Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis al-Hajjaj déclara : « Je crois que ta mise à mort sera profitable aux deux grandes cités. » Puis il ajouta : « Debout, ô garde, tranche-lui la tête. » Alors un homme s’avança et lui trancha la tête, puis on s’empara de ses biens. Al-Hajjaj ordonna ensuite qu’un héraut proclamât parmi le peuple : « Sachez qu’‘Umayr ibn Dâbi’ s’est attardé après avoir entendu l’appel à trois reprises ; j’ai donc ordonné son exécution. » Les gens sortirent alors en masse, affluant sur le pont, et en l’espace d’une heure seulement, quatre mille hommes de Madhhij l’avaient déjà traversé. Les chefs de groupe partirent avec eux jusqu’à ce qu’ils parviennent à al-Muhallab, de qui ils obtinrent une lettre confirmant leur arrivée.

Al-Muhallab dit alors : « Par Dieu, il est arrivé en Irak un homme de valeur ; aujourd’hui, l’ennemi sera combattu. » On raconte qu’al-Hajjaj ne savait pas qui était ‘Umayr ibn Dâbi’ jusqu’à ce que ‘Anbasa ibn Sa‘id lui dise : « Ô émir, c’est lui qui s’était présenté à ‘Uthmân après qu’il eut été tué et qui gifla son visage. » À ces mots, al-Hajjaj donna l’ordre de l’exécuter.

Al-Hajjaj envoya ensuite al-Hakam ibn Ayyûb ath-Thaqafî comme gouverneur de Basra en son nom, en lui prescrivant d’être sévère envers Khâlid ibn ‘Abd Allâh. Il laissa Shurayh comme juge (qâdî) de Kufa, puis partit pour Basra en confiant la lieutenance de Kufa à Abû Ya‘fûr. Il désigna Zurarah ibn Awfâ comme juge de Basra, avant de revenir à Kufa.

Cette année-là, le Commandeur des Croyants, ‘Abd al-Malik ibn Marwân, dirigea le pèlerinage. Il maintint son oncle Yahyâ comme gouverneur de Médine et laissa ‘Umayya ibn ‘Abd Allâh à la tête du Khurâsân.

Au cours de la même année, les habitants de Basra se soulevèrent contre al-Hajjaj. En effet, lorsqu’il arriva de Kufa après avoir fait exécuter ‘Umayr ibn Dâbi’, il s’adressa aux Basriens dans une allocution semblable à celle qu’il avait prononcée à Kufa, pleine de menaces et d’avertissements sévères. On lui amena alors un homme de Banû Yashkar (1) en le traitant de rebelle.

L’homme déclara : « Je souffre d’une hernie et Dieu m’a dispensé (de me battre), tout comme Bishr ibn Marwân. Voici ma solde, que je restitue au Trésor public. » Al-Hajjaj refusa néanmoins et ordonna de l’exécuter : il fut donc mis à mort. Les gens de Basra, effrayés, quittèrent alors la ville pour se rassembler près du pont de Râmhurmuz sous la conduite de ‘Abd Allâh ibn al-Jârûd. Al-Hajjaj s’avança contre eux — c’était au mois de Sha‘bân de cette même année — à la tête des chefs de l’armée venus des deux métropoles, et ils livrèrent un combat acharné. Leur chef, ‘Abd Allâh ibn al-Jârûd, fut tué avec plusieurs notables des tribus. Al-Hajjaj ordonna qu’on leur tranchât la tête et qu’on les expose sur le pont de Râmhurmuz, puis envoya ces têtes à al-Muhallab ; celui-ci en fut renforcé et le chef des Khârijites en fut affaibli.

Al-Hajjaj dépêcha également des instructions à al-Muhallab et à ‘Abd ar-Rahmân ibn Mukhnaf pour attaquer les Azâriqa ; ils partirent donc avec leurs troupes à la rencontre des Khârijites azâriqa et les délogèrent de leurs positions à Râmhurmuz sans grande résistance, ce qui les força à fuir vers la région de Kâzarûn dans le district de Sâbûr, où on les poursuivit. Les deux camps se rencontrèrent dans les dix derniers jours de Ramadân. La nuit venue, les Khârijites lancèrent une attaque nocturne contre le camp d’al-Muhallab, mais ce dernier s’était prémuni d’un fossé autour de son camp. Ils se dirigèrent alors vers ‘Abd ar-Rahmân ibn Mukhnaf, qu’ils trouvèrent sans défense — bien qu’al-Muhallab l’eût exhorté à creuser un fossé autour de son camp, il ne l’avait pas fait. Les combats se poursuivirent pendant la nuit, et les Khârijites tuèrent ‘Abd ar-Rahmân ibn Mukhnaf ainsi qu’un groupe de ses soldats, qu’ils mirent en déroute de manière retentissante.

