Il est rapporté qu’elle avait préparé pour lui un linceul, l’avait parfumé d’encens et l’avait encouragé à tuer. Il partit ainsi avec cette intention et combattit ardemment le mardi dix-sept Jumâdâ al-Oulâ de l’an soixante-treize. Une brique lui tomba dessus, lui fractura le crâne et il s’effondra face contre terre. Lorsqu’il voulut se relever, il en fut incapable : il s’appuya alors sur son coude gauche et se mit à frapper de l’épée ceux qui s’approchaient. Un homme du Shâm s’avança vers lui, le frappa et lui trancha la jambe. Ils s’attroupèrent ensuite autour de lui, le mirent à mort et lui coupèrent la tête. Son meurtre eut lieu près de Hajûn.
On dit aussi qu’il fut tué alors qu’il s’accrochait aux tentures de la Ka‘ba, et Dieu sait mieux la vérité.
Par la suite, Al-Hajjâj le fit crucifier la tête en bas à Thaniyyat Kaddâ, près de Hajûn. Quand on le descendit, il fut enterré dans le cimetière juif, comme le rapporte Muslim (1). Certains affirment qu’il fut inhumé à Hajûn sous le lieu où il avait été crucifié.
On raconte également que sa mère, Asmâ’, l’aurait lavé après que ses membres furent sectionnés, l’aurait embaumé, enveloppé dans son linceul, puis aurait prié sur lui et l’aurait transporté à Médine pour l’enterrer dans la maison de Safiyya bint Huyayy. On raconte que cette maison aurait été intégrée à la Mosquée, si bien qu’il y serait enterré avec Abû Bakr et ‘Umar (2). Dieu en a la connaissance parfaite.
‘Abd al-Razzâq (3) rapporte, d’après Ma‘mar, d’après Ayyûb, d’après Ibn Sîrîn, que ‘Abd Allâh ibn al-Zubayr aurait déclaré, lorsque la tête d’al-Mukhtâr lui fut apportée : « Tout ce que Ka‘b al-Ahbâr nous avait prédit s’est avéré, sauf son propos selon lequel c’est un jeune de Thaqîf qui me tuerait, et voici pourtant sa tête devant moi. » Ibn Sîrîn ajoute : « Il ne se doutait pas qu’al-Hajjâj avait été réservé à son encontre. » Ce récit est également transmis par une autre voie.
Je dis : Il est généralement admis que la mort d’‘Abd Allâh ibn al-Zubayr eut lieu en l’an soixante-treize, le mardi dix-sept Jumâdâ al-Oulâ, tandis que d’autres disent que ce fut le dix-sept Jumâdâ al-Âkhira.
D’après Mâlik et d’autres, il aurait trouvé la mort à la fin de l’an soixante-douze (4). Cependant, l’avis le plus connu et le plus correct est le premier. Son allégeance remonte au septième jour de Rajab de l’an soixante-quatre. Quant à sa naissance, on l’a située au tout début de la première année de l’Hégire, bien que certains la placent en Shawwâl de la deuxième année de l’Hégire. Il dépassait sûrement soixante-dix ans, et Dieu le sait.
Sa mère ne vécut après lui que cent jours, selon certains dix jours, ou cinq jours, mais la première version est la plus répandue. Sa biographie sera abordée sous peu — que Dieu répande sa miséricorde [concernant son père et son fils].
Il laissa plusieurs enfants : Khubayb, Hamza, ‘Abbâd et Thâbit, dont la mère était Tamâdir bint Manzûr al-Fazârî ; Hâshim, Qays et ‘Urwa — tué aux côtés de son père —, ainsi que Zubayr, dont la mère était Umm Hâshim Zajla bint Manzûr ; ‘Âmir, Mûsâ, Umm Hakîm, Fâtima et Fâkhta, dont la mère était Khaythama bint ‘Abd al-Rahmân ibn al-Hârith ibn Hishâm ; puis Bakr et Ruqayya, dont la mère était ‘Â’isha bint ‘Uthmân ibn ‘Affân ; et ‘Abd Allâh et Mus‘ab issus d’une Umm Walad.
Il a rapporté trente-trois hadiths.