Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn Jarîr a dit (1) : « Cette année-là, Al-Hajjâj détruisit la structure de la Kaʿba qu’avait édifiée Ibn az-Zubayr et la ramena à son état originel. »

J’ai commenté :
« Al-Hajjâj n’a pas démoli toute la construction de la Kaʿba. Il n’a fait que raser le mur nord (aš-šâmî) afin d’en extraire le ḥijr, puis il l’a refermé et a introduit à l’intérieur de la Kaʿba les pierres qui restaient, tandis que les trois autres murs demeurèrent intacts. C’est pourquoi les deux portes (2), orientale et occidentale, restèrent collées au sol, comme on peut encore le constater de nos jours. Cependant, il mura complètement la porte occidentale et combla le bas de la porte orientale pour la rehausser, comme auparavant à l’époque préislamique.

Al-Hajjâj et ʿAbd al-Malik n’avaient pas reçu la science prophétique que détenait Ibn az-Zubayr de sa tante maternelle ʿÂʾisha, qui la tenait elle-même du Messager de Dieu (ﷺ). En effet, celui-ci a dit :

“Si ce n’était pas que ton peuple en est encore à ses débuts dans l’incroyance – dans une autre version : dans la ǧâhiliya –, j’aurais démoli la Kaʿba, j’y aurais inclus le ḥijr, je lui aurais fait une porte orientale et une porte occidentale, et je les aurais mises au niveau du sol. Car ton peuple n’avait pas assez de ressources pour inclure le ḥijr dans la Kaʿba et la bâtir sur les fondations d’Ibrâhîm, et ils en ont surélevé la porte afin de ne laisser entrer que qui ils voulaient et empêcher qui ils voulaient.” (3)

Quand Ibn az-Zubayr en eut la possibilité, il l’édifia ainsi. Plus tard, lorsque ʿAbd al-Malik eut connaissance de ce hadith, il déclara : “Nous aurions aimé ne pas toucher à l’ouvrage qu’il avait entrepris.”

Cette même année, al-Muhallab ibn Abî Ṣufra fut désigné pour combattre les Azâriqa, selon l’ordre qu’ʿAbd al-Malik donna à son frère Bishr ibn Marwân de fournir à al-Muhallab des troupes de Bassora et de Koufa pour affronter les khawârij. Bishr nourrissait à son égard une certaine rancune, car ʿAbd al-Malik l’avait nommé explicitement dans sa missive. Il n’eut toutefois d’autre choix que d’obtempérer en reconnaissant à al-Muhallab le commandement de l’armée pour cette expédition, mais sans lui accorder de véritable marge de décision. Il recommanda en effet au chef des troupes de Koufa, ʿAbd ar-Raḥmân ibn Mukhnaf (4), de ne pas s’en remettre à l’avis ni à la consultation d’al-Muhallab.

Al-Muhallab partit donc avec les gens de Bassora, accompagné des chefs des quatre divisions sur leurs positions respectives, et s’installa à Râmhurmuz. Il n’y demeura pas plus de dix jours avant d’apprendre la nouvelle du décès de Bishr ibn Marwân à Bassora, qui avait nommé Khâlid ibn ʿAbd Allâh pour lui succéder. Une partie de l’armée se dispersa alors, retournant à Bassora. On envoya des messagers pour les y faire revenir, et Khâlid ibn ʿAbd Allâh leur écrivit pour les menacer s’ils ne ralliaient pas à nouveau leur commandant, invoquant la puissance de ʿAbd al-Malik. Devant la difficulté, ils se tournèrent vers ʿAmr ibn Ḥarîth pour demander la permission de se rendre à Koufa, mais celui-ci leur répondit par écrit : “Vous avez abandonné votre émir, et vous voilà revenus dans la désobéissance et la contestation ; vous n’avez ni permission ni chef ni sûreté.” Après réception de ce message, ils rejoignirent leurs bagages, enfourchèrent leurs montures et se dirigèrent dans une autre contrée, où ils restèrent cachés jusqu’à l’arrivée d’al-Hajjâj (désigné gouverneur) sur l’Irak à la place de Bishr ibn Marwân, comme nous le verrons prochainement (5).

