Khalid ibn Abi ‘Imrân a dit : « Ibn al-Zubayr ne rompait son jeûne qu’en de très rares occasions, n’interrompant son jeûne que trois jours par mois. Il resta par ailleurs quarante années sans jamais retirer son vêtement de son dos. » (1)
Layth rapporte d’après Mujâhid : « Nul ne pouvait endurer dans l’adoration ce qu’endura Ibn al-Zubayr. » (2)
On raconte qu’une fois, un torrent inonda la Maison (la Ka‘ba), et Ibn al-Zubayr se mit à en faire le tawâf à la nage. (3)
Quelqu’un a dit : « On ne discutait pas de la supériorité d’Ibn al-Zubayr dans trois domaines : l’adoration, le courage et l’éloquence. »
Il est établi que ‘Uthmân le compta parmi les personnes chargées de transcrire les exemplaires du Coran, aux côtés de Zayd ibn Thâbit, Sa‘îd ibn al-‘Âs et ‘Abd al-Rahmân ibn al-Hârith ibn Hishâm.
Sa‘îd ibn al-Musayyib le mentionna parmi les grands orateurs de l’Islam, aux côtés de Mu‘âwiyah et de son fils, ainsi que Sa‘îd ibn al-‘Âs et de son fils.
‘Abd al-Wâhid ibn Ayman dit : « J’ai vu Ibn al-Zubayr porter un manteau yéménite d’Aden pour prier. Il avait une voix puissante : lorsqu’il prêchait, les montagnes Abû Qubays et Zarawrâ’ répercutaient son écho. »
Ibn al-Zubayr était brun de peau, mince, pas très grand. Une marque de prosternation était visible entre ses deux yeux. Il se montrait extrêmement assidu dans l’adoration, vaillant, éloquent, jeûneur et veilleur de prière. D’une bravoure farouche, il était également fier, animé d’une âme noble et d’une aspiration élevée. Il avait la barbe peu fournie, arborait de longs cheveux et sa barbe était teinte en jaune.
Nous avons déjà mentionné qu’il participa, aux côtés d’Ibn Abî Sarh, au combat contre les Berbères, qui étaient cent vingt mille, alors que les musulmans n’étaient que vingt mille. Les Berbères les encerclèrent de toute part. ‘Abd Allâh ibn al-Zubayr manœuvra jusqu’à s’élancer avec trente cavaliers en direction du roi des Berbères, lequel se tenait à l’écart derrière ses troupes, protégé par ses servantes qui l’éventaient avec des plumes d’autruche. Il avança jusqu’à l’atteindre, et tous pensaient qu’il portait un message pour le roi. Quand le roi le comprit, il prit la fuite. ‘Abd Allâh le rattrapa, le tua, lui trancha la tête et l’exhiba au bout d’une lance. Il proclama « Allâhu akbar » et tous les musulmans en firent autant. Ils chargèrent alors les Berbères, qui s’enfuirent en subissant de lourdes pertes ; les musulmans recueillirent ainsi de nombreux biens et un important butin.
Ibn Abî Sarh envoya ensuite Ibn al-Zubayr annoncer cette victoire à ‘Uthmân, auquel il raconta toute l’affaire. ‘Uthmân lui demanda : « Pourrais-tu rapporter cela aux gens depuis le minbar (la chaire) ? » Il répondit : « Oui ! » et sur son ordre, il monta