Il est rapporté qu’il transmit de nombreux hadiths du Prophète ﷺ, ainsi que d’Abou Bakr aṣ-Ṣiddīq, de ʿUmar, d’ʿUthmān, de Saʿd, d’Ibn Masʿūd, de Ḥafṣa, dʿAïcha et d’autres. Parmi ceux qui rapportèrent de lui, on compte ses fils Ḥamza, Bilāl, Zayd, Sālim, ʿAbd Allāh, ʿUbayd Allāh et ʿUmar (si cela est exact) (1), de même qu’Aslam, l’affranchi de son père, Anas ibn Sīrīn, al-Ḥasan, Saʿīd ibn Jubayr, Saʿīd ibn al-Musayyib, Ṭāwūs, ʿUrwa, ʿAṭā, ʿIkrima, Mujāhid, Ibn Sīrīn, al-Zuhrī, ainsi que son propre affranchi Nāfiʿ.
Il est établi dans le Ṣaḥīḥ (2), d’après Ḥafṣa, que le Messager de Dieu ﷺ a dit : « ʿAbd Allāh est un homme pieux, s’il veillait seulement la nuit en prière. » Par la suite, il se mit à prier la nuit.
Ibn Masʿūd a déclaré : « Parmi la jeunesse de Quraych, celui qui se maîtrisa le plus face aux attraits de ce bas monde fut Ibn ʿUmar. » De son côté, Jābir a dit : « Personne parmi nous n’a rencontré la vie d’ici-bas sans qu’elle ne le fasse pencher et qu’il ne penche avec elle, hormis Ibn ʿUmar. Et nul n’a pris quoi que ce soit des biens de ce monde sans que cela ne réduise son rang auprès de Dieu, même si cet individu était estimé. »
Saʿīd ibn al-Musayyib rapporte : « Le jour où Ibn ʿUmar mourut, il n’y avait personne au monde dont j’aurais plus aimé avoir l’œuvre pour rencontrer Dieu que lui. » Al-Zuhrī a dit : « On ne peut égaler son avis, car il vécut soixante ans après le Messager de Dieu ﷺ, et rien de ce qui lui était propre ou de ce qui concernait ses Compagnons ne lui échappa (3). »
Mālik a déclaré : « Ibn ʿUmar vécut jusqu’à l’âge de quatre-vingt-six ans et délivra des avis juridiques pendant soixante ans de l’Islam. Des délégations de toutes les contrées venaient à lui. » Al-Wāqidī et d’autres (4) affirment qu’il mourut en l’an 74, tandis qu’al-Zubayr ibn Bakkār et d’autres situent son décès en 73. Al-Zubayr estime que la première version est la plus solide, et Dieu sait mieux.
Ibn Saʿd (4) rapporte : « Lorsque ʿUthmān fut tué et qu’ʿAlī fut investi du califat, Ibn ʿUmar vint le voir. ʿAlī lui dit : “Tu es aimé des gens ; pars pour la Syrie, car je t’en ai nommé gouverneur.” Ibn ʿUmar répondit : “Je te prends à témoin devant Dieu, je t’en conjure, au nom de notre parenté, de ma compagnie du Messager de Dieu et de nos liens de sang, de nommer quelqu’un d’autre et de m’exempter.” Mais ʿAlī s’y refusa. Ibn ʿUmar rechercha alors le soutien de sa sœur Ḥafṣa, qui intercéda, avant qu’il ne quitte l’endroit de nuit pour se rendre à La Mecque, fuyant ainsi. »
On raconte également que Marwān lui aurait dit : « Ne veux-tu pas te rendre en Syrie pour qu’ils te prêtent allégeance ? » Il répondit : « Que ferais-je alors avec les gens d’Irak ? » Marwān répliqua : « Tu les combattras avec les gens de Syrie. » Ibn ʿUmar déclara : « Par Dieu, je ne souhaiterais pas posséder toute la terre ni que tous m’aient prêté allégeance au prix d’un seul homme tué parmi eux. Je n’aimerais même pas que cela m’arrive pendant qu’un homme dit “non” et un autre “oui”. »
On rapporte encore que al-Ḥajjāj entra chez lui alors qu’il était malade. Ibn ʿUmar ferma les yeux et ne répondit pas à ses paroles. Il mourut à La Mecque après le retour des pèlerins, à la fin de cette même année, âgé de quatre-vingt-quatre ans.