Abîda se convertit à l’islam du vivant du Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui). Il transmit des récits de la part d’Ibn Masʿūd, dʿAlī et d’Ibn al-Zubayr, et un groupe de Tâbiʿîn recueillit de lui des traditions. Al-Shaʿbî déclara : « Il égalait Shurayḥ en matière de jugement. » Ibn Numayr rapporta : « Lorsque Shurayḥ était confronté à une affaire complexe, il écrivait à ʿAbîda à ce sujet et adoptait ensuite son avis. » Plusieurs personnes l’ont loué. ʿAbîda al-Salmânî était borgne et comptait parmi les compagnons d’Ibn Masʿūd qui émettaient des fatwas au profit des gens. Il s’éteignit à Kûfa. Certains situent son décès cette année-là, d’autres en 73 ou 74 (de l’hégire) ; Dieu seul sait. On a également avancé que Muṣʿab ibn al-Zubayr fut tué la même année, et Dieu seul sait.
Parmi les notables décédés cette même année, on compte aussi : ʿAbd Allâh ibn al-Sâʾib ibn Ṣayfî al-Makhzûmî, lecteur renommé de la Mecque, qui jouissait de la qualité de Compagnon du Prophète et de transmetteur de hadiths. Il apprit la récitation coranique auprès d’Ubay ibn Kaʿb et enseigna à Mujâhid et à d’autres. Citons également ʿAṭiyya ibn Busr al-Mâzinî, lui aussi Compagnon et transmetteur, mort à Médine. De même, ʿUbayd ibn Nuḍayla, surnommé Abû Muʿâwiyya al-Khuzâʿî, originaire de Kûfa, fut le lecteur de référence pour les gens de Kûfa, réputé pour sa piété et son dévouement ; il s’éteignit lui aussi à Kûfa cette année-là. Enfin, ʿAbd Allâh ibn Qays al-Raqiyyât al-Qurashî al-ʿÂmirî, figure de la poésie, composa des éloges en l’honneur de Muṣʿab ibn al-Zubayr et d’ʿAbd Allâh ibn Jaʿfar.