(1) Dans al-Kāmil d'Ibn al-ʿAṯīr (vol. 4, p. 380) : il s'agit de Shurayk ibn ʿAmr al-Yashkarī, surnommé Dhā al-Kursufah.
ثم قال الحجاج: إني لأحسب أن في قتلك صلاح المصرين، ثم قال قم إليه يا حرسي فاضرب عنقه، فقام إليه رجل فضرب عنقه، وأنهب ماله، وأمر مناديًا فنادى في الناس ألا إن عمير بن ضابئ تأخر بعد سماع النداء ثلاثًا فأمر بقتله، فخرج الناس حتى ازدحموا على الجسر فعبر عليه في ساعة واحدة أربعة آلاف من مذحج، وخرجت معهم العرفاء حتى وصلوا بهم إلى المهلّب، وأخذوا منه كتابًا بوصولهم إليه، فقال المهلّب: قدم العراق واللَّه رجل ذكر، اليوم قوتل العدو. ويروى أن الحجّاج لم يعرف عمير بن ضابئ حتى قال له عنبسة بن سعيد: أيها الأمير! إن هذا جاء إلى عثمان بعدما قتل فلطم وجهه، فأمر الحجاج عند ذلك بقتله. وبعث الحجاج الحكم بن أيوب الثقفي نائبًا على البصرة من جهته، وأمره أن يشتد على خالد بن عبد اللَّه، وأقر على قضاء الكوفة شريحًا، ثم ركب الحجاج إلى البصرة واستخلف على الكوفة أبا يعفور، وولى قضاء البصرة لزرارة بن أوفى، ثم عاد إلى الكوفة. وحج بالناس في هذه السنة أمير المؤمنين عبد الملك بن مروان، وأقر عمه يحيى على نيابة المدينة، وعلى بلاد خراسان أمية بن عبد اللَّه. وفي هذه السنة وثب الناس بالبصرة على الحجاج، وذلك أنه لما ركب من الكوفة بعد قتل عمير بن ضابئ قام في أهل البصرة فخطبهم نظير ما قام في أهل الكوفة من الوعيد والتشديد والتهديد الأكيد، ثم أُتي برجل من بني يشكر (١) فقيل هذا عاص، فقال الرجل: إن بي فتقًا وقد [عذرني اللَّه] وعذرني بشر بن مروان، وهذا عطائي مردود على بيت المال، فلم يقبل منه وأمر بقتله فقتل، ففزع أهل البصرة وخرجوا من البصرة حتى اجتمعوا عند قنطرة رامهرمز. وعليهم عبد اللَّه بن الجارود، وخرج إليهم الحجاج -وذلك في شعبان من هذه السنة- في أمراء الجيش من المصرين فاقتتلوا قتالًا شديدًا، وقتل أميرهم عبد اللَّه بن الجارود في رؤوس من القبائل معه، وأمر برؤوسهم فقطعت ونصبت عند الجسر من رامهرمز، ثم بعث بها إلى المهلب فقوي بذلك وضعف أمير الخوارج. وأرسل الحجاج إلى المهلّب وعبد الرحمن بن مخنف فأمرهما بمناهضة الأزارقة، فنهضا بمن معهما إلى الخوارج الأزارقة فأجلوهم عن أماكنهم من رامهرمز بأيسر قتال، فهربوا إلى أرض كازرون من إقليم سابور، وسار النار وراءهم فالتقوا في العشر الأواخر من رمضان، فلما كان الليل بيَّت الخوارج المهلب من الليل فوجدوه قد تحصن بخندق حول معسكره، فجاؤوا إلى عبد الرحمن بن مخنف فوجدوه غير محترز -وكان المهلب قد أمره بالاحتراز بخندق حوله فلم يفعل- فاقتتلوا في الليل فقتلت الخوارج عبد الرحمن بن مخنف وطائفة من جيشه وهزموهم هزيمة منكرة.
(١) في الكامل لابن الأثير (٤/ ٣٨٠): هو شريك بن عمرو اليشكري، ولقب ذا الكُرْسُفة.

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