Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

On raconte que le gouverneur Al-Hajjaj se présenta à elle après avoir tué son fils et lui dit : « Ô ma mère, le Commandeur des croyants m’a chargé de veiller sur toi, as-tu besoin de quoi que ce soit ?» Elle répliqua : « Je ne suis pas ta mère ; je suis la mère de celui qui a été crucifié sur la colline. Je n’ai besoin de rien, mais je te dirai seulement que j’ai entendu le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) dire : “Il sortira de Thaqîf un grand menteur et un destructeur (mubîr).” (1) Nous avons vu le menteur, quant au destructeur, je ne le vois pas ailleurs qu’en toi. » Il rétorqua : « Je suis le destructeur des hypocrites. »

On rapporte également que Ibn ‘Umar était avec lui lorsqu’il se rendit auprès d’elle, tandis que son fils était crucifié. Il lui dit : « Ce corps n’est rien : les âmes sont auprès de Dieu. Crains Dieu et patiente. » Elle répondit : « Comment ne pas patienter, alors que la tête de Yahyâ fils de Zakariyyâ fut offerte à une prostituée parmi les prostituées des Enfants d’Israël ? »

On raconte aussi qu’elle lava la dépouille de son fils, l’embauma, l’enveloppa dans un linceul, le parfuma, pria sur lui puis l’enterra ; elle-même mourut quelques jours plus tard, à la fin de Jumâdâ al-Âkhira (2).

Lorsque Asmâ’ prit de l’âge, Az-Zubayr la répudia. Selon un autre récit, son fils ‘Abdallah aurait dit à Az-Zubayr : « Quelqu’un comme moi ne peut tolérer que sa mère soit [accessible]. » Alors Az-Zubayr la répudia. D’après une autre version, Asmâ’ se disputa avec Az-Zubayr et ‘Abdallah vint pour réconcilier les deux. Az-Zubayr dit : « Si tu entres, elle sera répudiée. » Il entra (3), et ainsi elle fut séparée de lui ; Dieu le sait mieux.

Asmâ’ vécut longtemps et perdit la vue vers la fin de sa vie, [tandis qu’on rapporte aussi qu’elle conserva une bonne vue et ne perdit aucune dent] (4). Elle assista au meurtre de son fils cette même année comme mentionné, puis mourut cinq jours après lui, selon d’autres dix jours, d’autres encore disent vingt jours, ou bien quelques vingt jours, et certains avancent cent jours, ce qui est l’avis le plus répandu. Elle atteignit cent ans sans qu’aucune de ses dents ne tombe [et sans qu’on lui ait attribué le moindre défaut de raison. Que Dieu lui fasse miséricorde. Elle rapporta plusieurs hadiths du Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), des hadiths bons et bénis. Que Dieu lui fasse miséricorde].

Ibn Jarîr (5) a dit : « Cette année-là – c’est-à-dire l’année 73 (de l’Hégire) – ‘Abd al-Malik révoqua Khâlid ibn ‘Abdallâh de Bassora et la remit à son frère Bishr ibn Marwân, qui l’adjoignit à Koufa. Bishr s’y rendit et laissa ‘Amr ibn Hurayth comme gouverneur de Koufa. Cette même année, Muhammad ibn Marwân mena la campagne militaire (as-sâ’ifa) et vainquit les Byzantins. » On rapporte qu’il y eut cette année-là le combat d’Othmân ibn al-Walîd contre les Byzantins du côté de l’Arménie ; il était à la tête de quatre mille hommes contre soixante mille et les vainquit en leur infligeant de lourdes pertes. Par ailleurs, cette année, Al-Hajjâj ibn Yûsuf dirigea le pèlerinage pour les gens.

(1) L’identification du hadith a été avancée à plusieurs reprises. (2) Ce qui est entre parenthèses est un ajout de l’édition, conformément aux sources de la traduction. (3) La formule A : « Si elle est enceinte, elle est divorcée ; alors elle est devenue enceinte et cela est apparu. » Ce qui est confirmé est conforme au rapport dans le Tārīkh Dimashq et le Tārīkh al-Islām. (4) Ce qui est entre parenthèses est un ajout de l’édition, que je n’ai pas retrouvé dans les sources de la traduction. (5) Tārīkh al-Ṭabarī (6/194).
وقيل: إن الحجاج دخل عليها بعد أن قتل ابنها فقال: يا أماه إن أمير المؤمنين أوصاني بك فهل لك من حاجة؟ فقالت: لست لك بأمّ، إنما أنا أم المصلوب على الثنية، وما لي من حاجة، ولكن أحدثك أني سمعت رسول اللَّه ﷺ يقول: "يخرج من ثقيف كذاب ومبير" (١) فأما الكذاب فقد رأيناه، وأما المبير فلا أراك إلا إياه. فقال: أنا مبير المنافقين. وقيل: إن ابن عمر دخل معه عليها وابنها مصلوب فقال لها: إن هذا الجسد ليس بشيء وإنما الأرواح عند اللَّه فاتقي اللَّه واصبري، فقالت: وما يمنعني من الصبر وقد أهدي رأس يحيى بن زكريا إلى بغي من بغايا بني إسرائيل. وقيل: إنها غسلته وحنطته وكفنته وطيبته وصلَّت عليه ثم دفنته، ثم ماتت بعده بأيام في آخر جمادى الآخرة] (٢) . ثم إن الزبير لما كبرت طلَّقها، وقيل بل قال له عبد اللَّه ابنه: إن مثلي لا توطأ أمه، فطلقها الزبير، وقيل: بل اختصمت هي والزبير، فجاء عبد اللَّه ليصلح بينهما، فقال الزبير: إن دخلتَ فهي طالق، فدخل (٣) فبانت، فاللَّه أعلم. وقد عمرت أسماء دهرًا صالحًا وأضرت في آخر عمرها، [وقيل بل كانت صحيحة البصر لم يسقط لها سن] (٤) . وأدركت قتل ولدها في هذه السنة كما ذكرنا، ثم ماتت بعده بخمسة أيام، وقيل بعشرة، وقيل بعشرين، وقيل بضع وعشرين يومًا، وقيل عاشت بعده مائة يوم وهو الأشهر، وبلغت من العمر مئة سنة ولم يسقط لها سن [ولم ينكر لها عقل رحمها اللَّه. وقد روت عن النبي ﷺ عدة أحاديث طيبة مباركة (عليه السلام) ورحمها] . قال ابن جرير (٥) : وفي هذه السنة -يعني سنة ثلاث وسبعين- عزل عبد الملك خالد بن عبد اللَّه عن البصرة وأضافها إلى أخيه بشر بن مروان مع الكوفة، فارتحل إليها بشر واستخلف على الكوفة عمرو بن حُرَيث. وفيها غزا محمد بن مروان الصائفة فهزم الروم. وقيل إنه كان في هذه السنة وقعة عثمان بن الوليد بالروم من ناحية أرمينية، وهو في أربعة آلاف، والروم في ستين ألفًا فهزمهم وأكثر القتل فيهم، وأقام للناس الحج في هذه السنة الحجاج بن يوسف
(١) تقدم تخريج الحديث أكثر من مرة. (٢) ما بين معكوفين زيادة من ط، وهو موافق لمصادر الترجمة. (٣) عبارة أ: إن حبلت فهي طالق، فإذا هي قد حبلت فبانت. وما أثبت موافق لخبر تاريخ دمشق وتاريخ الإسلام. (٤) ما بين معكوفين زيادة من ط، ولم أجد ما يوافقها في مصادر الترجمة. (٥) تاريخ الطبري (٦/ ١٩٤).

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