= Je n'ai pas non plus confirmé ce commentaire en me basant sur le propos du Prophète ﷺ : « Le croyant n'est ni un calomniateur ni un insultant ». Et l'auteur ﷺ n'a pas qualifié quelqu'un d'injurieur, ce qui correspond également à la morale des savants vertueux. (1) Tārīkh al-Ṭabarī, vol. 6, p. 195. (2) Dans l'édition al-Bunyān ; altération. (3) Voir al-Bukhārī n° 1584-1586 et Muslim n° 1333 dans le hadîth d'Aïcha ﷺ. (4) Dans l'édition : « ‘Abd Allāh ibn Mukhnaf », et ce que nous avons établi des œuvres de al-Ṭabarī (6/196) et Ibn al-‘Athīr (4/366). (5) Dans l’édition : Yaqim.
قال ابن جرير (١) : وفيها نقض الحجاج بنيان الكعبة الذي كان ابن الزبير بناه وأعادها على بنيانها الأول، قلت: الحجاج لم ينقض بنيان الكعبة جميعه، بل إنما هدم الحائط الشامي حتى أخرج الحِجْر من البيت ثم سده وأدخل في جوف الكعبة ما فضل من الأحجار، وبقيت الحيطان الثلاثة بحالها، ولهذا بقي البابان (٢) الشرقي والغربي وهما ملصقان بالأرض كما هو المشاهد إلى يومنا هذا، ولكن سد الغربي بالكلية وردم أسفل الشرقي حتى جعله مرتفعًا كما كان في الجاهلية: ولم يبلغ الحجاجَ وعبدَ الملك ما كان بلغ ابن الزبير من العلم النبوي الذي كانت أخبرته به خالته عائشة عن رسول اللَّه ﷺ ، أنه قال: "لولا أن قومك حديث عهدهم بكفر -وفي رواية- بجاهلية لنقضت الكعبة وأدخلت فيها الحجر، وجعلت لها بابًا شرقيًا وبابًا غربيًا، ولألصقتهما بالأرض، فإن قومك قصرت بهم النفقة فلم يدخلوا فيها الحجر ولم يتمموها على قواعد إبراهيم ورفعوا بابها ليدخلوا من شاؤوا ويمنعوا في شاؤوا" (٣) . فلما تمكن ابن الزبير بناها كذلك، ولما بلغ عبد الملك هذا الحديث بعد ذلك قال: وددنا لو تركناه وما تولاه من ذلك. وفي هذه السنة وُلِّي المهلبُ بن أبي صفرة حرب الأزارقة عن أمر عبد الملك لأخيه بشر بن مروان أن يجهز المهلب إلى الخوارج في جيوش من البصرة والكوفة، ووجد بشر على المهلب في نفسه حيث عيَّنه عبد الملك في كتابه. فلم يجد بدًا من طاعته في تأميره على الناس في هذه الغزوة، وما كان له من الأمر شيء، غير أنه أوصى أمير الكوفيين عبد الرحمن (٤) بن مخنف أن يستبد بالأمر دونه، وأن لا يمبل له رأيًا ولا مشورة، فسار المهلب بأهل البصرة وأمراء الأرباع معه على منازلهم حتى نزل برامهرمز، فلم يلبث (٥) عليها إلا عشرًا حتى جاء نعي بشر بن مروان، وأنه مات بالبصرة واستخلف عليها خالد بن عبد اللَّه، فارفضَّ بعض الجيش ورجعوا إلى البصرة فبعثوا في آثارهم من يردهم، وكتب خالد بن عبد اللَّه إلى الفارِّين يتوعدهم إن لم يرجعوا إلى أميرهم، ويتوعدهم بسطوة عبد الملك، فعدلوا يستأذنون عمرو بن حريث في المصير إلى الكوفة فكتب إليهم: إنكم تركتم أميركم وأقبلتم عاصين مخالفين، وليس لكم إذن ولا إمام ولا أمان، فلما جاءهم ذلك أقبلوا إلى رحالهم [فركبوها ثم ساروا إلى بعض البلاد] فلم يزالوا مختفين بها حتى قدم الحجاج [واليًا] على العراق مكان بشر بن مروان كما سيأتي بيانه قريبًا.
= ولم أثبت هذه التعليقة أيضًا عملًا بقوله ﷺ : "ليس المؤمن بطعان ولا لعان". ولم يدرج المؤلف (رحمه الله) على لعن أحد، وكذلك أخلاق العلماء الفضلاء. (١) تاريخ الطبري (٦/ ١٩٥). (٢) في ط: البنيان؛ تحريف. (٣) انظر البخاري رقم (١٥٨٤ - ١٥٨٦) ومسلم رقم (١٣٣٣) من حديث عائشة (عليه السلام) . (٤) في ط: "عبد اللَّه بن مخنف"، وما أثبتناه من م والطبري (٦/ ١٩٦)، وابن الأثير (٤/ ٣٦٦). (٥) في ط: يقم.

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