Dieu témoigne sur le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), je l’ai entendu dire : « Il sortira de Thaqîf un menteur et un destructeur (mubîr). » Dans une autre version : « Deux menteurs sortiront de Thaqîf, le second d’entre eux sera pire que le premier et ce sera le destructeur. » Alors Al-Hajjâj se sentit brisé et s’en alla. La nouvelle parvint à ‘Abd Al-Malik, qui lui écrivit pour le blâmer d’avoir ainsi parlé à Asmâ’ et lui dit : « Quel intérêt as-tu à t’en prendre à la fille de l’homme juste (1) ? »
Mouslim Ibn Al-Hajjâj rapporte dans son “Sahîh” : ‘Uqba Ibn Mukarram nous a transmis, d’après Ya‘qûb Ibn Isḥâq Al-Ḥaḍramî, d’après Al-Aswad Ibn Shaybân, d’après Abû Nawfal, qui dit : « J’ai vu ‘Abd Allâh Ibn Az-Zubayr crucifié sur la colline d’Al-Ḥajûn. Les Quraychites et les gens passaient devant lui, jusqu’à ce que ‘Abd Allâh Ibn ‘Umar passa à son tour. Il s’arrêta et dit : “Que la paix soit sur toi, Abâ Khubayb, que la paix soit sur toi, Abâ Khubayb, que la paix soit sur toi, Abâ Khubayb ! Par Dieu, je t’avais bien averti de ceci, je t’avais bien averti de ceci, je t’avais bien averti de ceci ! Par Dieu, je n’ai jamais connu de toi que le fait que tu jeûnais et priais abondamment, et que tu maintenais les liens de parenté. Par Dieu, une communauté dont tu es le pire est assurément une communauté en bien…” Puis ‘Abd Allâh Ibn ‘Umar s’en alla. La chose parvint jusqu’à Al-Hajjâj, qui ordonna de le détacher de son poteau et de le jeter parmi les tombes juives. Ensuite, il dépêcha un messager auprès de sa mère Asmâ’ bint Abî Bakr, pour qu’elle vienne à lui. Elle refusa, et il insista : “Viens me trouver, ou j’enverrai quelqu’un te traîner par tes tresses.” Elle refusa à nouveau en disant : “Par Dieu, je ne viendrai pas tant que tu ne feras pas traîner ma chevelure !” Al-Hajjâj dit alors : “Apportez-moi mes sandales !” Il les prit et se hâta vers elle. Lorsqu’il entra, il lui dit : “Qu’as-tu pensé de ce que j’ai fait à l’ennemi de Dieu ?” Elle répondit : “J’ai vu que tu as corrompu sa vie d’ici-bas et qu’il a corrompu pour toi ta vie de l’au-delà. Il m’est revenu que tu disais : ‘Ô fils de celle aux deux ceintures !’ Par Dieu, je suis bien celle aux deux ceintures. L’une me servait à attacher la nourriture du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) et de mon père Abû Bakr, et l’autre est simplement la ceinture dont chaque femme a besoin. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) nous a informés que de Thaqîf sortirait un menteur et un destructeur. Nous avons déjà vu le menteur, et je ne pense pas que le destructeur soit autre que toi.” Al-Hajjâj s’éloigna alors d’elle sans rien ajouter.” Ce récit est rapporté exclusivement par Mouslim (2).
Al-Wâqidî rapporte qu’après avoir crucifié Ibn Az-Zubayr sur la colline d’Al-Ḥajûn, Al-Hajjâj reçut des imprécations de la part d’Asmâ’, qui le supplia de l’autoriser à enterrer son fils, mais il refusa d’abord et écrivit à ‘Abd Al-Malik à ce sujet. ‘Abd Al-Malik lui ordonna alors de l’enterrer, ce qui fut fait à Al-Ḥajûn. On raconte qu’on sentait près de sa tombe une odeur de musc. Al-Hajjâj était arrivé de Syrie avec deux mille cavaliers, et Târiq Ibn ‘Amr s’était joint à lui avec cinq mille hommes.
D’après ce que rapportent Muḥammad Ibn Sa‘d et d’autres, Al-Hajjâj assiégea Ibn Az-Zubayr avec quarante mille hommes. Il plaça une catapulte sur Abû Qubays pour frapper la Mosquée sacrée où se trouvait ‘Abd Allâh Ibn Az-Zubayr. Il offrit sa protection à quiconque parmi les gens de La Mecque se rendrait, en proclamant qu’il n’était pas venu combattre qui que ce fût hormis Ibn Az-Zubayr. Puis il laissa trois choix à Ibn Az-Zubayr : partir où il voulait, se faire conduire enchaîné en fer jusqu’à Damas, ou combattre jusqu’à la mort. ‘Abd Allâh Ibn Az-Zubayr consulta sa mère Asmâ’, et celle-ci ne lui conseilla que le troisième choix (3).