Un jour, ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz demanda à Ibn Abī Mulayka : « Décris-nous ʿAbd Allāh ibn al-Zubayr. » Il répondit : « Par Dieu, je n’ai jamais vu de peau posée sur de la chair, ni de chair sur des nerfs, ni de nerfs sur des os, semblables à ce qu’il était ; et je n’ai jamais vu d’âme placée entre deux flancs comme la sienne. Un jour, un projectile de mangonneau passa entre sa barbe et sa poitrine ; par Dieu, il ne s’en émut pas, il n’interrompit pas sa récitation et ne diminua en rien l’inclinaison (rukūʿ) qu’il pratiquait. Quand il entrait en prière, il se détachait de tout le reste pour s’y consacrer. Il s’inclinait (en prière) au point que les vautours semblaient prêts à se poser sur son dos, et quand il se prosternait, on aurait dit un vêtement étendu. » (1)
Abū al-Qāsim al-Baghawī rapporta, selon ʿAlī ibn al-Jaʿd, d’après Shuʿbah, d’après Manṣūr ibn Zādhān, qui dit : « On m’a informé que quelqu’un a vu Ibn al-Zubayr boire pendant sa prière ; assurément, Ibn al-Zubayr était au nombre des grands pratiquants de la prière. » (2)
On interrogea Ibn ʿAbbās à propos d’Ibn al-Zubayr, et il répondit : « C’était un lecteur assidu du Livre de Dieu, un suiveur de la Sunna du Messager de Dieu, un homme obéissant envers Dieu, qui jeûnait aux heures les plus chaudes par crainte de Dieu. Il est le fils du ḥawārī (disciple) du Messager de Dieu. Sa mère est la fille du Véridique (al-Ṣiddīq) et sa tante maternelle est ʿĀʾisha, l’aimée de l’Aimé de Dieu, épouse du Messager de Dieu. Nul ne saurait ignorer son rang, si ce n’est celui dont Dieu a aveuglé la vue. » (3)
Il est rapporté qu’un jour, tandis qu’Ibn al-Zubayr priait, un serpent tomba du plafond et s’enroula autour du ventre de son fils Hāshim. Les femmes poussèrent des cris, les gens de la maison s’affolèrent et s’attroupèrent pour tuer le reptile ; ils le tuèrent et l’enfant fut sauvé. Ils firent tout cela pendant qu’Ibn al-Zubayr était en prière ; il ne se retourna pas et ne sut rien de ce qui s’était passé avant de conclure sa prière.
Al-Zubayr ibn Bakkār a dit : « Muḥammad ibn al-Ḍaḥḥāk al-Khuzāmī, ʿAbd al-Malik ibn ʿAbd al-ʿAzīz et un nombre incalculable de nos compagnons m’ont rapporté qu’Ibn al-Zubayr enchaînait sept jours de jeûne. Il jeûnait le vendredi et ne rompait son jeûne que dans la nuit du vendredi suivant. Il jeûnait à Médine et ne rompait qu’à La Mecque ; puis il jeûnait à La Mecque et ne rompait qu’à Médine. À l’heure de rompre le jeûne, il commençait par du lait frais de chamelle, du beurre clarifié et du ṣabr (aloès). Dans une autre version, on dit : “Quant au lait, il le préserve ; quant au beurre, il le protège de la soif ; quant au ṣabr, il dilate les entrailles.” » (5)
Ibn Maʿīn a rapporté, selon Rūḥ, selon Ḥabīb ibn al-Shahīd, d’après Ibn Abī Mulayka, qui dit : « Ibn al-Zubayr jeûnait sept jours de suite, et le huitième matin, il était le plus vigoureux d’entre nous. » Il en est rapporté de semblables témoignages de diverses sources. Certains ont dit qu’il ne mangeait pendant le mois de Ramaḍān qu’une seule fois, au milieu du mois.