqu’à eux sera… »

(80/ p. 359), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (4/50) et al-Iṣābah (1/106). Et Shudhrawāt al-Dhahab (1/313). (1) L’histoire avec sa chaîne de transmission dans Tārīkh al-Islām et Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (4/52). (2) La biographie de Ḥamrān ibn Abān dans Ṭabaqāt Ibn Saʿd (5/283), Tārīkh Khalīfah (179), al-Maʿārif (435), Tārīkh Dimashq d’Ibn ʿAsākir (7/301-306), Tahdhībuhu (4/438), Tārīkh al-Islām (événements des années 61-80 / pp. 395-397), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (4/182), al-Wāfī bi-l-Wafayāt (13/168-169), Tahdhīb al-Tahdhīb (3/24-25) et al-Iṣābah (1/379). (3) ʿAyn al-Tamr : localité proche d’al-Anbār, à l’ouest de Kūfah. Muʿjam al-Buldān (4/176). (4) Dans son commentaire précédent : « et parmi les grands de Kūfah... » jusqu’ici ajout selon l’édition. (5) Dans l’édition : « fanfaraw » ; altération. (6) Dans l’édition : « Khālid ibn al-Ḥirr » ; la mention authentique est celle d’al-Ṭabarī (6/221) et d’Ibn al-Athīr (4/395).
أعيان أصحاب] ابن مسعود، ومن كبار أهل الكوفة، وكان يصوم الدهر، وقد ذهبت عينه من كثرة الصوم، وقد حج البيت ثمانين حجة وعمرة. وكان يهل من الكوفة. توفي في هذه السنة. وكان يصوم حتى يخضر ويصفر، فلما احتُضر بكى فقيل له: ما هذا الجزع؟ فقال: ما لي لا أجزع؟ ومن أحق بذلك مني؟ واللَّه لو أنبئت بالمغفرة من اللَّه لأهابن الحياء منه مما قد صنعت، إن الرجل ليكون بينه وبين الرجل الذنب الصغير فيعفو فلا يزال مستحييًا منه (١) . حمران بن أبان (٢) ، مولى عثمان بن عفان كان من سبي عين التمر (٣) اشتراه عثمان، وهو الذي كان يأذن الناس على عثمان توفي في هذه السنة واللَّه سبحانه أعلم (٤) . [ثم دخلت سنة ست وسبعين] كان في أولها في مستهل صفر منها ليلة الأربعاء اجتماع صالح بن مسرّح أمير الصّفرية، وشبيب بن يزيد أحد شجعان الخوارج، فقام فيهم صالح بن مسرّح فأمرهم بتقوى اللَّه وحثّهم على الجهاد، وأن لا يقاتلوا أحدًا حتى يدعوه إلى الدخول معهم، ثم مالوا إلى دواب محمد بن مروان نائب الجزيرة فأخذوها فتقووا (٥) بها، وأقاموا بأرض دارا ثلاث عشرة ليلة، وتحصّن منهم أهل دارا ونصيبين وسنجار، فبعث إليهم محمد بن مروان نائب الجزيرة خمسمئة فارس عليهم عدي بن عدي بن عَميرة، ثم زاده خمسمئة أخرى فسار في ألفٍ من حَرَّان إليهم، وكأنما يساق إلى الموت وهو ينظر، لما يعلموا من جلد الخوارج وقوتهم وشدة بأسهم، فلما التقوا مع الخوارج هزمتهم الخوارج هزيمة شنيعة بليغة، واحتووا على ما في معسكرهم، ورجع فلّهم إلى محمد بن مروان، فغضب وبعث إليهم ألفًا وخمسمئة مع الحارث بن جَعْوَنة، وألفًا وخمسمئة مع خالد بن جزء السُّلَمي (٦) ، وقال لهما: أيكما سبق إليهم فهو
= ٨٠/ ص ٣٥٩) وسير أعلام النبلاء (٤/ ٥٠) والإصابة (١/ ١٠٦). وشذرات الذهب (١/ ٣١٣). (١) القصة بسندها في تاريخ الإسلام وسير أعلام النبلاء (٤/ ٥٢). (٢) ترجمة - حمران بن أبان - في طبقات ابن سعد (٥/ ٢٨٣) وتاريخ خليفة (١٧٩) والمعارف (٤٣٥) وتاريخ دمشق لابن عساكر (٧/ ٣٠١ - ٣٠٦) وتهذيبه (٤/ ٤٣٨) وتاريخ الإسلام (حوادث سنة ٦١ - ٨٠/ ص ٣٩٥ - ٣٩٧) وسير أعلام النبلاء (٤/ ١٨٢) والوافي بالوفيات (١٣/ ١٦٨ - ١٦٩) وتهذيب التهذيب (٣/ ٢٤ - ٢٥) والإصابة (١/ ٣٧٩). (٣) عين التمر: بلدة قريبة من الأنبار غربي الكوفة. معجم البلدان (٤/ ١٧٦). (٤) من قوله في الترجمة السابقة: ومن كبار أهل الكوفة. . إلى هنا زيادة من ط. (٥) في ط: فنفروا؛ تحريف. (٦) في ط: خالد بن الحر؛ وما أثبت موافق للطبري (٦/ ٢٢١) وابن الأثير (٤/ ٣٩٥).

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