«Si ses péchés étaient pesés face aux péchés des deux catégories (thaqalayn), ils les égaleraient.» Fais attention à ne pas être de ceux-là. On lui dit alors : «Ô Ibn ‘Amr, toi qui as lu les Livres et accompagné le Prophète (ﷺ) !» Il répondit : «Je témoigne que je m’en vais en Syrie pour combattre.» Il est possible que ce hadith attribué au Prophète (ﷺ) soit erroné et qu’en réalité il provienne des propos d’Abdallah ibn ‘Amr, et qu’il tienne des deux ballots qu’il récupéra le jour de Yarmouk, livres venant des Gens du Livre. Dieu sait mieux.
Wakî‘ a rapporté, d’après al-Thawrî, lui-même rapportant de Salama ibn Kuhayl, d’Abû Sâdiq, de Habashî al-Kinânî, d’A‘lîm al-Kindî, d’après Salmân al-Fârisî : «Ce sanctuaire sera incendié par la main d’un homme de la famille d’al-Zubayr (1).»
Et Abû Bakr ibn Abî Khaythama a dit, d’après Yahyâ ibn Ma‘în, d’après Abû Fudayl, nous ayant rapporté de Sâlim ibn Abî Hafsa, d’après Mundhir al-Thawrî, qui dit : Ibn al-Hanafiyya a dit : «Ô mon Dieu, Tu sais que, selon ce que Tu m’as enseigné, j’ai la certitude qu’Ibn al-Zubayr n’en sortira que tué, et que sa tête sera promenée dans les marchés (2).»
Al-Zubayr ibn Bakkâr a également rapporté, d’après Hishâm ibn ‘Urwa, que la première parole clairement exprimée par ‘Abdallah ibn al-Zubayr, alors qu’il était enfant, fut : «L’épée, l’épée !», et il ne cessait de la répéter. Lorsque al-Zubayr l’entendait dire cela, il lui disait : «Par Dieu, un jour viendra, et puis un autre, et encore plusieurs jours où elle te concernera (3).»
Il a déjà été question de la manière dont il fut tué : al-Hajjâj le fit crucifier sur un tronc au sommet de la colline, en l’attachant à côté d’un chat mort. Le parfum de musc qu’il portait l’emportait sur l’odeur de la bête. Sa mère envoya un messager à al-Hajjâj pour lui dire : «Que Dieu te combatte ! Pourquoi crucifies-tu mon fils ?» Il répondit : «Lui et moi avons rivalisé pour atteindre ce poteau, et il m’a devancé (4).» Sa mère vint alors jusqu’à lui, pria longuement pour son âme sans laisser échapper une larme, puis s’en retourna. Ibn ‘Umar fit de même : il se tint auprès de lui, pria pour lui et prononça de très grands éloges à son endroit.
Al-Wâqidî a dit : «Nâfi‘ ibn Thâbit m’a rapporté d’après ‘Abdallah, affranchi d’Asmâ’, qu’après la mise à mort d’‘Abdallah, sa mère s’avança vers lui tandis qu’elle se tenait sur sa monture. Al-Hajjâj survint avec ses hommes, s’enquit d’elle et vint alors se poster près d’elle, puis lui dit : “Comment trouves-tu que Dieu ait fait triompher la Vérité en la manifestant ?” Elle répondit : “En quoi le faux aurait-il donc prévalu sur la Vérité et sur ses partisans, alors que tu es coincé entre ce qu’il a laissé derrière lui et le Paradis ?”” Il reprit : “Ton fils a commis un égarement dans ce Sanctuaire ; or Dieu le Très-Haut a dit : ﴾Et quiconque y pratique une déviation injuste, Nous lui ferons goûter un châtiment douloureux﴿ [Al-Hajj : 25]. Dieu lui a donc fait goûter ce châtiment douloureux, et il a coupé la voie [aux pèlerins].”” Elle répondit : “Tu mens. C’était le premier enfant né dans l’Islam à Médine ; le Prophète (ﷺ) s’en réjouit, le nourrit de sa propre main et, ce jour-là, les musulmans émirent de telles acclamations que Médine en trembla de joie pour lui. Or toi et tes compagnons, vous vous réjouissez de sa mort, tandis que ceux qui se réjouirent de sa naissance sont bien meilleurs que vous. De surcroît, il était particulièrement bon envers ses parents, toujours en prière et en jeûne au regard du Livre de Dieu, vénérant le Sanctuaire de Dieu, et haïssant ceux qui Lui désobéissent.”»